L'ACTUALITE

* * * * NOUVEAU Mardi, 11 mai 2021. Le 3 février dernier, au cours de son audience générale qui, en raison de la pandémie, se déroulait dans la bibliothèque du Palais apostolique du Vatican, le pape François a déclaré qu’il est essentiel pour les chrétiens de participer à la liturgie et a rappelé qu’ « un christianisme sans liturgie est probablement un christianisme sans Christ, sans le Christ perçu dans sa totalité. »
« Il n’y a pas de spiritualité chrétienne qui ne soit enracinée dans la célébration des saints mystères », a encore déclaré le pape qui a ajouté que « souvent, on observe une tendance à revendiquer la plus grande pureté présumée d’une religiosité ne dépendant pas de cérémonies extérieures considérées comme un fardeau inutile ou même nuisible. » Cependant, la liturgie est l’acte fondateur de l’expérience chrétienne : « c’est un événement, une présence, une rencontre. C’est une rencontre avec le Christ. »
Lorsque les premiers chrétiens ont prié et adoré, ils l’ont fait en « actualisant à l’aide de la lumière du Saint-Esprit les gestes et les paroles de Jésus. Saint Paul écrit, dans sa Lettre aux Romains : “Je vous exhorte donc, frères, par la miséricorde de Dieu, à offrir vos corps en sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu ; ceci est votre culte spirituel.” La vie est appelée à devenir un culte de Dieu, mais cela ne peut se faire sans la prière, en particulier la prière liturgique. »
Et le pape d’ajouter encore : « La liturgie, précisément en raison de sa dimension objective, demande à être célébrée avec ferveur, afin que la grâce déversée à travers le rite ne soit pas dispersée mais atteigne l’expérience de chacun. Le Catéchisme explique cela très bien : “La prière intériorise et assimile la liturgie pendant et après sa célébration”. »
Et de conclure : « Au cours des dernières décennies, beaucoup a été fait. La constitution Sacrosanctum Concilium du concile Vatican II représente un point central de ce long voyage. Elle réaffirme l’importance de la liturgie divine pour la vie des chrétiens, qui y trouvent cette médiation objective requise par le fait que Jésus-Christ n’est pas une idée, ni un sentiment, mais une personne vivante, et son Mystère, un événement historique. »
La question qui demeure et que nous posons depuis longtemps à Pro Liturgia est la suivante : comment et où trouver cette « méditation objective » dont parle le pape François dans des célébrations liturgiques paroissiales élaborées à partir du subjectivisme des uns et du sentimentalisme des autres ?


* * * * Lundi, 10 mai 2021. Le site internet de Pro Liturgia est resté silencieux suite à un incendie d’OVH qui s’est déclaré à Strasbourg et a détruit nombre de serveurs d’hébergements de sites internet. Nous avons été touchés... mais pas coulés.
Un grand merci pour les nombreuses personnes qui se sont inquiétées de la (trop longue) panne et qui en ont profité pour nous dire combien Pro Liturgia avait un rôle important à jouer dans le paysage liturgique. Notre site va redevenir opérationnel d'ici peu de jours grâce à notre “ami-dépanneur” qui ne ménage pas sa peine pour réparer ce qui doit encore l’être. Nous lui adressons un merci tout spécial.
Enfin, notre gratitude s’adresse aux responsables de sites internet qui oeuvrent comme Pro Liturgia pour la découverte et le respect de la liturgie de l’Église, essentiellement sous sa forme “ordinaire”. Il est bon de savoir que nous sommes nombreux à marcher dans la même direction.

* * * * Lundi, 10 mai 2021. Le 2 juillet 1988, le pape Jean-Paul II écrivait dans son Motu proprio “Ecclesia Dei adflicta” qu’ « à la racine [de l’acte schismatique posé par Mgr Lefebvre], on trouve une notion incomplète et contradictoire de la Tradition. (...) Le résultat auquel a abouti le mouvement promu par Mgr Lefebvre peut et doit être une occasion pour tous les fidèles catholiques de réfléchir sincèrement sur leur propre fidélité à la Tradition de l'Église, authentiquement interprétée par le Magistère ecclésiastique, ordinaire et extraordinaire, spécialement dans les Conciles œcuméniques, depuis Nicée jusqu'à Vatican II. De cette réflexion, tous doivent retirer une conviction renouvelée et effective de la nécessité d’approfondir encore leur fidélité à cette Tradition en refusant toutes les interprétations erronées et les applications arbitraires et abusives en matière doctrinale, liturgique et disciplinaire. »
On notera que le pape demandait à tous les fidèles de « refuser les applications arbitraires en matière liturgique ». Très concrètement, cela voulait dire qu’un catholique digne de ce nom devait fuir la grande majorité des messes qui se font depuis Vatican II lesquelles, comme cela a été prouvé maintes et maintes fois, s’écartent presque toutes des données du Missel romain restauré à la suite du dernier Concile.
Le 30 janvier dernier, le pape François, s’adressant aux membres du Bureau catéchétique de la Conférence épiscopale italienne, a déclaré que « le Concile est le magistère de l’Église. Soit vous êtes avec l’Église et donc vous suivez le Concile, et si vous ne suivez pas le Concile ou si vous l’interprétez à votre manière, comme vous le souhaitez, vous n’êtes pas avec l’Église. »
Sur un ton que l’on pourrait qualifier de plus sec, François ne disait pas autre chose que ce qu’avait dit Jean-Paul II avant lui.
Là encore, si l’on devait tirer les conséquences des propos du pape, il faudrait reconnaître que la grande majorité des prêtres et des évêques de France « ne sont pas avec l’Église » puisqu’ils sont, dans le sillage de leurs prédécesseurs, tous champions des réinterprétations du Concile ayant conduit à une normalisation de liturgies toutes plus ou moins bricolées.
Il y a les paroles des papes. A quand les actes courageux des fidèles ?

