L'ACTUALITE

* * * * NOUVEAU Mercredi, 18 septembre 2019. « Une vache reste une vache ; et cela même si quelques personnes décident que cet animal est un cheval. De la même façon, un synode local reste un synode local, même si quelques évêques décident qu’il faut considérer une telle réunion comme un “chemin synodal”. » C’est ce que vient de déclarer Mgr Ansgar Puff, évêque auxiliaire de Cologne (D).
Et le prélat de préciser : « Un concile particulier obéit à des règles relevant du Droit canonique étant donné que les décision qui y sont prises sont contraignantes. Par contre, rien de ce qui peut être discuté ou décidé à l’occasion d’un synode local n’est contraignant. »

* * * * NOUVEAU Mercredi, 18 septembre 2019. A voir sur le site du Vatican : cliquer ici. (On est prié de garder la tête froide.)

* * * * NOUVEAU Mercredi, 18 septembre 2019. Il y a quelques jours, Mgr Viganò - le prélat qui a révélé les affaires de pédophilie au sein d’un certain clergé catholique - a mentionné l’existence d’un complot contre l’Eglise dont les origines remontent au milieu des années 1700, au moment où la franc-maçonnerie prenait de l'importance. Ce complot, étudié dans les ouvrages du théologien et philosophe Taylor Marshall a été et est mené par les partisans du libéralisme et du modernisme qui ont toujours souhaité tout changer en vidant la doctrine de son contenu, la liturgie de ses règles, la mission de sa visée surnaturelle. Tout doit être sécularisé.
Pour Mgr Viganò ce processus d’infiltration des démolisseurs de la foi est devenu évident : nous assistons maintenant au « triomphe d'un plan vieux de 60 ans » visant à révolutionner l’Eglise « grâce au jésuite qui occupe le siège de Pierre ». Comme le rappelle encore Mgr Viganò, ceux qui voulaient aller bien plus loin que ce que Vatican II avait enseigné, quitte à trahir l’Eglise, étaient des jésuites qui ont manœuvré pour remplacer les schémas préparés par les pères conciliaires par ceux qu’ils avaient élaborés eux-mêmes en catimini. Le plus influent de ces jésuites était le P. Karl Rahner, souvent présenté comme l’idéologue le plus influent du Concile. « Ce fut le début d’une ouverture… vers le processus de création d’une nouvelle Eglise.»
L’ancien nonce n’est d’ailleurs pas le seul à parler d’une « nouvelle » Eglise à la mode jésuite.
Dans « La Nuova Chiesa di Karl Rahner » (« La nouvelle Eglise de Karl Rahner »), Stefano Fontana fait la généalogie de « l’Eglise ouverte » voulue par le pape François et la ramène à Rahner, le théologien radical soupçonné d’hétérodoxie sous le pape Pie XII. Comme le montre clairement Fontana, le P. Rahner a négocié une « reddition au monde » qui figure dans l’agenda du pontificat actuel : de la communion pour les « divorcés-remariés » et l’ordination des hommes mariés en passant par l’introduction du rôle de la conscience comme seul critère d’orthodoxie et à l’abandon de la théologie on en vient à une Eglise vaporeuse bâtie sur l’absence de toute doctrine claire.
De son côté, l’historien Roberto de Mattei appelle Karl Rahner le « grand-père du pape François », affirmant que les deux jésuites étaient liés par l’amitié commune d’un troisième : Mgr Carlo Cardinal Martini, grand timonier de la « mafia de Saint-Gall » et père spirituel du pape actuel. « L’agenda du cardinal Martini - dit encore Roberto Mattei - était d'ailleurs le même que celui du P. Rahner : il nous offre la clé pour comprendre la papauté actuelle ».
Aujourd’hui, c’est le cardinal Kasper (immense théologien, selon François) et les autres membre de la « maffia de Saint-Gall » qui organisent les ruptures avec l’ « Eglise du passé » que souhaite le pape employé à critiquer les catholiques qui, avec leur amour de la liturgie et leur goût pour un enseignement doctrinal clair, pratiquent encore une religion de musée.
Mgr Vigano explique que, par le passé, une « énorme machine de propagande médiatique » prêchait, sous couvert de fidélité à Vatican II, une « herméneutique de la rupture ». Les malheureux prêtres qui ont été formés (!) dans les séminaires diocésains au cours des années 1970-80 peuvent en témoigner. Aujourd’hui, c’est un « système médiatique sophistiqué, comprenant des photos du pape François en compagnie du pape émérite Benoît, qui est utilisé pour affirmer que les enseignements du pape François sont en totale continuité avec ceux de ses prédécesseurs. Mais ce n’est pas du tout le cas : en réalité c’est bien une nouvelle Eglise anti-catholique qui est en train d’être imaginée en haut-lieu. »
Selon Benoît XVI, un esprit révolutionnaire venu du monde athée et matérialiste est entré dans l’Eglise au cours des années 1960. Possédés par cet esprit, des théologiens arrogants et déterminés à créer « une autre Eglise » ont détruit la théologie morale traditionnelle greffée sur la foi ; ce qui a eu pour conséquences un effondrement total de la discipline dans le clergé et l’émergence d’un esprit généralisé de blasphème que Benoît XVI lie intimement au phénomène de maltraitance des enfants.
Aujourd’hui, à l’approche du synode amazonien, cet esprit préjudiciable à la foi semble avoir fait du mensonge un outil de gouvernance de l’Eglise. Ainsi, en public, le pape François ne craint-il plus d’affirmer qu’il est dans la droite ligne des enseignements de Saint Jean-Paul II et un fidèle exécutant de Vatican II. Et il pourra même ajouter que ceux qui le critiquent ne sont que des pharisiens, des faux-prophètes, des fidèles d’un autre temps... et que c’est un honneur que d’être attaqué par ces représentants d’un catholicisme rigide et inadapté au monde actuel.
Et Mgr Vigano de conclure : « Le pape François dit qu’il sait que le synode amazonien pourrait provoquer un schisme. Mais il ne le craint pas ; il ne se remet jamais en cause : ce sont, bien entendu, les autres qui provoqueront un schisme, pas lui. Donc il achèvera ce qu’il a commencé. Mais est-ce là l’attitude d’un pasteur qui se soucie des fidèles ? N’est-il pas de son devoir d’empêcher un schisme ? De tout faire pour protéger l’Eglise ? »

