L'ACTUALITE DU JOUR

* * * * NOUVEAU Mercredi, 14 novembre 2018. Lors de nos dernières Assemblées générales, nous avions lancé un appel pressant à nos membres : aidez-nous à faire vivre Pro Liturgia, sans quoi il sera difficile de poursuivre notre action !
Suite à ces appels, beaucoup nous demandent aujourd’hui de préciser de quelle manière concrète ils peuvent nous aider. Nous les remercions par avance. L’aide dont nous avons besoin relève au moins de trois domaines bien distincts.
Premièrement une aide technique : nous cherchons parmi nos membres ou amis quelqu’un qui maîtrise la mise en place et la gestion d’un site internet. Quelqu’un qui accepterait d’étudier les possibilités de développement de notre site actuel (lequel fonctionne avec un logiciel adapté à notre ordinateur Imac), et de le gérer, sur le plan technique, en lien avec le président de Pro Liturgia.
Deuxièmement, la participation active de chacun d’entre nous est absolument nécessaire pour que les textes du magistère, sur lesquels s’appuie notre réflexion, ne restent pas lettre morte. Pour cela, dans un premier temps, chaque membre de Pro Liturgia est appelé à s’astreindre, selon ce qui est dit dans la Charte de Pro Liturgia au n°6, à lire et relire sans cesse les textes majeurs que sont : la Constitution sur la Liturgie “
Sacrosanctum Concilium” du Concile Vatican II, la “Présentation Générale du Missel Romain”, et l’Exhortation post-synodale “Sacramentum Caritatis” sur l’Eucharistie source et sommet de la vie et de la mission de l’Eglise. Lire en s’imprégnant de leur esprit et de leurs enseignements véritables. Les lire afin de pouvoir comparer ce qu’ils disent avec ce qui se passe, ce qui se fait, ce qu’on voit et entend dans les églises habituellement fréquentées par chacun d’entre nous, pour in fine, pouvoir relever de façon objective les différences, les manques, les abus liturgiques courants ou imposés occasionnellement. L’étape suivante consistera alors à envoyer un courrier au curé de la paroisse : exposer les problèmes constatés en indiquant bien les références précises tirées des textes ci-dessus, et demander pour quelle raison théologique on s’est éloigné des règles liturgiques établies et transmises par l’Eglise.
Nous disons bien « raison théologique », et il faut insister là-dessus car, inévitablement, les réponses obtenues - s’il y a réponse… - parleront de « raisons pastorales » : « Nous faisons ainsi pour que les gens comprennent mieux, pour attirer les jeunes, pour favoriser la convivialité... etc. » Mais ce n’est pas notre propos : la liturgie est la liturgie de l’Eglise, pas ma liturgie ou ta liturgie. Il nous faut absolument rester fermes sur notre propos, à savoir que la liturgie nous est donnée par l’Eglise et rien que par elle, qu’elle n’est pas le produit de nos réflexions, de nos arrangements, de nos aspirations, de nos goûts ; que le missel romain n’est pas ce vers quoi on se tourne lorsqu’on n’a pas le temps ou la capacité de faire autrement, mais le livre de référence de toute liturgie catholique.
De plus, la notion de pastorale est une notion on ne peut plus floue, un « fourre-tout » selon l’expression du Cardinal Ratzinger qui sert à justifier tout et son contraire, et ayant provoqué plus de rejets que d’adhésions.
Troisièmement, il faut alimenter notre site et nos bulletins en textes de réflexion, en comptes rendus de lectures solides, en témoignages. Nombreux sont ceux qui se disent prêts, mais peu de choses nous arrivent effectivement… C’est bien dommage !
Il faut que Pro Liturgia se mobilise, que chacun de ses membres s’implique et agisse.
Nous comptons sur tous nos membres et amis !

Monique Haushalter, Secrétaire.