* * * * Lundi, 10 mai 2021. L’Église catholique est intolérante, disent certains groupuscules activistes : elle refuse de bénir les couples homosexuels, elle refuse aux femmes l’accès au sacerdoce. Bref, l’Église serait une vieille institution qui manque singulièrement d’ouverture et qui ne comprend pas les changements qui s’opèrent dans les sociétés.
L’Église est intolérante : c’est totalement vrai.
Mais au fait, que signifie réellement « être (ou ne pas être) tolérant » ? Le mot « tolérance » dérive du latin « tollare » qui signifie « endurer », « supporter », « prendre sur soi ». Malheureusement, le principal problème de nos jours vient de ce que même parmi les chrétiens, on ne comprend plus correctement ce terme.
Il faut donc rappeler qu’au cours des 2000 ans d’histoire, les autres religions et les idéologies les plus variées ont toujours été tolérées par l’Église. Les chrétiens les ont tolérées et souvent même endurées, mais ils ne les ont jamais approuvées. Le cardinal Ratzinger disait qu’au sein de l’Église, on est libre de tout dire ; pour autant, on ne peut pas affirmer que tout ce qu’on dit est nécessairement catholique.
Saint Augustin enseignait déjà qu’il faut aimer le pécheur mais détester le péché. Toute la question de la « tolérance » est résumée là : tolérer les positions d’une personne qui est dans l’erreur n’implique pas d’aimer l’erreur. L’Église n’est pas une institution qui peut changer son enseignement à volonté en fonction de ceux à qui elle s’adresse.
Aujourd’hui, on dit que les enseignements de l’Église devraient évoluer. Que faut-il entendre par là ?
Au cours des siècles l’Église a toujours veillé à développer sa doctrine. Mais ce développement a toujours visé une compréhension plus profonde de la doctrine de la foi, jamais l’approbation d’une autre doctrine. L’Ancien Testament était la longue préparation de la venue du Seigneur qui a lui-même dit qu’il est venu accomplir la Loi. Et c’est là que réside la mauvaise compréhension aujourd’hui. On aimerait adapter la Loi aux goûts de l’époque en utilisant « à gogo » le terme « tolérance » pour justifier ces adaptations.
On oublie que le pape, les évêques, les prêtres, sont d’abord des serviteurs. Or, un serviteur ne peut pas changer ou adapter les instructions de son maître, surtout si ce maître est Dieu. Si ce qui était mauvais hier devait être considéré comme juste aujourd’hui, et si ce qui était saint autrefois devait être vu comme faux de nos jours, alors il faudrait admettre la Révélation de Dieu est variable et par conséquent imparfaite ou incomplète.
Nous devons donc comprendre le sens du mot « tolérance » et replacer le terme dans le bon contexte.
Dans l’Eglise, on dit aujourd’hui qu’il faut « tolérer » aussi bien les libéraux et que les conservateurs. Autrement dit, il faut se « supporter » les uns les autres sans chercher à voir qui est dans la vérité et qui s’en éloigne. Une telle position, si elle devenait normative, conduirait inévitablement à la « dictature du relativisme » dont le cardinal Ratzinger a souligné les dangers.
Jésus nous a appris à prier pour nos ennemis.
Pourquoi devrions-nous prier pour eux ? Pour leur permettre de nous imposer leurs erreurs, leurs idéologies ou pour qu’ils se convertissent ? C’est en répondant à cette question qu’on arrive le mieux à percevoir le problème que pose l’idée de « tolérance » telle qu’elle est employée de nos jours.