* * * * NOUVEAU Mercredi, 18 septembre 2019. Grâce au pape François qui dit une chose, en pense une autre et finalement fait tout autre chose, les nouveaux professeurs de morale et de théologie nommés à l’Institut « Jean-Paul II pour la famille » pourront enseigner, en se basant plus particulièrement sur le chapitre 8 d’ « Amoris laetitia », que l’Eglise catholique admet (à défaut d’encourager) le concubinage et l’homosexualité active.
C’est ce qui ressort très clairement des propos du professeur de théologie morale Maurizio Chiodi qui ont été diffusés par le journal italien « Avvenire » en juillet dernier.

* * * * NOUVEAU Mercredi, 18 septembre 2019.
Il faut oser le dire avec un courage que n’a pas la majorité des cardinaux et des évêques : celui qui, aujourd’hui, veut demeurer catholique dans l’Eglise catholique doit triompher de nombreuses difficultés qui, à première vue, lui paraissent insurmontables. Parmi celles-ci, la première, qui ne date pas d’aujourd’hui, consiste à trouver une messe incontestablement catholique de A à Z. C’est très difficile tant les célébrants s’emploient, avec la bénédiction de leurs évêques respectifs, à frelater la liturgie restaurée à la suite de Vatican II.
La deuxième difficulté consiste à trouver une paroisse échappant à l’autoritarisme des soviets composés d’une poignée de fidèles qui font la pluie et le beau temps dans les églises et imposent « leurs » programmes liturgiques, lesquels ne correspondent presque jamais à ce que l’Eglise a prévu pour célébrer et transmettre sa foi.
La troisième difficulté est la plus récente puisqu’elle date de l’élection (certains parlent de “parachutage”) du cardinal Jorge Bergoglio à la tête de l’Eglise. Depuis qu’il est sur le Siège de Pierre et qu’il a évincé tous les cardinaux attachés aux enseignements de la doctrine de la foi pour les remplacer par des prélats serviles (NN. SS. Marx, Hummes, Paglia...) qui se savent surprotégés par l’évêque de Rome dès lors qu’ils osent tout, y compris la démolition de l’Eglise institutionnelle morceau par morceau, le fidèle catholique a la très nette impression de se trouver dans une situation comparable à celle qui déboucha autrefois sur la « réforme » luthérienne. A ceci près qu’aujourd’hui, la doctrine luthérienne, sous sa forme la moins organisée, n’est plus étrangère à l’Eglise catholique : elle est professée « dans » l’Eglise catholique... et au plus haut niveau.


* * * * Mardi, 17 septembre 2019.
Selon le cardinal Reinhard Marx, bras droit du pape François, le christianisme en Europe est confronté au défi de développer une nouvelle façon de parler de Dieu. « Il ne s’agit pas seulement de changer ceci ou cela. Il s’agit d’abord d’envisager l’avenir en mettant fin à la vieille religion d’échange qui est restée forte dans nos esprits et dans nos cœurs et qui consiste à donner quelque chose à quelqu’un », a déclaré l’archevêque de Munich le 15 septembre dernier.
Quand on a demandé ensuite au cardinal ce que proposerait ce nouveau christianisme lié à une nouvelle conception de Dieu, il a répondu qu’il devrait s’agir d’un christianisme qui « laisse l’homme libre de penser par lui-même, de réfléchir à partir de ses propres expériences. »
Autrement dit, il faut une Eglise qui puisse aider le croyant à s’inventer un dieu suffisamment modulable pour pouvoir s’adapter à n’importe quelle idée sans se soucier de la Vérité.