* * * * NOUVEAU Mercredi, 14 novembre 2018. Les messes “festives” dans deux paroisses du secteur de Colmar (dioc. de Strasbourg) distantes de 5km. :
- à Wintzenheim (
cliquer ici) et observez la moyenne d’âge des pratiquants occasionnels...
- à Logelbach (
cliquer ici) et observez le nombre de jeunes... (Chant final du “Te Deum” en allemand)

* * * * NOUVEAU Mercredi, 14 novembre 2018. Le pape François a nommé Mgr Charles Scicluna secrétaire adjoint de la Congrégation pour la doctrine de la Foi.
Rappelons que, dans un texte publié par « L’Osservatore Romano », Mgr Scicluna fut l’un des premiers évêques à enseigner qu’ « Amoris laetitia » permettait de donner la communion aux divorcés soi-disant remariés, obligeant les prêtres de Malte, dont il était alors l’évêque d’obtempérer.
Il avait alors expliqué que « si, au terme du processus de discernement, entrepris avec humilité, discrétion, amour de l’Eglise et de son enseignement, dans la recherche sincère de la volonté de Dieu et avec le désir de parvenir à y répondre de façon plus parfaite, une personne séparée ou divorcée vivant une nouvelle relation en arrive, avec une conscience informée et éclairée, à comprendre et croire qu’il ou elle est en paix avec Dieu, il ou elle ne peut être exclu de la participation aux sacrements de réconciliation et de l’Eucharistie. »
Pour ma part, au terme d’un processus de discernement entrepris avec humilité, discrétion, amour de l’Eglise et de son enseignement, dans la recherche sincère de la volonté de Dieu et avec le désir de parvenir à y répondre de façon plus parfaite, j’en suis arrivé, avec une conscience informée et éclairée, à comprendre et croire que je devais m’abstenir d’assister aux messes célébrées dans les églises des environs si je voulais rester catholique.
Puisque c’est maintenant, de façon officielle, les sentiments personnels qui doivent prévaloir sur les enseignements de l’Eglise, tirons les conclusions qui s’imposent et allons-y franco. Merci Mgr. Scicluna : vous êtes vraiment l’homme de la situation (actuelle).

DC

* * * * NOUVEAU Mercredi, 14 novembre 2018. D’un jeune internaute : « Si l’on regarde bien, on constate que 90% des prêtres et des évêques de France sont ce qu’il faut bien appeler des “traditionalistes” - pour ne pas dire des sortes d’ “intégristes” -. En effet : ils sont attachés à des formes de célébrations liturgiques qui se faisaient dans les années 1960-70 et ne veulent pour rien au monde y changer quoi que ce soit alors même que leur messes n’attirent plus personne et n’ont plus rien en commun avec la foi qu’elles prétendent célébrer.
On est là, avec un tel clergé, face à un blocage spirituel et comportemental qui permet d’affirmer, sans le moindre doute, que dans les dix années à venir, l’Eglise-qui est-en-France sera devenue une structure ectoplasmique. »

* * * * Mardi, 13 novembre 2018. On croit qu’ « ils » ont touché le fond et pourtant, tous les jours « ils » nous réservent une nouvelle surprise découverte en creusant encore un peu. « Ils », ce sont certains de nos évêques. Citons - au hasard - l’évêque de Troyes. Dans une lettre ouverte publiée par « Le Figaro », Mgr Stenger s’en prend à... la SNCF. Ne rêvons pas : au bout de 6 ou 7 années de séminaire, tout membre du clergé français devient incollable en matière de trains et d'aiguillages.

image
Il est vrai que la France, et surtout le diocèse de Troyes, se déchristianise à vitesse d’un TGV. Ceci explique peut-être cela ?
Toujours est-il que la liturgie est quasiment détruite. Mais les abus liturgiques ne font jamais l’objet d’aucune dénonciation de la part des autorités épiscopales. La foi s’étiole et se perd. La majorité du clergé et des fidèles souffre d’un analphabétisme liturgique et doctrinal tellement profond qu’il semble irréversible. L’Eglise-qui-est-en-France est en danger de mort et dans des diocèses entiers le christianisme semble menacé de disparition.
Et au milieu de cette situation apocalyptique, la seule chose qu’un évêque trouve à dénoncer (et dans « le Figaro », s'il vous plaît !), ce sont les trains supprimés par la SNCF...
« Pour moi, ce qui est en jeu, c’est la dignité de la personne humaine... » Rien que ça ! Monseigneur, vous êtes-vous posé la question de la dignité due à Dieu dans le peu de messes qui subsistent dans les paroisses comateuses dont vous êtes le premier et le seul responsable ?

D’après Samuel Nyom.