* * * * Lundi, 10 mai 2021. Il y a deux grandes voies permettant d’aborder la liturgie : « la première et la seconde » aurait pu dire le Maître de philosophie à Monsieur Jourdain dans la célèbre pièce de Molière. Pour ce qui est de la liturgie, ces deux voies sont complémentaires mais ne se confondent pas.
La première voie consiste à étudier la liturgie pour savoir ce qu’on célèbre et comment il faut célébrer : d’où nous vient tel rite, tel chant, telle oraison et pourquoi leurs places respectives sont ici et pas ailleurs. Cette étude de la liturgie - largement négligée depuis de longues années dans les grands séminaires - est expressément demandée par l’Église : « L’enseignement de la liturgie dans les séminaires et les maisons d’études des religieux doit être placé parmi les disciplines nécessaires et majeures, et dans les facultés de théologie parmi les disciplines principales et il faut le dispenser dans sa perspective théologique et historique aussi bien que spirituelle, pastorale et juridique. (...) » (Cf. Vatican II, Const. Sacrosanctum Concilium, n.16)
En bref : il s’agit de savoir ce qu’on fait et pourquoi on le fait. Surtout lorsqu’on est prêtre et, à plus forte raison, lorsqu’on est évêque à la tête d’un diocèse.
La seconde voie consiste à « entrer » dans la liturgie pour la vivre et pour en vivre. Cette voie-là est incontestablement la principale. Mais pour pouvoir l’emprunter il faut au minimum que trois règles soient respectées :
- la première : que la liturgie célébrée soit vraiment la liturgie de l’Église et non celle imposée par tel célébrant ou telle équipe liturgique. « Le droit de régler l’organisation de la liturgie dépend uniquement de l’autorité de l’Église (...) C’est pourquoi absolument personne d’autre, même prêtre, ne peut, de son propre chef, ajouter, enlever ou changer quoi que ce soit dans la liturgie. » (Id. n.22) Les pasteurs doivent être attentifs à ce que dans l’action liturgique, on observe les lois d’une célébration valide et licite. (Id. n.11) Et aussi : « Tous les fidèles du Christ disposent du droit de bénéficier d’une véritable liturgie qui soit conforme à ce que l’Église a voulu et établi, c’est-à-dire telle qu’elle est prescrite dans les livres liturgiques et dans les autres lois et normes. » (Instr. Redemptionis Sacramentum)
Le non-respect des règles liturgiques par un célébrant qui s’emploie à introduire des pratiques personnelles dans une célébration entraîne immanquablement de l’agacement, de la distraction, des divisions et des troubles parmi les fidèles les plus attentifs. C’est aussi la porte ouverte à la diffusion d’idées erronées sur certains points de doctrine. Le célèbre dicton « lex orandi, lex credendi » (à la façon de célébrer correspond une façon de croire) conduit à affirmer qu’une liturgie altérée ne peut que mener vers une foi appauvrie quand elle n’est pas tout bonnement sinistrée, privée de la doctrine qui la soutient. L’Histoire ainsi que les plus récents sondages sur la foi de certains pratiquants nous le montrent.
- la deuxième : que la liturgie ne soit pas parasitée par les explications du célébrant. La liturgie se célèbre, se vit, et le moment où elle est célébrée et vécue n’est pas le moment durant lequel les rites doivent être expliqués. Un rite expliqué au moment où il doit être accompli se transforme en une simple observance qui le détourne de son sens proprement liturgique, qui lui fait perdre son sens profondément symbolique justifiant sa présence et sa place. « Oui mais les gens ne comprennent pas toujours ce qu’ils voient ou ce qu’on leur demande de faire », nous répliquera-t-on. C’est oublier qu’en liturgie il n’est pas nécessaire de tout comprendre pour « vivre » une célébration ; de la même façon, ce n’est pas parce qu’on ne sait pas fabriquer un violon qu’on est incapable de goûter - de « vivre » - un concerto pour violon et orchestre et ce n’est pas parce qu’un nourrisson ne comprend par les mots que lui dit ou chante sa maman que cette dernière doit se taire.
- la troisième : que le célébrant n’apparaisse pas comme « le » pôle de la liturgie. Si son rôle est incontestablement nécessaire pour garantir une célébration liturgique, il n’en demeure pas moins vrai qu’il n’est « que » le « ministre de l’autel » ; autrement dit qu’il doit apparaître le « serviteur discret » de ce que fait invisiblement le Christ sur et autour de l’autel. Par conséquent, tout célébrant qui, d’une façon ou d’une autre, attire l’attention sur lui (que ce soit par ses attitudes, par l’usage qu’il fait du micro, par ses paroles d’accueils...) ne fait que brouiller la liturgie et, partant, perturber la prière officielle de l’Église à laquelle souhaitent pouvoir s’unir les fidèles. On a souvent dit qu’un célébrant doit être comme la vitre d’une fenêtre : aussi invisible que possible pour que le regard ne s’arrête pas à elle mais puisse se porter au-delà d’elle. Au cours de nos liturgies d’ici-bas, ce que le fidèle doit pouvoir percevoir, c’est une image évocatrice de la liturgie qui se célèbre dans la Jérusalem céleste et non un célébrant occupé à accommoder à sa façon des gestes, des attitudes et des prières qui, mis les uns au bout des autres, ne sont plus que l’image d’une Église de plus en plus laïcisée et banalisée qui se contente d’une célébration d’elle-même.


* * * * Jeudi, 22 avril 2021. La relation entre l’architecture et la liturgie : A LIRE ICI

* * * * Jeudi, 22 avril 2021. L’ART DE CÉLÉBRER LA MESSE : GUIDE LITURGIQUE À L’USAGE DES PAROISSES CLIC ICI

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