L'ACTUALITE

* * * * NOUVEAU Mercredi, 3 juin 2020. En Allemagne l’Église catholique doit faire face à une fuite des fidèles telle qu’elle n’en a jamais connue.
En Allemagne, on peut demander à « quitter » officiellement l’Eglise, ce qui a pour conséquence qu’on ne paie plus l’impôt pour le culte mais aussi qu’on ne peut plus demander un « service d’Eglise » tel que mariage, funérailles...
En 2018, ce sont 216 000 fidèles qui ont demandé à être rayés des listes catholiques. Mgr Bätzing, nouveau Président (ultra-progressiste) de la conférence des évêques d’Allemagne, estime qu’en 2020, ce chiffre sera encore en augmentation et s’attend à une « forte baisse » de la taxe ecclésiastique. Certains diocèses de la très riche Eglise catholique d’Allemagne sont dès lors menacés de surendettement.
Dans une région traditionnellement catholique comme la Bavière, le diocèse de Munich, dirigé par le très problématique cardinal Marx, voit ses églises se vider et les vocations s’éteindre.

* * * * NOUVEAU Mercredi, 3 juin 2020. Alors que l’on va célébrer bruyamment, une année durant, le 5ème anniversaire de « Laudate Si » - un document qui paraît déjà fatigué - du pape Français, il serait à propos de relire les articles 7 à 10 du Message pour la paix de Benoît XVI daté du 1er janvier 2008. Tout est dit sur l'environnement de manière pénétrante, dense et magistrale :

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« 7. La famille a besoin d’une maison, d’un milieu à sa mesure où puissent se tisser des relations entre ses membres. S’agissant de la famille humaine, cette maison c’est la terre, le milieu que Dieu Créateur nous a donné pour que nous y habitions de manière créative et responsable. Nous devons avoir soin de l’environnement : il a été confié à l’homme pour qu’il le garde et le protège dans une liberté responsable, en ayant toujours en vue, comme critère d’appréciation, le bien de tous. L’être humain a évidemment une primauté de valeur sur toute la création. Respecter l’environnement ne veut pas dire que l’on considère la nature matérielle ou animale comme plus importante que l’homme. Cela veut plutôt dire que l’individu ne peut la considérer de manière égoïste comme étant à l’entière disposition de ses propres intérêts, car les générations à venir ont aussi le droit de tirer bénéfices de la création, exerçant à son égard, la même liberté responsable que nous revendiquons pour nous-mêmes. Il ne faut pas non plus que les pauvres soient oubliés, eux qui, en bien des cas, sont exclus de la destination universelle des biens de la création. De nos jours, l’humanité s’inquiète pour l’avenir de l’équilibre écologique. À cet égard, il convient que les évaluations se fassent avec prudence, dans un dialogue entre experts et sages, sans précipitations idéologiques vers des conclusions hâtives et surtout en recherchant ensemble un modèle de développement durable qui garantisse le bien-être de tous dans le respect des équilibres écologiques. Si la protection de l’environnement a des coûts, il faut qu’ils soient répartis de manière juste, en tenant compte des différences de développement des divers pays et de la solidarité avec les générations futures. Agir avec prudence ne signifie pas ne pas prendre en main ses responsabilités et renvoyer à plus tard les décisions ; cela veut plutôt dire s’engager à prendre ensemble ces décisions, non sans avoir au préalable examiné, de manière responsable, la voie à emprunter, dans le but de renforcer l’alliance entre l’être humain et l’environnement, qui doit être le miroir de l’amour créateur de Dieu, de qui nous venons et vers qui nous allons.
8. Il est fondamental à cet égard de « penser » la terre comme « notre maison commune » et, pour qu’elle soit au service de tous, d’opter, quand il s’agit de la gérer, pour la voie du dialogue plutôt que pour celle des choix unilatéraux. Si cela est nécessaire, on peut accroître les lieux institutionnels au niveau international, pour mener à bien, de manière concertée, le gouvernement de cette « maison » qui est nôtre ; toutefois, il importe d’abord de faire mûrir dans les consciences la conviction qu’il nous faut collaborer ensemble de manière responsable. Les problèmes qui se profilent à l’horizon sont complexes et urgents. Pour affronter cette situation avec efficacité, il convient d’agir de manière concertée. Il est un domaine où il serait en particulier nécessaire d’intensifier le dialogue entre les nations, c’est celui de la gestion des ressources énergétiques de la planète. À cet égard, les pays technologiquement avancés sont confrontés à une double urgence : il faut, d’une part, qu’ils revoient leurs habitudes exagérées en matière de consommation, liées au modèle actuel de développement et que, d’autre part, ils pourvoient aux investissements adaptés en vue de la diversification des sources d’énergie et de l’amélioration de son utilisation. Les pays émergents ont de grands besoins énergétiques, mais il arrive que ces besoins soient satisfaits au détriment des pays pauvres qui, à cause de l’insuffisance de leurs infrastructures même sur le plan technologique, sont obligés de vendre à bas prix les ressources énergétiques dont ils disposent. Parfois, leur liberté politique elle-même est mise en cause par des formes de protectorat ou tout au moins de conditionnement qui apparaissent clairement humiliantes.
9. Une condition essentielle de la paix dans les familles est que celles-ci s’appuient sur le fondement solide de valeurs spirituelles et éthiques communes. Mais il faut aussi ajouter que la famille fait une authentique expérience de paix quand chacun de ses membres est assuré d’avoir le nécessaire et quand le patrimoine familial - fruit du travail de certains, de l’épargne d'autres et de l’active collaboration de tous - est bien géré, dans la solidarité, sans excès ni gaspillage. Pour qu’il y ait la paix dans la famille, il faut donc que, d’une part, il y ait une ouverture à un patrimoine transcendant de valeurs et que, d’autre part - et cela n’est pas moins important -, il y ait en même temps une bonne gestion tant des biens matériels que des relations entre les personnes. Négliger ces aspects a pour conséquence que la confiance réciproque est compromise en raison des incertitudes qui menacent l’avenir du noyau familial.
10. On peut appliquer ces réflexions à l’autre grande famille qu’est l’humanité dans son ensemble. Alors qu’elle connaît aujourd’hui une unité plus grande du fait de la mondialisation, la famille humaine a, elle aussi, besoin, en plus du fondement de valeurs communes, d’une économie qui puisse répondre vraiment aux exigences d’un bien commun de dimension planétaire. À cet égard, la référence à la famille naturelle se révèle aussi particulièrement significative. Il faut promouvoir des relations justes et sincères entre les individus et entre les peuples, afin que, sur un plan d’égalité et de justice, tous puissent être en mesure de collaborer. En même temps, il faut que l’on mette tout en œuvre pour assurer une sage utilisation des ressources et une distribution équitable des richesses. En particulier, les aides données aux pays pauvres doivent répondre à des critères d’une saine logique économique, en évitant les gaspillages qui, finalement, conduisent surtout au maintien d’appareils bureaucratiques coûteux. Il convient encore de ne pas perdre de vue l’exigence morale, de faire en sorte que l’organisation économique ne résulte pas uniquement des lois rigoureuses du gain immédiat, qui peuvent s’avérer inhumaines. »