* * * * Mardi, 17 septembre 2019. « L’homme est par excellence l’être du manque absolu. Afin de combler ce manque, il tâche de faire du monde qui l’entoure un monde de plénitude et de la présence. Pour cela, il demande les outils nécessaires à la science, à l’histoire, à la politique. Celles-ci font croire que des bouleversements dans les infrastructures engendreront la régénération des superstructures et par voie de conséquence, la délivrance de tous les maux.
On constate alors que les rites ecclésiaux à tendance salvatrice se retrouvent sous d’autres formes dans les entreprises technico-politiques qui promettent le Paradis. L’homme, s’imaginant qu’il est tout simplement égaré, place toute sa confiance en ceux qui vont prétendre donner des boussoles infaillibles à l’humanité. Et voici comment surgissent les guides de tout poil : Führer, Duce, Petit Père des Peuples, Grand Timonier, etc. Ils ont en commun un même programme : « Suivez-moi. » Et les Eglises s’y laissent prendre parce que, fascinées par les sécularisations, elles transposent leurs triomphalismes d’autrefois dans les activismes d’aujourd’hui qui leur semblent répandre toutes les grâces efficaces.
C’est la philosophie de l’Histoire selon Hegel qui est la source de tous ces maux ; pour elle, la Révélation chrétienne n’est pas historique : c’est l’Histoire elle-même qui devient révélatrice. Dès lors, tout est dialectisé : de la mort naît la vie, d’une civilisation mourante peut naître une nouvelle civilisation qui incarnera l’Esprit absolu... La transcendance elle-même est dialectisée et, de ce fait, se trouve réduite à l’ « esprit du monde » puis à l’ « esprit du peuple ». Toute vérité devient relative et fluctue au gré du temps et de l’Histoire.
Dans un tel contexte, l’Histoire n’est que l’épopée de l’homme qui se fait Dieu. Quant au Christ, il devient un lien inter-humain qui sert de pôle pour les théologiens de la libération, de la révolution, ou encore de la mort de Dieu.
Cet aplatissement de la Transcendance dans l’Humanité préside à tous les confusionismes « idéalistes » ou « scientifiques » qui débouchent sur une cléricalisation de la politique. L’homme y est donné pour l’être auto-créateur et auto-révélant. L’homme d’Etat se substitue au prophète, il n’est plus le porte-parole de la « Vox Dei », mais celui de la « Vox populi » et se trouve hissé au rang d’ingénieur de l’Histoire ou de pilote du temps. Une classe, un parti, sont alors investis d’un pouvoir quasi sacral et d’une mission messianique. La personne humaine est ainsi dénoncée comme étant une simple abstraction incapable de se justifier elle-même.
Voilà pourquoi on assiste aujourd’hui à la naissance d’un Léviathan d’un type nouveau : ce Grand Etre social et collectif dont on exige qu’il puisse vivre libre et à l’état sauvage, comme le demandent les « théologies de l a fête » ou à qui l’on voudra apprendre qu’il faut penser, sentir et faire comme le veulent les politiques positives à prétention scientifiques, qui fournissent à ce Léviathan des nourritures minutieusement choisies au nom d’une diététique rationnellement programmée.
En croyant faire œuvre de novateurs ou de pionniers, un très grand nombre de théologiens n’ont fait œuvre que de suivistes en se mettant à la remorque de processus qu’ils croyaient diriger. Ainsi sont nés ces « théologiens collaborateurs » qui se drapent dans l’engagement. On les avait déjà vu au travail sous les dictatures d’extrême-droite, on les verrait au travail sous les dictatures d’extrême-gauche, on les voit s’affaire à qui mieux mieux au milieu des marécages des démocraties libérales ou dans les serres chaudes de la bourgeoisie pourrissante qui les cultive comme des orchidées vénéneuses.
Une profession de foi en l’homme au détriment de la profession de foi en un Dieu transcendant, est à la fois infantile et aveugle, même si elle devient actuellement chose courante : au fur et à mesure que se renforcent les prises en main de l’homme par lui-même, prolifèrent ces radeaux de la Méduse sur lesquels des naufragés s’entredévorent au nom d’une liberté sans entraves, ou ces galères sur lesquelles des bagnards rament en silence selon les rythmes planifiés que leur impose le capitaine.
La dénonciation de la transcendance de Dieu a donné à l’homme la bonne conscience de répéter qu’il pouvait enfin s’ouvrir au monde ; or, en s’ouvrant au monde, on ne peut découvrir autre chose que le monde, avec ses turpitudes, ses conflits et ses maux. L’essentiel n’est donc pas de s’ouvrir au monde, mais d’ouvrir le monde à ce qui n’est pas de lui, de façon qu’il puisse en recevoir une lumière qu’il est bien incapable d’allumer. C’est ici que la référence à la transcendance peut nous donner un esprit critique nous incitant à juger le monde au nom d’autre chose que lui-même. Il faut remettre nos « réponses » habituelles en question et problématiser les solutions afin de démontrer que le monde n’est pas tout, que l’homme n’est pas à lui-même sa propre solution,qu’il n’est ni ailé ni captif, que nous ne sommes ni les possesseurs ni les dépossédés du Sens, que la Vérité n’est ni le simple résultat d’une démonstration ni le consensus élaboré par un système d’institutions, mais qu’elle est révélée et révélatrice.
Si l’on abolit la transcendance de Dieu, on réduit la misère à la pauvreté, on prend les sauvetages pour le Salut et les sauveteurs pour des manifestations su Sauveur ; on confond l’espoir avec l’Espérance, on réduit le Mal à la maladie, le Péché à l’aliénation, la Délivrance à la libération et l’Incarnation à l’incorporation. Et finalement, on se détourne du Pasteur pour se réfugier derrière un guide ; or, celui-ci n’a rien à voir avec celui-là. Le Pasteur, nous enseigne la célèbre Parabole, quitte le troupeau pour aller chercher la brebis perdue. Le guide, lui, se moque de la brebis perdue car il ne travaille que sur du collectif. En outre, tout son art consiste à faire croire au troupeau que celui-ci a besoin de lui, alors que c’est le guide qui a besoin du troupeau.
La dénonciation de la transcendance de Dieu, le refus de la Révélation, l’éradication de la notion de mal devaient permettre à l’homme, prétendait-on, de devenir son authentique sauveur ; tout montre qu’ils n’ont fait de lui que son propre bourreau. » (1)
En laissant de côté ou en falsifiant, au cours des célébrations eucharistiques, certains symboles visibles qui sont comme une manifestation de la Tradition visant à nous rappeler la transcendance de Dieu, nous rejetons ce que nous pourrions appeler la « conscience de l’Eglise », la conscience que l’Eglise a d’elle-même. Petit à petit, la messe perd alors son caractère de culte laudatif et la transcendance de Dieu ne peut plus guère être perçue. L’abandon des traditions cultuelles (qu’il ne faut pas confondre avec des habitudes culturelles) conduit alors les hommes à nier à la fois certains aspects de la Révélation elle-même et la transcendance divine. C’est ainsi que s’amorcent, au sein même de nos églises, le pourrissement de la vertu de religion chez l’homme moderne ainsi que la perte du sens du sacré qui ronge comme une gangrène nos sociétés dites « avancées ».

(1) Jean BRUN, La transcendance de Dieu, Revue réformée, Saint-Germain-en-Laye.