* * * * Mardi, 13 novembre 2018. Il y a des personnes qui détestent la vérité. Pour x raisons personnelles, ils prennent la vérité pour une agression et la personne qui leur dit la vérité pour quelqu’un qui ne cherche qu’à les agresser.
Les personnes qui détestent la vérité ne veulent la voir nulle part, ne veulent en entendre parler nulle part : pour elles, la foi ne relève pas de la Vérité mais du « ressenti » ; la liturgie ne doit pas être célébrée dans les règles de la Tradition de l’Eglise, mais en tenant compte des goûts des uns et des émotions des autres.
Résultats : le catholicisme se transforme en une sorte de guimbarde dans laquelle on peut tout entasser. Tout ! Aussi bien ce qui a de la valeur et correspond à la vérité que ce qui est hétéroclite, contradictoire, laid... D’un diocèse à l’autre, d’une église à l’autre, d’une messe à l’autre le dogme, la liturgie et la morale sont laissés à la libre appréciation de ceux qui détestent la vérité, qui la craignent car elle les obligerait à se poser des questions, à se remettre en cause.
Pourtant, le dogme est ou n’est pas ; la liturgie est ou n’est pas ; l’Eucharistie est le Corps du Christ ou n’est pas ; le prêtre exerce un sacerdoce ministériel ou n’est pas ; la vie éternelle en Dieu est ou n’est pas...
Si en allant à l’église, en suivant une messe, en écoutant une homélie, on en vient à penser que tout est dans tout et inversement, alors le catholicisme perd sa raison d’être et finit par passer pour une farce aux yeux du plus grand nombre.
Ceux qui détestent la vérité finissent toujours par se faire les champions d’un relativisme qu’ils imposent à l’aide de tous les moyens dont ils disposent, à commencer par la « pastorale », cette sorte de machin fourre-tout qui, depuis qu’on en fait la promotion au cours d’interminables réunions, n’a jamais produit quoi que ce soit d’efficace et de durable.