* * * * Mardi, 2 juin 2020.
Décédé il y a quelques jours, l’amuseur Guy Bedos, qui n’a jamais manqué une occasion de se moquer de l’Eglise, des papes, de la religion chrétienne... aura droit à un « hommage » rendu dans l’église Saint-Germain-des-Prés de Paris.
Voilà où en sont réduits certains de nos prêtres : organiser, dans des églises, des hommages à des personnes qui ont fait carrière en se moquant des valeurs chrétiennes.
En dehors du fait qu’il n’est absolument pas interdit de prier pour un défunt, quelle qu’ait été son rapport avec une valeur religieuse (l’Eglise prie d’ailleurs « pour tous les défunts » de façon officielle tous les ans à la date du 2 novembre), on peut se demander s’il n’y a vraiment pas d’autres personnes et d’autres lieux pour « rendre un hommage » à quelqu’un qui a fait carrière en raillant toutes les valeurs liées à l’Eglise et ce de la façon la plus grinçante et vulgaire qui soit. N’oublions pas que le paroissien lambda qui était croyant et pratiquant toute sa vie n’a généralement droit, lui, qu’à une cérémonie vite expédiée par un membre de l’ « équipe liturgique » de son secteur paroissial...
Décidément, il faut bien convenir qu’il y a dans l’Eglise d’aujourd’hui un certain nombre de clercs lamentables et indignes du sacerdoce qu’ils entendent exercer.