* * * * Lundi, 16 septembre 2019. Alors que les catholiques de Hong Kong sont en première ligne pour défendre leur liberté face aux communistes chinois, le pape François se tait dans toutes les langues. Tel est le prix de l’accord qu’il a signé avec Pékin, contre l’avis des experts de terrain, cédant apparemment à un chantage du style : « Signez ou nous ordonnerons 45 évêques communistes sans votre avis. »
Le puissant parti communiste a décidé d’en finir avec les religions « étrangères ». Après avoir constaté que la répression ne menait à rien, il a décidé de s’y prendre comme Napoléon et de transformer les prêtres en fonctionnaires au service de l’Etat et l’Eglise catholique en un organe du parti unique. Et l’accord signé avec le pape leur facilite les choses : à présent, même les évêques fidèles à Rome sont contraints de devenir des agents du parti et de persécuter les leurs « parce que le pape le veut. »
Résultat : les démolitions d’églises, les arrachages de croix et les déportations de prêtres s’intensifient tandis que le portrait du leader suprême Xi Jinping fait son apparition sur les autels des églises et que les catholiques chinois sont plus divisés que jamais entre fonctionnaires à la solde de Pékin et évêques résistants fidèles à Rome qui se sentent trahis par le pape François.

Source :
Diakonos.

* * * * Lundi, 16 septembre 2019. Après les flops successifs des projets pastoraux tels que la messe « face au peuple » et « en langues que tout le monde comprend », après l’échec des « absolutions collectives », des « les messes anticipées », des « ADAP », de la création d’ « équipes » et de « secteurs interparoissiaux », de l’organisation de « messes festives » et autres « synodes diocésains » permettant les retrouvailles des mêmes personnes que l’on trouve dans tous les « comités Théodule » qui tournent à vide, va-t-on assister à un « super-flop » du synode amazonien ? A un « super-flop » qui pourrait bien se transformer en une désagrégation de l’Eglise qui permettrait au pape François de fabriquer une Eglise simili-catholique où les mots « Dieu », « sacrement », « liturgie » ne seraient plus que des sons sans signification précise ni lien avec la foi reçue des Apôtres ?
A quoi pourrait ressembler Jésus dans une telle Eglise simili-catholique ou, plus exactement, « post-synodale » ?
Probablement à un jeune homme « cool » portant une barbe de trois jours parfaitement taillée ; un jeune homme faisant la promotion d’une foi « relookée » pour être socialement acceptable et ouverte à toutes les idées novatrices plus ou moins éloignées du catholicisme authentique. Un Jésus dont l’image serait retouchée par un logiciel de type « Photoshop » afin qu’elle puisse plaire au plus grand nombre.
A vrai dire, dans l’Eglise, le temps des retouches à l’aide de « logiciels pastoraux » a commencé depuis belle lurette : les images de Jésus sont traitées jusqu’à ce qu’elles correspondent à l’opinion des concepteurs d’opinions théologiques. La liturgie aussi est sans cesse retouchée afin de mieux correspondre à cette sorte de religiosité à la « Greta » [Thunberg] qui ne convainc que les concepteurs qui en vivent.
Oui, le prochain synode sur l’Amazonie pourrait bien se transformer en un grand bouquet final marquant l’aboutissement d’années d’errances liturgiques, catéchétiques, pastorales, doctrinales dont nos évêques - toujours « cheminants » pour « être à l’écoute » et « en recherche » - auront été, volontairement ou par naïveté, les meilleurs promoteurs.