* * * * Samedi, 10 novembre 2018.
Le cardinal Ratzinger se disait « convaincu que la crise de l’Eglise que nous vivons aujourd’hui repose largement sur la désintégration de la liturgie. »
Capture d’écran 2018-11-10 à 09.17.54
Retenons l’expression « désintégration de la liturgie ». Elle exprime bien ce qui se passe dans nos paroisses : nous n’y trouvons plus guère que des célébrations liturgiques « désintégrées » (certains parlent même de messes « en voie de putréfaction ») auxquelles la majorité des fidèles pratiquants semble s’être consciencieusement habituée au point qu’une messe correctement célébrée passe désormais pour quelque chose d’étrange. L’ancien Archevêque de Strasbourg - immense théologien aux yeux de ses pairs - était allé jusqu’à nous écrire, alors que nous lui demandions que le Missel actuel soit respectueusement mis en œuvre dans les paroisses, que « vouloir la liturgie de l’Eglise serait contraire à ce qui se fait habituellement dans notre diocèse. » Dont acte…
On l’aura compris : la « désintégration de la liturgie » est une réalité que les fidèles « pastoralement formatés » doivent accepter s’ils souhaitent continuer à pratiquer.
L’Histoire nous montre que la « désintégration » a commencé discrètement avant le Concile, puis s’est affirmée pendant le Concile avant de s’accélérer au cours des années qui ont immédiatement suivi sa clôture. Ceux qui furent à l’origine de la « désintégration de la liturgie » étaient donc des prêtres - évêques y compris - qui avaient fait leurs études de théologie et qui avaient été ordonnés AVANT le Concile. Autrement dit, la crise liturgique dont on voit les effets aujourd’hui couvait avant Vatican II ; le Concile ne fera que lui donner l’occasion de se manifester avec ampleur et de se généraliser dans une indifférence épiscopale inexplicable et inexpliquée à ce jour.
Vient un second volet de la question : comment a-t-il pu se faire que des clercs formés et ordonnés avant le Concile se mettent soudain à vouloir la désintégration de la liturgie que l’Eglise entendait restaurer ? Pour répondre à cette question, il faut tenter de dégager certaines caractéristiques du clergé « préconciliaire ».
Première caractéristique : ce clergé est nombreux. Tellement nombreux qu’on peut se demander si tous les prêtres qui le composent avaient véritablement, au départ, la vocation. Marthe Robin avait émis de sérieux doutes à ce sujet. A son évêque qui faisait construire un immense séminaire pour le diocèse de Valence, elle avait dit : « Pourquoi vouloir faire nombre ? En prenant n’importe qui, on aboutit à scandaliser les paroisses. S’ils ont cru être appelés, c’est un effet de leur imagination. (...) Le Bon Dieu est bon, mais il ne peut pas permettre qu’on rabaisse le sacerdoce. »
N’a-t-on pas ordonné, bien avant Vatican II, des jeunes qui imaginaient que la prêtrise était d’abord le moyen de valoriser « leurs » qualités naturelles (générosité, altruisme, goût pour l’animation des patronages...) sans qu’il soit nécessaire de compter sur la grâce liée à l’exercice du sacerdoce ministériel centré sur la célébration des Mystères ?
N’a-t-on pas ordonné prêtres des jeunes qui sont entrés au séminaire en suivant une route qu’on avait choisie pour eux mais que d’eux-mêmes ils n’auraient peut-être pas empruntée ? Il serait intéressant d’étudier le rôle joué par les familles et les paroisses dans le processus des ordinations sacerdotales de la fin du XIXe siècle et la première moitié du XXe. Il est indéniables que certains jeunes ont dû subir des pressions et ne voulaient pas décevoir tel membre de la famille bien en vue dans les milieux ecclésiastiques.
Deuxième caractéristique : la formation théologique reçue par les futurs prêtres dans les séminaires avant le Concile était minimaliste et bien souvent inconsistante. En liturgie - puisqu’il s’agit de la question qui nous intéresse ici - cette formation se résumait à l’étude des rubriques, et n’avait d’autre objectif que de s’assurer que les rites soient restitués avec une exactitude mécanique, sans jamais véritablement approfondir leur histoire et leur sens théologique. On peut donc imaginer que pour la majorité des prêtres d’avant le Concile, l’essentiel de la liturgie se trouvait dans les rubriques lesquelles étaient tellement solidement « rivetées » les unes aux autres pour garantir le bon déroulement des célébrations qu’il était impossible d’en bouger une sans risquer d’ébranler tout l’édifice liturgique. On comprend que dans ces conditions, célébrer la liturgie pouvait consister, aux yeux de certains clercs, davantage en un exercice d’application purement formel qu’en une expression vivante de la foi.
Troisième caractéristique : ce qui était demandé aux futurs prêtres, c’est avant tout la docilité, l’obéissance, la soumission. La servilité, disaient certains. On ne remet pas en cause des ordres, ni des pratiques ou des habitudes dont certaines sont héritées de conventions bourgeoises du XIXe siècle peu en rapport avec le sacerdoce à proprement parler : on y croit... ou du moins on fait semblant d’y croire. Il en va de l’image que l’on doit donner. Cette « sainte obéissance » peut donner lieu à des scènes croustillantes : un ancien curé racontait toujours avec bonheur le jour où 90 séminaristes en soutane et surplis chantaient à tue-tête dans la cour du grand séminaire - et sans rire ! - le Psaume 150 (Laudate Dominum omnes gentes...), tandis que le très convaincu Père Supérieur, en chape et escorté des Directeurs de la maison en grande tenue, procédait à la bénédiction de latrines qui venaient d’être installées au fond de cette même cour... On ne saura jamais les idées que le ridicule d’une telle scène a pu faire naître dans la tête d’un séminariste au caractère un tant soit peu rebelle ou tout simplement trempé. Au-delà de l’anecdote, il était évident que ce « catholicisme bien rodé » hérité du XIXe siècle, à la morale souvent puritaine et aux comportements pétris de conformisme social, a peu à peu glissé vers un christianisme de façade, vers une spiritualité dévitalisée, arc-boutée sur l’exacte mise en œuvre de rubriques souvent pointilleuses voire mesquines (d’autant plus mesquines qu’on ne comprend plus le sens profond des rites qu’elles prescrivent) dans le cadre de « belles » cérémonies réglées comme du papier à musique, certes, mais dans lesquelles l’âme de la liturgie, c'est-à-dire cette prière en esprit et en vérité qui est le véritable cœur de la Tradition, semblait trop souvent s’être évaporée… En un certain sens, cette façon de vivre la religion reproduisait la crise qui s’était développée au crépuscule du Moyen-Age et qui allait conduire à la Réforme protestante (Cf. Johan Huizinga, L’automne du Moyen-Âge, France-Loisirs, Paris, 1998).
Les trois caractéristiques évoquées ci-dessus permettent de comprendre qu’il y avait donc dans les rangs du clergé, bien avant Vatican II, un certain nombre de prêtres qui vivaient leur sacerdoce d’une façon simplement conventionnelle et probablement même pesante, frustrante. Ce sont ces prêtres-là qui se sont imaginés (probablement en fonction de ce qu’ils entendaient dire) que le Concile allait leur permettre de vivre un sacerdoce davantage adapté à leur psychologie et à leurs aspirations : un sacerdoce plus « light » en quelque sorte grâce à des abandons successifs (latin, rites, soutane, bréviaire...) Mais voyant que les enseignements de Vatican II ne leur donnaient rien de ce qu’ils espéraient, ils ont tout simplement profité du climat de confusion et de flottement post-conciliaire pour exprimer leurs frustrations et leurs interrogations.
Et où mieux exprimer des frustrations et des interrogations que dans la liturgie ?
Il suffisait pour cela de se réclamer de la Constitution sur la Liturgie - que peu de prêtres étaient alors capables de comprendre étant donné la formation lacunaire qu’ils avaient eue - pour transformer les célébrations eucharistiques en agapes fraternelles d’où serait peu à peu évacuée l’idée de sacrifice (Cf. Lettre du Cardinal Ottaviani aux évêques, 24 juillet 1966). D’où aussi la liquidation, en quelques semaines, du latin, du chant grégorien, de la célébration vers l’Orient et, de façon corrélative, la généralisation de l’emploi de la langue ordinaire « discursive », de la « déritualisation », de la négligence dans les apparences et les tenues, de la célébration « face au peuple » sur des autels-tables servant de tribune au célébrant qui veut subrepticement faire passer ses idées (fruits de blessures antérieures) dans des assemblées tenues de les approuver, de l’utilisation quasi exclusive de chants de foule dans lesquels l’idée de « peuple de Dieu » permet à l’assemblée locale de s’autocélébrer et d’affirmer sa propre conception de l’Eglise et du sacerdoce face aux enseignements du Magistère.
Capture d’écran 2018-11-10 à 09.17.34