* * * * Mardi, 2 juin 2020. La récente pandémie a mis en lumière ce que nous constations depuis longtemps : l’état de délabrement de la liturgie. Profitant du confinement, chaque célébrant y est allé de sa « petite messe », de sa « petite célébration » plus ou moins « nunuche » qui se voulait adaptée à la situation du moment. Les fidèles ont eu droit à un panel de « messes-dinettes » célébrées par des pasteurs qui ne savaient pas, ne savaient plus, n’ont jamais su qu’une simple « messe lue » sur un véritable autel d’une chapelle avait plus de sens qu’une eucharistie indigente célébrée sur la table d’un studio de télévision où, à distance - confinement oblige -, trois ou quatre personnes faisaient office de « chanoines » (nom donné aux tuyaux placés sur la façade d’un orgue pour faire beau mais qui ne produisent aucune musique).
Bref, le coronavirus aura été l’occasion, pour les célébrants qui aiment se mettre en scène face à une caméra, d’ajouter du misérabilisme aux pratiques déjà désacralisées qui sont la marque de fabrique d’une majorité de messes paroissiales. Sous prétexte de règles sanitaires à respecter, bien des évêques - n’oublions pas qu’ils sont les premiers responsables de la liturgie - ont poussé le peu qui reste du culte divin dans une sorte de « far West » où chacun était invité à creuser son trou dans l’espoir (souvent déçu) de trouver un peu d’eau fraîche.
Dans cette situation chaotique, il n’est pas inutile de nous tourner vers la Bible. Bien que les Auteurs sacrés n’aient pas eu à faire face à la situation que nous traversons et que l’Écriture Sainte n’ait pas été conçue pour nous donner un programme détaillé pour chaque aspect de la vie ecclésiastique et - a fortiori - liturgique, elle nous fournit tout de même des enseignements lumineux, des méthodes à suivre, des modèles à imiter - ou des exemples de choses à ne pas faire -, des scénarios archétypaux qui se jouent encore et encore ainsi que des jugements concernant un large éventail de situations auxquelles l’émergence de maux actuels peut être comparée.
Un enseignement « incontournable » - comme on dit maintenant - se trouve dans la première épître de saint Paul aux Corinthiens. Au moment où l’Apôtre l’écrivait (vers 57 après J.C.), la liturgie de l’Église était encore assez simple, composée d’éléments empruntés au culte du Temple et de la synagogue enrichis de prières et d’hymnes typiquement chrétiens. Le Temple sera détruit par les Romains une dizaine d’années (en l’an 70) après la rédaction de cette épître ; saint Paul avait donc des idées précises sur la façon dont il fallait organiser le culte chrétien : certains éléments du culte juif devaient être conservés tandis que d’autres devaient être abandonnés. Et saint Paul le dit à la communauté de Corinthe en des termes qui ne laissent pas la moindre ambiguïté, comme nous allons le voir.
Dans le chapitre 1 de sa lettre, l’Apôtre commence par appeler les chrétiens de Corinthe à mettre de côté leurs dissensions et à être tous d’un même avis. Leur liturgie elle-même doit refléter l’unité de l’Église naissante et non les choix de tel groupe, de tel parti.
Paul insiste également sur le fait que la Croix doit être au cœur de la célébration de la foi chrétienne : « Nous prêchons le Christ crucifié », écrit-il. La messe ne procède donc pas d’une mise en scène dépendant de l’habileté de tel ou tel célébrant ; elle est par elle-même la prédication - l’enseignement - de ce qui constitue le cœur de la foi chrétienne : le Christ mort et ressuscité. Ni plus, ni moins !
Au chapitre 2, saint Paul note que seul l’ « homme spirituel » est capable de discerner les choses spirituelles. C’est capital : si nous allons à la messe avec un esprit profane, “non-spirituel”, alors nous ne pouvons rien comprendre à la liturgie et nos célébrations finissent par n’être plus qu’une mascarade enveloppée dans un décorum religieux, sous une sorte de vernis plus ou moins bien conservé pour faire illusion et servir de prétexte. Ce même chapitre 2 annonce ce qui sera explicité plus loin, au chapitre 11, où il est question de savoir discerner le Corps et le Sang du Seigneur dans le pain et le vin consacrés. Savoir discerner... Apprendre à discerner : voilà qui est essentiel en liturgie si nous ne voulons pas rester à la surface des choses. Voilà ce dont est capable l’ « homme spirituel », celui qui s’adonne à la contemplation dirions-nous aujourd’hui.
Au chapitre 3, saint Paul nous explique ce qu’il faut entendre par « homme spirituel ». L’ « homme spirituel » est précisément celui en qui habite le Saint-Esprit. C’est seulement cet homme-là qui peut recevoir dignement la nourriture spirituelle qui nous unit à Dieu dans et par l’amour. Pour cette raison, ne peuvent être respectés et suivis que les successeurs des Apôtres - les évêques - qui apparaissent véritablement habités par l’Esprit qui fait d’eux « les serviteurs du Christ et les gardiens des mystères divins », c’est-à-dire les intendants des sacrements que l’Église a reçus et qu’elle doit communiquer fidèlement (cf. 4, 7).
Dans les chapitres 5 à 8, saint Paul se penche sur les différentes manières dont les chrétiens peuvent pécher en faisant un mauvais usage de leurs corps d’ « hommes spirituels », péchant ainsi contre le Corps du Christ. Ceux qui pèchent dans la chair comprennent les injustes, les impudiques, les idolâtres, les adultères, les efféminés (c’est-à-dire ceux qui affichent “volontairement” des attitudes ambiguës), les crapuleux, les voleurs, les cupides, les ivrognes, ceux qui scandalisent les frères les plus faibles... C’est comme si saint Paul fournissait par avance une liste du genre de personnes qui, aujourd’hui, ne devraient pas recevoir la sainte communion avant de s’être repenties dans le cadre du sacrement du Pardon.
Dans le chapitre 7, l’Apôtre explique comment le célibat librement choisi libère une personne pour la mettre totalement au service du Seigneur. C’est en donnant sa vie dans le Corps du Christ qu’on obtient de pouvoir vivre comme le Christ. Bien que ce raisonnement s’applique au clergé, il concerne aussi les missionnaires comme l’était Paul lui-même et ceux qui se retirent du monde pour se consacrer entièrement à Dieu et qu’on appellera plus tard les moines et les moniales.
Dans le chapitre 10, saint Paul demande aux chrétiens de fuir l’adoration des idoles : « Pas de Pachamama dans les églises », aurait-il pu dire aujourd’hui... Il pose la question : « La coupe de bénédiction n’est-elle pas une participation au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas une participation au corps du Christ ? » Si donc manger de la nourriture offerte au Christ fait de nous des participants à sa divinité, offrir quoi que ce soit à une idole fait de nous des idolâtres, c’est-à-dire des collaborateurs du démon.
Le chapitre 15 parle de la vérité littérale de la résurrection des morts comme fondement de la foi chrétienne : nous attendons la vie éternelle dans la chair avec le Fils de Dieu, qui partage sa chair avec nous dans le sacrifice eucharistique (cf. Jn 6, 53-54). Le réalisme corporel de la résurrection rend l’enseignement de cette épître étonnamment pertinente dans le contexte d’aujourd'hui qui voit se développer un néo-gnosticisme mettant en cause l’intégrité “corps-âme” de la personne humaine.
Le chapitre 11 soulève trois questions directement liées à la messe.
Premièrement, saint Paul conseille aux femmes de se couvrir la tête ; une règle qui fut longtemps observée dans nos régions. On oublie cependant un peu vite qu’elle a toujours cours dans certaines Églises, principalement chez les Orthodoxes et chez les chrétiens orientaux de façon générale.
Deuxièmement, l’Apôtre parle d’ « abus ». Déjà ! De son temps, la coutume de célébrer l’Eucharistie au cours d’un repas ordinaire entraînait des dissensions au sein de la communauté : tandis que certaines personnes mangeaient et buvaient modérément, d’autres outrepassaient les limites et finissaient par avoir des comportements inacceptables et il arrivait que des pauvres, eux, n’aient droit à rien... Saint Paul rappellera que l’Eucharistie n’est pas un repas à proprement parler puisqu’elle trouve son sens dans la mort du Seigneur en croix qui implique que nous ayons pour Lui l’amour qu’Il a eu pour nous.
Ce point capital permet d’aborder un autre sujet : celui de la réception de la communion. L’avertissement qu’il nous donne est sans appel : « Celui qui aura mangé le pain ou bu la coupe du Seigneur d’une manière indigne devra répondre du corps et du sang du Seigneur. (...) Celui qui mange et qui boit mange et boit sa propre condamnation s’il ne discerne pas le corps du Seigneur. » Saint Paul nous invite à examiner notre conscience avant de recevoir le Corps du Christ. Tout, dans la liturgie de l’Église, nous pousse à faire cet examen... à la condition que les rites soient respectés en sorte que soit manifesté le sérieux de la communion. Or, nous le savons, les rites sont si rarement respectés (présence systématique de ministres dits « extraordinaires », absence du plateau de communion, Corps du Christ reçu à la façon d’un gamin recevant un bon point...) que la communion est presque partout devenue une démarche banale ; au point que lors des enterrements, des fidèles qui ne mettent ordinairement jamais les pieds à l’église communient « pour exprimer leur sympathie à la famille du défunt. » Ce n’est pas le sens de la communion eucharistique et il serait bon de le rappeler.
Dans le chapitre 12, saint Paul parle de la bonne répartition des tâches au sein de l’Église et de l'importance de la modestie : deux sujets d’une importance capitale pour une majorité de pratiquants actuels qui vivent, sans toujours en avoir conscience, dans des contextes socio-politiques où règnent la glorification du « moi » et la « dictature du relativisme » si souvent dénoncée par le pape Benoît XVI.
Au chapitre 13, saint Paul aborde deux thèmes : celui de la charité qui ne doit pas être confondue avec le relativisme et l’acceptation de tout et de n’importe quoi, et celui de la nécessité d’abandonner les comportements enfantins (tels ceux qui se sont durablement enracinés dans la liturgie au cours des années 1960-70) : « Quand j’étais petit enfant - écrit l’Apôtre - je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Maintenant que je suis un homme, j’ai dépassé ce qui était propre à l’enfant. » Trop souvent, au cours des messes actuelles, on voit des adultes (aujourd’hui, des personnes d’un « âge certain ») accepter de se conduire de façons infantilisantes et de chanter des petits refrains donnant l’impression d’avoir été composés pour servir d’indicatif à « L’île aux enfants »... Les enfants eux-mêmes - les vrais ! - ne supportent pas de voir des adultes se comporter comme eux, comme des adolescents attardés.
Dans le chapitre 14, saint Paul met en garde contre la recherche de dons charismatiques : ceux-ci doivent être écartés dès lors qu’ils permettent à une personne ou à un groupe - une « chapelle » - de se singulariser. Les charismes authentiques sont ceux qui ont leur source dans l’Église et qui servent son unité. L’Apôtre demande instamment que le culte liturgique soit ordonné et édifiant « car Dieu n’est pas un Dieu de confusion, mais de paix. » Donc, pas d’improvisations ni de pratiques se voulant originales ou d’origine « charismatique » dans la liturgie : ce point capital tant de fois rappelé n’est toujours pas entendu dans nos diocèses où nombre de célébrants qui se croient inspirés s’autorisent à des variations rituelles de leur cru qui divisent et perturbent les fidèles les plus attentifs.
En relisant cette première épître que l’Apôtre Paul adresse aux chrétiens de Corinthe, nous comprenons que la rectitude de la foi, l’unité de l’Église et la charité marchent la main dans la main grâce à des directives liturgiques prudentes qui sont à la fois exigeantes et sanctifiantes pour les fidèles. Il y a, en liturgie, des choses qu’on doit faire et des choses qu’on ne peut pas faire. Saint Paul le disait à son époque ; l’Église nous le redit aujourd’hui. On ne voit nulle part saint Paul préconiser plus de laxisme, plus de décontraction, plus d’options personnelles, moins de sacré... sous prétexte d’attirer davantage de fidèles. Tout au contraire, l’Apôtre demande toujours moins de désinvolture et toujours plus de discipline. Or, au cours de nos messes actuelles qui se prévalent abusivement de la réforme liturgique voulue par le concile Vatican II, on voit que c’est souvent le contraire qui est devenu comme une norme : la désinvolture est devenue comme une habitude et la discipline liturgique n’est intégralement respectée nulle part (à quelques exceptions près). De ce fait, nommer « forme ordinaire » du rite romain ce qui n’est pas la « forme extraordinaire » ne veut plus rien dire du tout. Dans « Le bourgeois gentilhomme » de Molière, le Maître de philosophie pouvait enseigner à M. Jourdain que « tout ce qui n’est point prose est vers ; et tout ce qui n’est point vers est prose. » Aujourd’hui, dans l’Église, il n’est aucun évêque qui puisse faire croire que « tout ce qui n’est pas “extraordinaire” est ordinaire et tout ce qui n’est pas “ordinaire” est “extraordinaire”. » Car dans les faits, toute forme de la liturgie qui n’est pas « extraordinaire » est davantage bancale qu’incontestablement « ordinaire ».
Jamais, au cours des siècles passés, les pasteurs de l’Église catholique n’ont laissé la liturgie être dégradée autant qu’elle l’a été au cours du dernier demi-siècle. Certes, il y a eu des périodes sombres et des problèmes épineux au Moyen Âge et à la Renaissance ; mais à ces époques-là, les moyens pour les connaître et les juguler rapidement faisaient défaut. Aujourd’hui, ces moyens existent et sont à notre disposition ; mais la liturgie doit faire face à un autre problème : l’indifférence de la Hiérarchie face aux abus et parfois même les encouragements à multiplier les dérèglements que condamne expressément saint Paul. Le mal qui ronge la liturgie aujourd’hui est donc très différent - au niveau qualitatif - des maux qu’a dû surmonter le Culte divin à certaines époques passées.
Nos pasteurs ont-ils le souci de célébrer correctement la liturgie de l’Église ? Si oui, alors ils trouveront dans la première épître que saint Paul adresse aux Corinthiens des principes qui leur permettront de faire un bon examen de conscience. Ce n’est qu’à ce prix qu’ils seront fidèles à leur sacerdoce et ne déformeront pas ce qui constitue le socle de la célébration de la foi en même temps que le culte vraiment digne du Dieu Tout-Puissant.