* * * * Dimanche, 15 septembre 2019. « Avant l’avènement du Christ, l’Eglise doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants. La persécution qui accompagne son pèlerinage sur la terre dévoilera le “mystère d’iniquité” sous la forme d’une imposture religieuse apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes, au prix de l’apostasie de la vérité. L’imposture religieuse suprême est celle de l’Anti-Christ, c’est-à-dire celle d’un pseudo-messianisme où l’homme se glorifie lui-même à la place de Dieu et de son Messie venu dans la chair. [...] L’Eglise n’entrera dans la gloire du Royaume qu’à travers cette ultime Pâque où elle suivra son Seigneur dans sa mort et sa Résurrection. Le Royaume ne s’accomplira donc pas par un triomphe historique de l’Eglise selon un progrès ascendant, mais par une victoire de Dieu sur le déchaînement ultime du mal qui fera descendre du Ciel son Epouse. » (Cf. Catéchisme de l'Eglise catholique, 675-677.)
Retenons l’expression « imposture religieuse ». Il semble que cette imposture se développe au sein-même de l’Eglise ; qu’elle est le fait d’un nombre non négligeable de pasteurs parmi lesquels se trouvent très souvent ceux qui ont accédé à des hauts postes de responsabilité ; ceux qui, sans jamais remettre en cause les multiples dérives pastorales et liturgiques qui ravagent l’Eglise, font aujourd’hui mine de s’étonner de voir des pans entiers du catholicisme se détacher de la doctrine apostolique pour entrer dans une logique schismatique que le pape François, avec un incroyable aplomb, avoue ne pas craindre.
Les dérives qui semblent aujourd’hui entraîner l’Eglise loin de la foi et de la Tradition reçues des Apôtres - dérives que ne voit pas le fidèle de base et dont semble ne pas alarmer nos évêques - ne sont pas apparues par hasard et ne datent pas du pontificat de François, même si ce dernier les a renforcées avec ses propos flous et blessants et son désintérêt pour la doctrine de la foi. Elles ont été préparées dès les années 1970 dans les structures diocésaines, les séminaires et les paroisses, par la décatéchisation de masse voulue et assumée des fidèles et par la destruction programmée de la liturgie romaine - lieu théologique par excellence - ainsi que par la mise au ban de la spiritualité traditionnelle.
Depuis ses origines, l’Eglise avait toujours mis la contemplation et l’écoute recueillie de la Parole divine dans le culte liturgique au sommet de la hiérarchie des valeurs. Le grand théologien Charles Journet affirmait même que le primat de la contemplation, rappelé dans les textes du concile Vatican II, était la marque distinctive de la véritable Eglise. Parce que l'Eglise était, à travers l’orientation de sa prière, radicalement tournée, orientée vers la Lumière divine, elle trouvait la force et l’énergie nécessaires pour rester, à travers les aléas de l’Histoire, fidèle à sa vocation première : la louange du Dieu vivant allant de pair avec l’annonce de la Bonne nouvelle du Salut et le célébration de la vraie foi.
Mais depuis Vatican II - mais non à cause de Vatican II - la théologie, la doctrine, la morale, l’ecclésiologie, la discipline et le droit canoniques n’ont plus été prioritaire et n’ont plus été compris à travers la contemplation du Dieu véritable. Dès lors qu’on a voulu faire croire que l’Eglise dans son ensemble - les fidèles naïfs suivant des pasteurs opposés à la doctrine - pouvait sans risques se détacher de ce primat absolu et radical de la contemplation, elle est allée de dérives en dérives jusqu’à être réduite à une simple organisation humaine, une structure bureaucratique vide de sens et parasitée par des clercs massivement corrompus et qui ne sont plus habités que part une seule obsession : saper le Corps mystique du Christ afin de pouvoir se libérer de pratiques perçues comme pesantes, étouffantes, inhumaines et finalement « dépassées ».
Ainsi s’accomplit aujourd’hui, sous nos yeux, et bien plus encore à l’occasion de ce « synode sur l’Amazonie » aussi honteux que fumeux, la prophétie de l’Apôtre : « Un temps viendra où les gens ne supporteront plus l’enseignement de la saine doctrine ; mais, au gré de leurs caprices, ils iront se chercher une foule de maîtres pour calmer leur démangeaison d’entendre du nouveau» (Cf. Tm, IV, 3).
L’Eglise catholique est arrivée à la croisée des chemins. La foi des fidèles qui la composent est considérablement affaiblie ; son culte a été réduit en morceaux par des clercs traitres à leur vocation ; son unité ne tient plus qu’à un fil ; sa doctrine est passée sous silence par des évêques qui ne sont plus pasteurs que de nom mais qui en réalités ne sont plus que des « bureaucrates mitrés » (Cf. cardinal Ratzinger). Tout, dans les diocèses comme dans les paroisses, se délite dans une inqualifiable indifférence.
Nous payons au prix le plus fort soixante ans de renoncements, de capitulations, d’atermoiements et de trahisons et c’est désormais la question de la survie même du catholicisme - et donc du sens véritable de la vie - qui se pose avec une dramatique acuité.

* * * * Samedi, 14 septembre 2019. Ce qui en soi est assez dramatique, c’est que la grande majorité des clercs, qu’ils soient simples prêtres ou évêques, est devenue incapable de voir ce qu’ils font de travers en liturgie et de comprendre pourquoi ils devraient corriger leurs façons de célébrer la messe.
Ils ne voient plus parce qu’ils se sont habitués à toutes sortes de fantaisies désormais solidement ancrées dans les paroisses ; ils ne comprennent plus parce que leur formation est gravement défaillante et qu’en plus, comme l’a souligné Saint Jean-Paul II, l’ « esprit de foi leur fait défaut » (cf. Lettre « Dominicae Cenae »).

* * * * Samedi, 14 septembre 2019. « Le processus synodal ne peut pas être exécuté comme prévu. » C’est ce qu’affirme le professeur de Droit canonique Thomas Schüller dans un article publié par le journal allemand “Münchner Merkur”.
Thomas Schüller pense qu’une petite minorité d’évêques dirigés par le cardinal Woelki, archevêque de Cologne, a réussi à contrer l’ensemble du processus de “réforme” de l’Eglise - en réalité de sape - tant souhaité par le pape François.
Dans le même article, le théologien allemand critique sévèrement le pape : « Les beaux discours du pape François, qui parle toujours de décentralisation en vue de renforcer les Eglises locales, ne sont que du vent. » Selon le spécialiste en Droit canonique, « on assiste plutôt à durcissement sans précédent de l’appareil administratif papal. » Quant au cardinal Marx, « il accepte d’être pris dans ce manège et dirigé comme un ours qu’on tirerait par l’anneau qu’on lui a mis dans le nez. »
Et Thomas Schüller de conclure : « Le masque tombe et laisse apparaître le vrai visage de François. »

* * * * Samedi, 14 septembre 2019. D’un prêtre : « On ne comprend plus que nos prêtres et nos évêques, des hommes qui ont passé la soixantaine et qui sont supposés avoir fait des études, se mettent à adopter des comportements de gamins au cours des célébrations eucharistiques. » Et ce jeune prêtre d’ajouter : « Et ce qui est le plus étonnant, le plus incompréhensible aussi, c’est que ce plaisir à se comporter en gamins n’est pas le fait de quelques évêques ou prêtres, mais d’une génération entière de clercs et de responsables pastoraux qui donne ainsi l’impression de croire que pour plaire aux fidèles, il faut avoir des comportement de gosses en pleine crise d’adolescence. »
On ne peut pas donner tort à ce prêtre et il est vrai qu’on ne comprend plus ce qui fait que le clergé a été à ce point frappé par le syndrome de l’ « adulescence » qui le porte à adopter, spécialement au cours des rassemblements diocésains, des comportements d’adolescents en mal d’affection ou de reconnaissance : agitations de foulards, rondes autour de l’autel, préférence marquée pour des refrains dignes d’une veillée scoute, propension à serrer des mains en affichant un sourire visant à afficher une émotion positive, tons de voix affectés, négligence dans le port des habits liturgiques... etc.
Où les fidèles désirant aller à la messe pourraient-ils trouver du sérieux, du contrôle de soi, de la maturité, de la culture, de l’authenticité, de la spiritualité ? Chez ces hommes qui semblent ne plus savoir donner d’eux qu’une image sans rapport avec la tenue que devrait imposer tant leur ministère que leur âge ? Sûrement pas.