La crise de l’Eglise liée à la « désintégration de la liturgie » - pour reprendre la formule du Cardinal Ratzinger citée au début de ces lignes - n’est donc pas liée au Concile lui-même mais vient d’une génération de clercs ordonnés avant le Concile et au sein de laquelle se trouvaient des prêtres qui, vivant douloureusement leur sacerdoce, avaient fini par quitter la terre ferme de la foi catholique.
Face à eux se trouvaient des évêques d’un autre temps, engoncés dans la routine d’un mode de vie et dans une mentalité qui n’avaient guère changé depuis le XIXe siècle, et qui avaient eu la même formation déficiente que leur presbyterium. A la fois dépassés par la « brusque libération de misérables libidines longtemps refoulées » (Cf. Jacques Maritain) qui touchait l’immense majorité du jeune clergé, et soucieux de ne pas donner l’impression de livrer des « combats d’arrière-garde » dans une société en plein mouvement et avide de nouveautés, ces évêques n’étaient donc pas préparés à affronter les gigantesques convulsions qui allaient secouer l’Eglise en atteignant leur paroxysme dans les années 1970.
Demeure une question : pourquoi cinquante ans après le Concile cette désintégration de la liturgie liée à la crise de l’Eglise se poursuit-elle ?
Probablement parce que beaucoup d’évêques de l’après-Concile, qui n’étaient pas de grands théologiens, ont pensé qu’en se comportant comme des « chiens muets » (pour reprendre une expression de S. Augustin), ils éviteraient les conflits et permettraient qu’avec le temps les choses entrent progressivement dans l’ordre. Malheureusement, ce temps des silences aura permis aux erreurs de s’enraciner tant dans les esprits des fidèles que dans les célébrations liturgiques, en sorte qu’aujourd’hui, les ferments de la crise sont disséminés dans de nombreuses structures de l’ « Eglise-qui-est-en-France » où règnent ces « laics en responsabilité » qui, à l’image de certains clercs ordonnés avant le Concile, donnent l’impression d’avoir des comptes personnels à régler avec l’Eglise.
Qu’on le sache : aucune issue à la crise actuelle ne pourra être trouvée tant que l’on aura pas rompu radicalement avec les idéologies funestes qui détruisent le catholicisme de l’intérieur depuis les années 1960.
Capture d’écran 2018-11-10 à 09.18.14
Il devient de plus en plus évident que l’obstination d’une majorité d’évêques à favoriser, malgré les signaux de plus en plus inquiétants de déchristianisation complète du pays, à poursuivre cette pastorale progressiste délétère est proprement suicidaire dans le contexte actuel. Toutefois, ce serait une grave erreur de s’imaginer qu’il suffirait de rétablir telle quelle l’Eglise d’avant le Concile, avec tous ses usages et ses pesanteurs, pour, comme par un coup de baguette magique, régler le problème de la crise de l’Eglise. Nous avons tenté de voir dans cet article à quel point ce catholicisme pré-conciliaire s’était déjà lui-même éloigné de la Tradition sous bien des aspects et contenait déjà en germe tous les éléments qui ont conduit au désastre actuel.
La seule option viable, aujourd’hui, consiste en une redécouverte en profondeur de la Tradition bimillénaire de l’Eglise, dans le cadre d’un nouveau mouvement liturgique débouchant sur une restauration intégrale de la Sainte Liturgie, dans toute sa dimension théologique, rituelle, symbolique et mystique. C’est tout l’ « esprit de la liturgie » qui doit être retrouvé.