* * * * Lundi, 1er juin 2020.
A Velbert-Neviges, le plus célèbre et le plus ancien pèlerinage au nord des Alpes dédié à la Vierge Marie, dépend de l’archidiocèse de Cologne (D). Il était jusqu’ici sous la responsabilité des Franciscains.
Il va y avoir du changement ! A partir de septembre, en effet, ce seront trois prêtres de la Communauté de Saint-Martin qui s’occuperont de Velbert-Neviges et seront chargés de développer le centre spirituel dont s’occupaient les Franciscains. Les trois prêtres désignés sont l’abbé Thomas Diradourian, théologien et spécialiste en liturgie, qui sera nommé curé, l’abbé Ignace Duchatel, qui sera vicaire, et l’abbé Phil Dieckhoff qui sera aumônier.
Le diocèse de Cologne précise que « la Communauté Saint Martin est une association de prêtres et de diacres de droit pontifical dont la maison mère et le séminaire sont situés à Évron dans l’ouest de la France. La communauté a été fondée en 1976 par l’Abbé Jean-François Guérin dans le cadre du renouveau initié par le concile Vatican II. »
Précisons que l’Abbé Guérin tenait à ce que la liturgie restaurée à la suite de « Sacrosanctum Concilium » soit respectée telle qu’elle est donnée dans le Missel dit « de Paul VI ». Pour cette raison, l’Abbé Guérin fut critiqué par les évêques français qui voyaient en lui un « crypto-traditionaliste » (on était alors dans les années les plus sombres de l’après-concile) et dut chercher un soutien auprès du cardinal Siri, archevêque de Gênes (I) qui l’accueillit bien volontiers et ordonna les premiers prêtres de la Communauté qui venait de naître. En France, le premier évêque qui fit appel aux prêtres de la Communauté Saint-Martin fut Mgr Madec, alors évêque de Fréjus et Toulon. La suite de l’histoire est mieux connue...

* * * * Lundi, 1er juin 2020. Le diocèse de Strasbourg annonce qu’à Colmar, une messe « tridentine » (i.e. célébrée selon la forme « extraordinaire ») sera célébrée tous les dimanches à 10h.30 à l’église Saint-Joseph. Le communiqué laisse entendre que partout ailleurs, les messes sont célébrées selon la forme « ordinaire ». Il s’agit d’une désinformation : partout ailleurs, les messes sont célébrées selon des formes approchant plus ou moins - généralement moins - la forme « ordinaire » mais ne respectant jamais le Missel romain révisé à la suite de Vatican II.
Cette façon de faire passer pour la forme « ordinaire » toutes les liturgies fantaisistes qu’on trouve dans les paroisses procède ni plus ni moins que d’une tromperie. Il suffit, pour s’en rendre compte, de connaître la liturgie actuelle (la Présentation générale du Missel romain peut être consultée ici) et de la comparer avec ce qui se fait dans les églises paroissiales : on s’aperçoit alors que partout, on est loin de la mise en œuvre fidèle de ce qu’est véritablement la forme « ordinaire ». N’en déplaise à nos responsables diocésains.


* * * * Lundi, 1er juin 2020.
Mme Anne Soupa et ses consœurs souhaitent que les femmes puissent avoir une plus grande place dans l’Église. A l’évidence, Mme Soupa ne consulte jamais les sites internet des « ensembles paroissiaux » dont la création a été rendue nécessaire par suite du manque de prêtres : un curé, plusieurs clochers... et des fidèles engagés dans des tâches diverses, parfois utiles pour aider un curé « overbooké », assez souvent inutiles aussi.
Si donc Mme Soupa consultait ces sites, elle constaterait que les laïcs dits « engagés » sont majoritairement des laïques, que les « animateurs » sont tout aussi majoritairement des « animatrices », que les « coopérateurs pastoraux » sont pareillement des « coopératrices pastorales »... Bref, dans les « ensembles paroissiaux », les femmes sont très largement sur-représentées : on est très loin de la parité hommes-femmes ! Une telle situation aboutit inévitablement à une « dévirilisation » de l’Église et, par contrecoup, au développement d’une sensiblerie qui, tel le jeune coucou qui pousse hors du nid qui n’est pas le sien les oisillons dont il veut prendre la place, pousse hors des célébrations eucharistiques tous les rites qui font la spécificité de la liturgie catholique.