* * * * Samedi, 14 septembre 2019.
Il ressort très clairement de l’ensemble des enseignements des Souverains Pontifes successifs - sauf de l’actuel pape qui ne dit rien sur le sujet - que tout évêque qui ne condamne pas explicitement les fantaisies qu’un de ses prêtres introduit dans la liturgie est un évêque qui cautionne l’égarement des fidèles et verse des ferments de dissidence au sein de l’Eglise :
« (...) Dans la période postconciliaire, nous sommes témoins d'un vaste travail de l’Eglise pour faire en sorte que ce novum, constitué par Vatican II, pénètre de manière juste dans la conscience et dans la vie de chacune des communautés du Peuple de Dieu.
Cependant, à côté de cet effort, se sont manifestées des tendances qui, sur la voie de la réalisation du Concile, créent une certaine difficulté. L'une de ces tendances se caractérise par le désir de changements qui ne sont pas toujours en harmonie avec l'enseignement et avec l'esprit de Vatican II, même s'ils cherchent à se référer au Concile. Ces changements voudraient exprimer un progrès, c'est pourquoi on désigne cette tendance par le nom de « progressisme ». Le progrès, dans ce cas, est une orientation vers l'avenir qui rompt avec le passé, sans tenir compte de la fonction de la Tradition qui est fondamentale pour la mission de l’Eglise, afin que celle-ci puisse continuer à vivre dans la Vérité qui lui a été transmise par le Christ Seigneur et les Apôtres, et qui a été gardée avec diligence par le Magistère. La tendance opposée, que l'on définit habituellement comme « conservatisme » ou « intégrisme », s'arrête au passé lui-même, sans tenir compte de la juste orientation vers l'avenir qui s'est précisément manifestée dans l’œuvre de Vatican II.
Tandis que la première tendance semble reconnaître comme juste ce qui est « nouveau », l'autre, au contraire, ne tient pour juste que ce qui est « ancien », le considérant comme synonyme de la Tradition. Cependant, ce ne sont pas l’« ancien » en tant que tel ni le « nouveau » en soi qui correspondent au concept exact de la Tradition dans la vie de l’Eglise. Ce concept désigne, en effet, la fidélité durable de l’Eglise à la vérité reçue de Dieu, à travers les événements changeants de l’histoire. L’Eglise, comme le maître de maison de l’Evangile, tire avec sagesse « de son trésor, du neuf et du vieux » (cf. Mt 13, 52), demeurant dans une obéissance absolue à l’Esprit de vérité que le Christ a donné à l’Eglise comme guide divin. Et cette œuvre délicate de discernement, l’Eglise l'accomplit par son Magistère authentique (cf. Lumen gentium, n. 25).
Les positions que prennent les personnes, les groupes ou les milieux attachés à l'une ou l'autre tendance peuvent être compréhensibles dans une certaine mesure, particulièrement après un événement aussi important dans l’histoire de l’Eglise que le dernier Concile. Si, d’une part, il a libéré une aspiration au renouveau (et cela comprend aussi un élément de « nouveauté »), d’autre part, certains abus dans la ligne de cette aspiration, pour autant qu’ils oublient les valeurs essentielles de la doctrine catholique de la foi et de la morale et, en d’autres domaines, de la vie ecclésiale - par exemple dans le domaine liturgique - peuvent et même doivent susciter des objections justifiées. Cependant, si, en raison de ces excès, on refuse tout sain « renouveau » conforme à l’enseignement et à l’esprit du Concile, une telle attitude peut conduire à une autre déviation qui est également contraire au principe de la Tradition vivante de l’Eglise obéissant à l'Esprit de vérité. (...) »


* * * * Samedi, 14 septembre 2019.
Le pape François vient de nommer à l’institut Jean-Paul II de Rome un militant notoire de la contraception et des unions homosexuelles.
Le Père Maurizio Chiodi - puisque c’est de lui qu’il s’agit - centrera son enseignement sur le chapitre 8 d’ « Amoris laetitia » en vue de permettre aux étudiants d’obtenir une licence. Ce chapitre est le plus controversé document pontifical puisqu’il vise à justifier l’utilisation de la contraception artificielle et à plaider en faveur de la « beauté morale » des relations homosexuelles.
Très récemment, dans un entretien avec « L’Avvenire » datant de juillet 2019 et publié après la « purge » de l’Institut Jean-Paul II, le Père Chiodi, se basant sur l’enseignement d’ « Amoris Laetitia », a affirmé que l’homosexualité active pouvait être considérée comme bonne... dans certains cas.
Dans un autre domaine, celui de la communion aux « divorcés-remariés », le théologien - se référant toujours aux déclarations du pape François - rappelle que chaque personne n’est obligée de faire que ce qu’elle peut faire en tenant compte du contexte particulier dans laquelle elle se trouve. Et le Père Chiodi de poursuivre : « Il semble donc difficile de donner des réponses toutes faites valables pour toutes les situations et toutes les pratiques. »
Un jour après l’entretien à « L’Avvenire », le Père Chiodi avait été invité à enseigner à l’Institut Jean-Paul II relooké par son nouveau chancelier qui n’est autre que Mgr Vincenzo Paglia célèbre pour la fresque qu’il a fait réaliser et où il se fait représenter nu dans les bras d’un homme.
Le Père Chiodi n’est pas le seul professeur controversé à être embauché au nouvel Institut Jean-Paul II. Selon la nouvelle liste des cours dispensés, le Père Pier Davide Guenzi, autre partisan des unions homosexuelles, donnera un cours de niveau doctoral sur « l’idée de la loi naturelle dans la Bible » ainsi qu’un cours intitulé « Anthropologie et éthique de la naissance ».
Quant aux cours donnés par Mgr Livio Melina et d’autres spécialistes de théologie morale incontestablement catholique - c’est-à-dire conforme aux enseignements du Seigneur - ils ont été supprimés des programmes.
N’est-il pas temps de cesser de faire croire que François est mal conseillé ? Il l’est peut-être, mais c’est avant tout lui et lui seul qui, parce qu’il ne supporte aucune contradiction, prend les décisions finales et publie de son propre chef des textes débouchant sur des interprétations discordantes ne pouvant que conduire à une crise gravissime de l’Eglise.
Plus inquiétant encore, dans cette situation, c’est le silence de 90% des évêques.