* * * * Lundi, 1er juin 2020.
Un internaute toulousain a envoyé au service de presse de la Conférence des évêques de Belgique le message suivant :
« Ayant suivi les deux dernières messes diffusées en eurovision, j’ai été navré (et le mot est faible) par les initiatives que le célébrant s'est permis de prendre.
Le premier point que j’ai noté (avec dépit et regret) est que ce prêtre a quelque difficulté avec le terme de “sacrifice” puisqu'il a pris soin (à l’une comme à l’autre des deux messes citées) de le remplacer par celui d’ “eucharistie” (“Prions ensemble au moment d’offrir l’eucharistie de toute l’Eglise”).
L’Église, mère de Sagesse, nous donne un rituel, autrement dit un recueil de textes, fruit d’un précieux héritage. Modifier à l’envi ces textes aboutit à une dérive, non seulement dans la forme mais, plus gravement, dans le sens. La forme de notre prière ne dit-elle pas aussi notre foi ? Lex orandi, Lex credendi...
Deuxième point : j’ai été encore plus grandement interloqué par cette pratique, plus qu’insolite, consistant à prononcer les paroles consécratoires en laissant les oblats sur l’autel et à ne se saisir de ceux-ci qu'une fois les saintes paroles prononcées pour procéder (quand-même) à l’élévation.
Troisième point : un point de doctrine pour lequel je me permets de retranscrire ci-après un passage de l’homélie de ce 31 mai : « Avec de telles paroles libres, qui libèrent, et des gestes qui prennent soin, nous rendons alors enfin à Dieu la liberté d’être ce qu’il est ! Loin de notre langage parfois trop religieux, cloisonnant le divin dans des pratiques ou des formules... » Je crains fort que ce prêtre ne soit pas non plus très à l'aise avec l’idée de la Toute-Puissance de Dieu qui n’est qu’une autre face de sa Liberté. « Rendons à Dieu la liberté d’être ce qu’il est... » Quel non-sens !
Ensuite, se départir « des pratiques et des formules », n’est-ce pas aboutir au relativisme subjectiviste que nous connaissons et à une foi indifférenciée qui n’a plus rien à voir avec les articles de notre Credo ?
Quant à l'appel au décloisonnement du divin... Eh bien, à voir les rangs très clairsemés de nos assemblées, il semble qu’il soit bien amorcé.
Alors, de grâce ! Assez des dérives liturgiques (improvisations en tout genre) que les fidèles catholiques subissent sans maugréer depuis bien trop d'années.
Assez des discours horizontalo-humanistes : cela a déjà été amplement fait et avec quels dégâts !
Est-il besoin de rappeler que ces mêmes fidèles ont droit aux sacrements dans la forme prévue ? Le retour à un peu de bon sens et surtout d’humilité pourrait remettre sur le chemin que la sainte Église leur demande de suivre.
Le Saint Évangile nous met en garde contre ces faux pasteurs qui viendront et chercheront à égarer le troupeau qui leur a été confié, mais les brebis n'écouteront pas leurs voix.
En Esprit de vérité. »

* * * * Samedi, 30 mai 2020. Chers frères et sœurs !
Nous célébrons aujourd’hui la grande solennité de la Pentecôte. Si, en un certain sens, toutes les solennités liturgiques de l’Eglise sont grandes, celle de la Pentecôte l’est d’une manière particulière, parce qu’elle marque, au bout de cinquante jours, l’accomplissement de l’événement de la Pâque, de la mort et de la résurrection du Seigneur Jésus, à travers le don de l’Esprit du Ressuscité.
L’Eglise nous a préparés à la Pentecôte ces jours derniers, à travers sa prière, avec l’invocation répétée et intense à Dieu pour obtenir une effusion renouvelée de l’Esprit Saint sur nous. L’Eglise a revécu ainsi ce qui est advenu à ses origines, lorsque les Apôtres, réunis au Cénacle de Jérusalem, « étaient assidus à la prière avec quelques femmes, dont Marie, mère de Jésus, et avec ses frères » (Ac 1, 14). Ils étaient réunis dans l’attente humble et confiante que s’accomplisse la promesse du Père qui leur avait été communiquée par Jésus: « C’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés sous peu de jours... vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous » (Ac 1, 5.8).
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Dans la liturgie de la Pentecôte, au récit des Actes des Apôtres sur la naissance de l’Eglise (cf. Ac 2, 1-11), correspond le Psaume 103 que nous avons écouté, une louange de toute la création, qui exalte l’Esprit Créateur qui a fait toute chose avec sagesse : « Que tes œuvres sont nombreuses, Seigneur ! Toutes avec sagesse tu les fis, la terre est remplie de ta richesse... A jamais soit la gloire du Seigneur, que le Seigneur se réjouisse en ses œuvres ! » (Ps 103, 24-31). Ce que veut nous dire l’Eglise est ceci : l’Esprit créateur de toute chose, et l’Esprit Saint que le Christ a fait descendre du Père sur la communauté des disciples, sont un et identique ; création et rédemption s’appartiennent réciproquement et constituent, en profondeur, un unique mystère d’amour et de salut. L’Esprit Saint est avant tout Esprit Créateur et donc la Pentecôte est aussi fête de la création. Pour nous chrétiens, le monde est le fruit d’un acte d’amour de Dieu, qui a fait toute chose et duquel Il se réjouit parce que « cela est bon », « cela est très bon », comme le dit le récit de la création (cf. Gn 1, 1-31). Dieu n’est pas le totalement Autre, innommable et obscur. Dieu se révèle, il a un visage, Dieu est raison, Dieu est volonté, Dieu est amour, Dieu est beauté. La foi dans l’Esprit Créateur et la foi dans l’Esprit que le Christ Ressuscité a donné aux Apôtres et donne à chacun de nous, sont alors inséparablement liées.
La deuxième lecture et l’Evangile d’aujourd’hui nous montrent ce lien. L’Esprit Saint est Celui qui nous fait reconnaître en Christ le Seigneur, et nous fait prononcer la profession de foi de l’Eglise : « Jésus est Seigneur » (cf. 1 Co 12, 3b). “Seigneur” est le titre attribué à Dieu dans l’Ancien Testament, titre qui dans la lecture de la Bible prenait la place de son nom imprononçable. Le Credo de l’Eglise n’est rien d’autre que le développement de ce qui est dit à travers cette simple affirmation : « Jésus est Seigneur ». De cette profession de foi, saint Paul nous dit qu’il s’agit précisément de la parole et de l’œuvre de l’Esprit. Si nous voulons être dans l’Esprit Saint, nous devons adhérer à ce Credo. En le faisant nôtre, en l’acceptant comme notre parole, nous accédons à l’œuvre de l’Esprit Saint. L’expression « Jésus est Seigneur » peut se lire dans les deux sens. Elle signifie : Jésus est Dieu, et dans le même temps, Dieu est Jésus.
L’Esprit Saint éclaire cette réciprocité : Jésus a une dignité divine et Dieu a le visage humain de Jésus. Dieu se montre en Jésus et il nous donne ainsi la vérité sur nous-mêmes. Se laisser éclairer en profondeur par cette parole, tel est l’événement de la Pentecôte. En récitant le Credo nous entrons dans le mystère de la première Pentecôte : après le désordre de Babel, de ces voix qui crient l’une contre l’autre, a lieu une transformation radicale : la multiplicité se fait unité multiforme, à travers le pouvoir unificateur de la Vérité grandit la compréhension. Dans le Credo qui nous unit de tous les coins de la Terre, qui, à travers l’Esprit Saint, fait en sorte que l’on se comprenne même dans la diversité des langues, à travers la foi, l’espérance et l’amour, se forme la nouvelle communauté de l’Eglise de Dieu.
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Le passage évangélique nous offre ensuite une merveilleuse image pour éclairer le lien entre Jésus, l’Esprit Saint et le Père : l’Esprit Saint est représenté comme le souffle de Jésus Christ ressuscité (cf. Jn 20, 22). L’évangéliste Jean reprend ici une image du récit de la création, là où il est dit que Dieu souffla dans les narines de l’homme une haleine de vie (cf. Gn 2, 7). Le souffle de Dieu est vie. Aujourd’hui le Seigneur souffle dans notre âme la nouvelle haleine de vie, l’Esprit Saint, son essence la plus intime, et il l’accueille de cette manière dans la famille de Dieu. A travers le baptême et la confirmation nous est fait ce don de manière spécifique, et à travers les sacrements de l’Eucharistie et de la pénitence, il se répète continuellement : le Seigneur souffle dans notre âme une haleine de vie. Tous les sacrements, chacun à leur manière, communiquent à l’homme la vie divine, grâce à l’Esprit Saint qui œuvre en eux.
Dans la liturgie d’aujourd’hui nous saisissons encore un lien supplémentaire. L’Esprit Saint est Créateur, il est dans le même temps Esprit de Jésus Christ, mais d’une façon que le Père, le Fils et l’Esprit Saint sont un seul et unique Dieu. Et à la lumière de la première Lecture nous pouvons ajouter : l’Esprit Saint anime l’Eglise. Elle ne dérive pas de la volonté humaine, de la réflexion, de l’habileté de l’homme ou de sa grande capacité d’organisation, car s’il en était ainsi, elle se serait déjà éteinte depuis longtemps, comme passe toute chose humaine. L’Eglise en revanche est le Corps du Christ, animé par l’Esprit Saint. Les images du vent et du feu, utilisées par saint Luc pour représenter la venue de l’Esprit Saint (cf. Ac 2, 2-3), rappellent le Sinaï, où Dieu s’est révélé au peuple d’Israël et lui avait concédé son alliance ; « la montagne du Sinaï était toute fumante - lit-on dans le Livre de l’Exode -, parce que le Seigneur y était descendu dans le feu » (19, 18). En effet, Israël fêta le cinquantième jour après Pâques, après la commémoration de la fuite de l’Egypte, comme la fête du Sinaï, la fête du Pacte.
Quand saint Luc parle de langues de feu pour représenter l’Esprit Saint, on rappelle l’antique Pacte, établi sur la base de la Loi reçue par Israël sur le Sinaï. Ainsi, l’événement de la Pentecôte est représenté comme un nouveau Sinaï, comme le don d’un nouveau Pacte où l’alliance avec Israël est étendue à tous les peuples de la Terre, où tombent toutes les barrières de l’ancienne Loi et apparaît son cœur le plus saint et immuable, c’est-à-dire l’amour, que l’Esprit Saint justement communique et diffuse, l’amour qui embrasse toute chose. Dans le même temps, la Loi s’élargit, s’ouvre, tout en devenant plus simple : c’est le Nouveau Pacte, que l’Esprit « écrit » dans les cœurs de ceux qui croient dans le Christ. L’extension du Pacte à tous les peuples de la Terre est représentée par saint Luc à travers une énumération de populations considérables pour cette époque (cf. Ac 2, 9-11). A travers cela, une chose très importante nous est ainsi communiquée : que l’Eglise est catholique dès le premier moment, que son universalité n’est pas le fruit de l’agrégation successive de différentes communautés. Dès le premier instant, en effet, l’Esprit Saint l’a créée comme l’Eglise de tous les peuples ; elle embrasse le monde entier, dépasse toutes les frontières de race, de classe, de nation ; elle abat toutes les barrières et unit les hommes dans la profession du Dieu un et trine. Dès le début, l’Eglise est une, catholique et apostolique : c’est sa vraie nature et elle doit être reconnue comme telle. Elle est sainte non pas grâce à la capacité de ses membres, mais parce que Dieu lui-même, avec son Esprit, la crée, la purifie et la sanctifie toujours.
Enfin l’Evangile d’aujourd’hui nous offre cette très belle expression : « Les disciples furent remplis de joie à la vue du Seigneur » (Jn 20, 20). Ces paroles sont profondément humaines. L’Ami perdu est à nouveau présent, et qui était jusque là bouleversé se réjouit. Mais celle-ci nous dit bien davantage. Parce que l’Ami perdu ne vient pas d’un lieu quelconque, mais de la nuit de la mort ; et Il l’a traversée ! Il n’est plus un parmi d’autres, mais il est l’Ami et dans le même temps Celui qui est la Vérité qui fait vivre les hommes ; et ce qu’il donne n’est pas une joie quelconque, mais c’est la joie même, don de l’Esprit Saint. Oui, il est bon de vivre parce que je suis aimé, et c’est la Vérité qui m’aime. Les disciples furent remplis de joie, en voyant le Seigneur.
Aujourd’hui, à la Pentecôte, cette expression nous est destinée aussi, parce que dans la foi nous pouvons Le voir ; dans la foi Il vient parmi nous et à nous aussi Il nous montre ses mains et son côté, et nous en sommes remplis de joie. C’est pourquoi nous voulons prier : Seigneur, montre-toi ! Fais-nous le don de ta présence, et nous aurons le don le plus beau: ta joie. Amen !