* * * * Vendredi, 13 septembre 2019. Et ça continue !
Le pape François a annoncé que 10 nouveaux cardinaux allaient être promus, le 5 octobre prochain. Parmi ces membres du « haut clergé », plusieurs sont directement impliqués dans les questions LGBT, dont Mgr Matteo Zuppi. En 2017, ce dernier avait écrit l’avant-propos du livre du Père James Martin “Building a Bridge: How the Catholic Church and the LGBT Community Can Enter Into a Relationship of Respect, Compassion, and Sensitivity” (Construire un pont : comment l’Eglise Catholique et la communauté LGBT peuvent entrer dans une relation de respect, compassion et sensibilité). En réalité, l’ouvrage du P. Martin ne porte pas tant sur le « respect » dû aux homosexuels que sur la façon de faire des relations homosexuelles une composante de l’amour humain.
La nomination prochaine du cardinal Zuppi a été accueillie avec joie et fierté par de nombreuses personnalités religieuses et politiques dont Monica Cirinna, sénatrice du Parti démocrate italien et signataire de la loi autorisant l’union entre deux personnes du même sexe, qui voit là « beau signe de paix ». L’association « New Ways Ministry », qui milite pour que les homosexuels puissent exercer des fonctions ministérielles au sein de l’Eglise, a également salué la décision du pape François laquelle a suscité la joie de Mgr Jean-Claude Hollerich de Luxembourg, du Père canadien Michael Czerny, fervent défenseur de l’homosexualité dans le monde et de Mgr José Tolentino Medonca, archiviste et bibliothécaire du Vatican.
De son côté, « Crisis Magazine » considère que la promotion de Mgr Zuppi se base bien plus sur sa loyauté indéfectible à l’égard du pape que sur ses mérites et ses compétences.

* * * * Vendredi, 13 septembre 2019.
Nous recevons régulièrement des messages de fidèles qui se disent mal à l’aise vis-à-vis de l’actuel pontificat dont les caractéristiques principales sont la confusion et la contradiction permanente. Que faire dans ces conditions ? Quelle attitude adopter pour peut qu’on veuille conserver la foi salvatrice de l’Eglise ? Telle est la question souvent entendue.
La réponse qui paraît la plus simple est celle-ci : fuir certaines structures paroissiales et ne plus faire attention aux actuelles déclarations émanant du Vatican tant que l’horizon demeurera bouché.


* * * * Vendredi, 13 septembre 2019.
Aucun pape ne peut disposer librement de la vérité du Christ.
Le site Kathnet rapporte des extraits d’une interview donnée au site « Domradio » du diocèse de Cologne, par le théologien Karl Heinz Menke, professeur de dogmatique à Bonn (D), qui s’exprime sur la situation actuelle de l’Eglise.
A propos de l’ordination sacerdotale des femmes, il précise : « Un argument bien connu consiste à dire que ce qui est possible chez les protestants, dont on connait l’attachement à la lettre de la Bible, à savoir le sacerdoce féminin, devrait être possible aussi pour les catholiques et les orthodoxes. Cet argument repose sur une grave ignorance de la question. Nulle part, dans la chrétienté, il n’existe de sacerdoce féminin ; chez les protestants non plus ; car les protestants ne reconnaissent d’ailleurs aucun sacerdoce comme représentant le Christ face à la communauté ; chez les protestants il n’y a pas de sacrement de l’Ordre. Pour Martin Luther, tout homme et toute femme, de par leur baptême, est déjà pape, évêque et prêtre. »
Rejoignant le cardinal Rainer Maria Woelki, archevêque de Cologne, qui récemment encore se prononçait contre une possible ordination féminine, Karl Heinz Menke se montre résolument opposé à une telle ordination. Il note que les femmes peuvent déjà être amenées à représenter le Christ, et à agir in “persona Christi ”, par exemple en donnant le baptême en cas de danger de mort, ou lorsqu’elles prennent leur part dans le sacrement du mariage. Mais le théologien s’attarde sur cette notion de représentation : « Les femmes ne doivent pas entrer dans un rôle de représentation du Logos en ce qu’il se place “en avant de” et “face à” l’Eglise - au même titre qu’un homme ne saurait représenter la réponse accueillante de Marie à l’ange Gabriel. »
Pour Menke, la décision prise à ce sujet le 11 décembre 1995 par le pape Saint Jean-Paul II est un « témoignage explicite du caractère infaillible de l’enseignement de l’Eglise ». Karl Heinz Menke considère, dans son interview, qu’il est « simplement faux » d’affirmer, comme le font certains théologiens, « que le pape aurait certes appuyé l’idée de l’exclusion des femmes du sacrement de l’ordre, mais ne l’aurait pas encore théorisé ». Car « un enseignement infaillible du magistère ordinaire » n’est pas « moins infaillible qu’une définition ex cathedra du magistère extraordinaire »
Ce thème du sacerdoce féminin devrait « être retiré du débat sur le genre et les droits de l’homme et ramené au centre de la christologie ». En effet, « cet appel qui se fait à nouveau entendre en faveur d’un sacerdoce féminin n’est, semble-t-il, pas seulement le fait des débats sur le genre et les droits de l’homme, mais est aussi en relation avec une relativisation de la foi en l’Incarnation qui conduit à passer sous silence la distinction faite entre le Jésus historique et le Christ de la foi. »
Enfin, Menke précise dans son interview qu’ « aucun pape ne peut disposer de la Vérité du Christ. » Tout pape, en effet, est tenu par la communion de foi apostolique diachronique et synchronique ; c’est-à-dire par l’enseignement que ses prédécesseurs ont qualifié d’infaillible et d’irréversible en ce qui concerne l’exclusion des femmes du sacrement de l’Ordre. Une décision prise dans le sens opposé provoquerait une scission dans l’Eglise et le rejet pur et simple de celui qui en serait à l’origine. »