Homélie donnée par le pape Benoît XVI le 12 juin 2011


* * * * Samedi, 30 mai 2020. Les chants de la liturgie de la Pentecôte :
- Chant d’entrée :
Spiritus Domini replevit orbem terrarum...
- Chant après la première Lecture :
Alleluia, emitte Spiritum tuum...
- Chant après la deuxième Lecture :
Alleluia, veni Sancte Spiritus...
- Séquence :
Veni Sancte Spiritus...
- Chant de communion :
Factus est repente...

-
Deus ad adiuvandum me festina...
- L’hymne des vêpres :
Veni Creator...
- La
première antienne et le psaume 109...
- la
deuxième antienne et le psaume 110...
...
-
Le répons (ton solennel)...
-
L’antienne du Magnificat et le Magnificat...

* * * * Samedi, 30 mai 2020. Il y a quelques jours, donc juste avant la Pentecôte, Mgr Georg Bätzing, évêque du Limbourg et nouveau président de la Conférence des évêques d’Allemagne, s’est exprimé dans le journal de “Publikforum” qui est la voix des “catholique de gauche” (ou si l’on préfère, de ceux qui se croient encore catholiques alors qu’ils ne le sont plus). Mgr Georg Bätzing s’est dit favorable à la bénédiction des couples gays dans l’Église catholique.
La « Chemin synodal » qui conduit à faire fuir les fidèles qui souhaitent garder la foi catholique, est clairement défendue par Mgr Bätzing. Selon lui, « il y aura des coalitions qui provoqueront des changements dans l’Église ». Partisan du principe selon lequel plus une idée est stupide plus elle doit être qualifiée de « catholique », l’évêque annonce clairement dans la direction qu’il prend : selon nous, c’est celle de l’apostasie. Preuve en est qu’il est favorable à la participation de chrétiens d’autres confessions (luthériens, calvinistes, néo-trucmachins...) à l’Eucharistie. Tout dépend de la conscience de chacun.
Mgr Bätzing est aussi favorable à l’ordination sacerdotale des femmes et souhaite que, dans cette optique, certaines formulations du Catéchisme soient revues.
Il est évident que le président de la Conférence des évêques d’Allemagne se sent comme un poisson dans l’eau au milieu des mouvements les plus progressistes et les plus délirants comme « Maria 2.0 » et « We are Church ».
Les séminaires et les paroisses d’Allemagne n’ont pas fini de se vider avec de tels pasteurs impies !

* * * * Vendredi, 29 mai 2020. Les décisions prises par la Conférence des évêques de France durant l’épidémie de coronavirus prouve ce que nous avions deviné depuis longtemps, à savoir que les mitrés les plus influents de cette organisation autoréférentielle sont nettement plus préoccupés de défendre leur bureaucratie qui tourne à vide qu’à défendre la foi catholique.

* * * * Vendredi, 29 mai 2020. Il serait très utile d’afficher dans toutes les sacristies ce mot de l’Auteur de “L’imitation de Jésus-Christ” : « Voulez-vous apprendre et savoir quelque chose qui vous serve ? Aimez à vivre inconnu et à n’être compté pour rien ».
Ce n’est qu’après avoir médité ce sage conseil que les ministres de l’autel pourraient célébrer la liturgie de façon fructueuse tant pour eux que pour les fidèles présents.


* * * * Jeudi, 28 mai 2020. Qu’est-ce qu’un “vrai célébrant” ?
Les fidèles chrétiens ne pourront pas bénéficier de liturgies dignes, belles et vraiment profondes tant que les célébrations seront présidées par des prêtres incapables d’intérioriser “l’éthos” qu’impose la liturgie, à savoir cette manière d’être faite de dignité, d’effacement et de réserve qui seule peut faire du prêtre un “pontifex”, c’est-à-dire un “constructeur de ponts” entre Dieu et les hommes.
Inutile de répéter que cette attitude est très peu présente chez la plupart de nos célébrants, qui se trouvent alors être plus des obstacles et des empêcheurs de prier qu’autre chose…
Nous autres, fidèles, sommes lassés de devoir supporter, dimanche après dimanche, les personnalités envahissantes de nombre de nos clercs en mal de mises en scène. Nous sommes fatigués d’avoir à subir au cours des célébrations dominicales leurs interminables commentaires, leurs discours vides, leurs simagrées bien souvent grotesques, leurs attitudes tantôt puériles tantôt compassées, mais toujours superficielles... Y aurait-il en eux une forme de peur-panique d’avoir à descendre jusqu’aux profondeurs de leur vie intérieure, et de réaliser à quel point celle-ci est vide ? C’est en tout cas l’impression que nous donne un certain nombre d’entre eux.
Ce que nous demandons au clergé n’est pourtant pas bien compliqué ! Nous n’exigeons pas de nos prêtres qu’ils soient de grands saints ou de grands mystiques. Nous savons que la misère humaine est peut-être la chose au monde la mieux partagée et la mieux répartie, et que le clergé n’en est pas épargné. Non ! Nous ne leur demandons qu’une chose : qu’ils soient de “vrais célébrants”.
Mais qu’est-ce qu’un “vrai célébrant” ?
Le vrai célébrant est celui qui est conscient de sa propre misère, de ses limites, et qui par conséquent sait se taire et s’effacer derrière le rite, de peur d’infliger cette misère et ces limites aux fidèles présents.
Le “vrai célébrant” est celui qui est convaincu que ce que l’Eglise a à dire est plus important que ce qu’il a lui-même à dire. C’est pourquoi il se contente de proclamer les prières prescrites par l’Eglise et de réserver ses prières privées pour son for intérieur.
Le “vrai célébrant” est celui qui sait que le cœur de toute liturgie, l’acteur-animateur de toute célébration, c’est le Christ vivant, et non sa propre personne ; c’est pourquoi il s’emploie à manifester, par sa propre manière d’être effacé et de célébrer dignement, cette centralité de Dieu.
Le “vrai célébrant” est celui qui sait que la liturgie est d’abord prière du cœur ; c’est pourquoi il s’attache à bannir tout geste, toute parole, toute attitude qui n’est pas prière, qui n’exprime pas la prière, qui ne porte pas à la prière.
Le “vrai célébrant” est celui qui sait que l’héritage choral, rituel, artistique et symbolique légué par la Tradition immémoriale de l’Eglise exprimera toujours mieux la foi que ses propres idées, inventions et créations ; c’est pourquoi il s’attache à toujours célébrer la sainte Liturgie dans la fidélité à l’esprit et à la forme de cette Tradition vivante, sans chercher sans cesse à tout réinventer en fonction de l’assistance ou d’un groupe de fidèles.
Le “vrai célébrant” est celui qui sait que la liturgie n’est pas sa propriété mais celle de l’Eglise. Il est aussi celui qui sait que la liturgie exprime une foi objective et universelle, que certes elle doit toucher les cœurs mais qu’elle n’est pas un “attrape-nigaud” conçue pour attirer les fidèles ; par conséquent il se garde bien d’introduire dans la célébration tout ce qui se rattache à des modes passagères, peut-être provisoirement populaires mais toujours mondaines et superficielles.
Bref, un “vrai célébrant”, c’est un prêtre qui, stable sur le plan émotionnel et psychologique, se sait pécheur ; et qui non seulement se sait pauvre, mais qui, en fils de l’Eglise et ministre de cette même Eglise, sait que le remède au péché, c’est le Christ, donné aux hommes par l’Eglise à travers la sainte liturgie.
Voilà ce que nous attendons de nos prêtres ! Voilà ce qu’ils devraient être et comment ils devraient apparaître lorsqu’ils accèdent à l’autel du Seigneur.


* * * * Jeudi, 28 mai 2020. La Consécration du pain et du vin, qui découle des paroles de Jésus : « Faites ceci en mémoire de moi », est le moment important de la liturgie. Pas uniquement de la liturgie eucharistique : de la liturgie en général. Car les Offices - vêpres, complies... etc. - ont aussi un lien étroit avec la liturgie eucharistique : ils la prolongent et y mènent.
Pour mieux saisir le vrai sens de la consécration, il ne faut jamais oublier qu’à ce moment de la messe plus qu’à tout autre, le prêtre est Jésus-Christ lui-même. La personne du ministre, du célébrant, doit se faire totalement oublier, doit pour ainsi dire se cacher. D’où le grand intérêt qu’on a à célébrer la messe “versus orientem”, depuis l’offertoire qui prépare la consécration jusqu’à la communion qui l’achève.
Au moment de la consécration, le prêtre pose la grande action pour laquelle il a été député au moment de son ordination sacerdotale : il consacre, offre et donne la “victime divine”, pour reprendre l’expression employée ou l’idée suggérée dans les prières eucharistiques.
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Tout ce que fait le prêtre au moment de la consécration ne peut être réalisé qu’en vertu de l’influx du Christ. C’est ce qui explique que le prêtre doit particulièrement veiller à ne pas se faire passer pour un narrateur ou pour un acteur : il ne raconte pas la dernière Cène ; il ne la mime pas non plus . Il doit s’abstenir de tout ton affecté ; il ne doit pas “rejouer” la Cène, comme essaient de la faire, par exemple, ceux qui brisent l’hostie en disant : « ... le rompit ». Les paroles et les gestes ritualisés transmis par l’Eglise sont efficaces par le fait même qu’elles sont dites/accomplis et non en vertu de la conviction du célébrant ou de ses états d’âme.
Quelles sont les paroles de la consécration ? Après quelques mots d’introduction qui varient selon la Prière eucharistique employée, on retrouve partout la même formule : « accepit panem... hoc est Corpus meum... hic est calix Sanguinis mei... hoc fatice in meam commemorationem. »
Quels sont les gestes ? Ils sont au nombre de cinq :
- le signe de croix tracé au-dessus du pain et du vin ;
- la très légère élévation au dessus de l’autel de l’hostie puis du calice au moment de prononcer les paroles consécratoires ;
- l’inclinaison du prêtre au-dessus de l’hostie puis au-dessus du calice au moment de dire les paroles de la consécration, les deux mains tenant l’hostie à peine levée au-dessus de l’autel (idem pour le calice) ;
- l’élévation de l’hostie (tenue des deux mains entre le pouce et l’index) puis du calice (jamais l’hostie et le calice ensemble) ;
- la génuflexion après chacune des deux élévations.
La Prière eucharistique I (ou “Canon romain”) ajoute un sixième geste : en disant « ... et elevatis oculis in caelum... », le célébrant lève les yeux, dirige son regard vers le haut.
En parlant de la consécration, les liturgistes du Moyen-Âge ont enseigné que le signe de croix et la formule consécratoire faisaient changer la nature du pain et du vin. Si la parole est ici l’élément essentiel, le signe de croix a également un rôle : il marque la relation définitive entre la croix et l’autel. D’où aussi - en toute bonne logique - l’importance de célébrer sur des autels qui soient... des autels par leurs formes et leurs dimension, et non des guéridons ou des assemblages de planches ressemblant plus ou moins à des tables. Quand bien même les prévaudrait-on d’une valeur artistique.
De quand date l’introduction de l’élévation au moment de la consécration ? Pourquoi la liturgie romaine a-t-elle adopté ce rite ? Jusqu’au XIIe siècle, il n’y avait qu’une seule élévation : celle du calice et de l’hostie ensemble à la fin de la Prière eucharistique, avant le “Pater noster”. C’est cette élévation-là qui a pris plus tard le nom de “petite élévation”. Quand la liturgie romaine a-t-elle placé une seconde élévation au cœur du Canon ? Une explication plausible a été donnée par le P. Thurston dans les “Etudes théologiques” : « [Vers la fin du XIIe siècle], quelques docteurs de l’université de Paris, entre autres les Chanceliers Pierre Cantor et Pierre Comestor, enseignaient que la transsubstantiation du pain ne s’opère qu’en même temps que celle du vin, au moment où les paroles de la seconde consécration sont prononcées sur le calice. Les adversaires de cette opinion, qui fut bientôt abandonnée, commencèrent, en signe de protestation, à adorer l’hostie par une génuflexion et à l’élever de façon à la montrer aux regards et aux adorations du peuple, immédiatement après la consécration du pain. Bientôt, on fit de même, après la consécration du calice. Ce fut l’Evêque de Paris, Eudes de Sully (1191-1208) qui donna la première ordonnance en ce sens ; mais dans la première moitié du XIIIe siècle, elle fut reprise et reproduite dans beaucoup d’autres localités et la coutume se généralisa bientôt. »
Quant aux génuflexions du célébrant (réduites à 2 au lieu de 4 dans la forme “ordinaire” de la liturgie romaine mise en œuvre à la suite de Vatican II), elles ne devinrent obligatoires qu’à partir de l’apparition du missel “de S. Pie V”, en 1570. Dans ce missel, en effet, à la fin des formules consécratoires, le célébrant ajoute : « Haec quotiescumque faceritis, in mei memoriam facietis. » La restauration liturgique voulue par Vatican II a remplacé cette formulation par : « Hoc facite in meam commemorationem » qui sont les paroles de Jésus lui-même telles que reprises dans l’Evangile selon S. Luc. Elles rappellent le caractère commémoratif - au sens catholique du terme - et à la fois actuel du sacrifice célébré par la liturgie eucharistique.

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