* * * * Jeudi, 12 septembre 2019.
Les graves insuffisances de l'Instrumentum laboris et les véritables objectifs du synode sur l'Amazonie. Un document exceptionnel A LIRE ICI

* * * * Jeudi, 12 septembre 2019. Le pape François a déclaré ne pas avoir peur d’un schisme. Il a bien raison... parce que le schisme est déjà là et n’effraie plus personne au sein d’une Eglise composée de fidèles majoritairement indifférents au contenu de leur foi.
Ce schisme a été préparé par des années de pratiques aléatoires de la liturgie et a été récemment rendu officiel par les déclarations ambivalentes de Jorge Bergoglio ajoutées à son admiration pour Martin Luther.
En veut-on la preuve ? Dans l’Eglise d’Allemagne dont l’influence s’étend à Rome via le cardinal Marx et d’autres clercs de la même école, Mgr Gerhard Feige, évêque de Magdebourg, espère un débat objectif sur le vote théologique sur la communion des catholiques et des protestants. En tant que contribution à la discussion, elle mérite « appréciation et respect ». Le pape François ne manquera sûrement pas d’apprécier et de respecter...
En outre, le président de la Commission œcuménique de la Conférence épiscopale allemande a expliqué mercredi à Bonn qu’avec son vote sur la participation mutuelle des chrétiens catholiques et protestants à la Cène et à l'Eucharistie, le groupe de travail « ouvre une grande porte sur la voie œcuménique ». Avec François, apprécions et respectons...
« Ouvrir une telle possibilité serait une prochaine étape importante vers la pleine unité visible de l'Eglise », a ajouté Mgr Feige. Les bonnes expériences de l’année de la Réforme 2017 ont suscité de nouveaux espoirs et accru l’impatience, a déclaré l'évêque en vue du Kirchentag œcuménique 2021 qui aura lieu à Francfort. Mgr Feige a exprimé l’espoir « que nous parviendrons bientôt à une bonne solution à la question sans doute pressante de la communion à la table du Seigneur. » Avec le Seigneur, apprécions et respectons...
Mercredi, le groupe de travail œcuménique ÖAK a présenté un appel à la communion des catholiques et des protestants. En conséquence, la « participation mutuelle aux célébrations de la Cène/Eucharistie est théologiquement fondée par rapport aux autres traditions liturgiques (...) » Le document s’intitule « Ensemble à la table du Seigneur - Perspectives œcuméniques dans la célébration de la Cène et de l'Eucharistie. »
L’ÖAK est un groupe de théologiens qui, depuis 1946, veulent soutenir le processus œcuménique en Allemagne en discutant ensemble de questions dogmatiques. Le mouvement travaille de manière indépendante mais informe régulièrement la Conférence épiscopale catholique allemande et le Conseil de l’Eglise évangélique d’Allemagne (EKD) de ses délibérations. Les présidents sont les évêques Martin Hein (Eglise évangélique de Kurhessen-Waldeck) et Georg Bätzing, évêque du Limbourg.
M. Bätzing a souligné qu’il soutenait le texte « comme fruit du dialogue œcuménique de longue date » et qu’il soutenait pleinement le vote. Il y voyait « une étape importante et réalisable sur la voie d’une unité visible de nos deux Eglises » (aussi vides l’une que l’autre -ndlr -).
Le théologien protestant Volker Leppin de Tübingen a souligné : « Notre vote se fonde sur une base biblique et scientifique si large que le poids de l’argumentation est inversé contre l’habituel : quiconque veut dire quelque chose contre la communion de la Cène a besoin de raisons très fortes. »
Les raisons d’être « contre la communion à la Cène » ? Mais, cher professeur Leppin, il n’y en a qu’une et elle est largement suffisante : demeurer dans la foi de l’Eglise catholique, laquelle est pleinement conforme aux enseignements du Sauveur.

* * * * Jeudi, 12 septembre 2019. Dans l’avion qui le menait de son récent voyage en Afrique à Rome, le pape François a déclaré : « Je n’aime pas quand les critiques sont sous la table, font de grands sourires, et ils vous poignardent dans le dos. Ça, ce n’est pas loyal, ce n’est pas humain. La critique est un élément de construction et peut amorcer un dialogue. (...) Quand on dit “je n’aime pas cette chose du Pape”, ça signifie que je fais une critique et que j’attends la réponse ; je vais chez lui, et je parle, et j’écris un article et je lui demande de répondre. Ça, c’est loyal ; ça c’est aimer l’Eglise. Faire une critique sans vouloir entendre la réponse et sans faire de dialogue, ce n’est pas aimer l’Eglise (...) »
Le problème, c’est que nombreux sont ceux qui ont écrit au pape François pour lui demander une précision sur tel ou tel point de doctrine ou sur l’interprétation qu’il fallait donner à certains de ses propos... et qui n’ont jamais obtenu la moindre réponse. D’où le malaise actuellement ressenti par de très nombreux fidèles qui ne savent plus très bien où se situer dans l’Eglise.

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