* * * * Jeudi, 8 novembre 2018. L’édition française du Missel romain va connaître quelques changements. Ils toucheront principalement les formules pour l’envoi des fidèles à la fin de la messe, l’embolisme qui fait suite au « Notre Père » et le « Je crois en Dieu ».
Par contre, il semble que rien n’ait été fait pour corriger ni la formule qui ouvre la Prière eucharistique (« Prions au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Eglise ») ni la prière avant la communion (« Seigneur je ne suis pas digne de te recevoir... »)
Reste la question essentielle qui ne semble pas avoir effleuré les évêques : les célébrants habitués à ajouter, modifier, supprimer certaines parties de la liturgie suivront-ils (enfin !) la version nouvelle du Missel ?

* * * * Jeudi, 8 novembre 2018. Le Père James Martin s.j. militant homosexuel actif et consultant au Vatican, a déclaré lors d’une récente conférence, que le pape François fait tout son possible pour nommer des évêques et des cardinaux « amis des gays » et qui soutiennent les « projets des homosexuels ».
Le P. Martin a souligné le soutien dont bénéficient des cardinaux homosexuels, comme par exemple le cardinal Tobin, archevêque de Newark, qui a organisé dans sa cathédrale une « messe de bienvenue » pour les personnes LGBT. Et le jésuite américain d’ajouter que les paroles tout comme les actes de François témoignent de son engagement à promouvoir l’homosexualité au sein de l’Eglise.
Samedi dernier, le P. Martin a enfoncé le clou en déclarant à de jeunes auditeurs rassemblées à Washington que « plus il y aura de catholiques LGBT s’identifiant comme tels, plus l’Eglise y gagnera. (...) Les discussions à ce sujet lors du récent synode des jeunes sont d’ailleurs un grand pas en avant. »
Alors que la Hiérarchie est si prompte à recadrer des mouvements qui paraissent un peu trop « tradi », les propos du Père James Martin contraires aux enseignements de l’Eglise ne suscitent pas la moindre réaction de la part du Magistère. Inquiétant ou simplement étonnant ?

* * * * Jeudi, 8 novembre 2018. On trouve en France quelques paroisses où des prêtres courageux font le maximum pour respecter la liturgie. Mais il ne s’agissait bien que de « quelques paroisses » car dans la majorité des églises, il est depuis longtemps devenu « normal » de célébrer la liturgie n’importe comment, pourvu que ce ne soit pas dans les règles.
Avec les encouragements des évêques diocésains, chaque prêtre est libre de célébrer la messe comme il l’entend... c’est-à-dire en respectant le moins possible le Missel Romain. Car l’essentiel, pour la pastorale liturgique officielle, est d'avoir un clergé qui veille à ce que la liturgie de l'Eglise ne soit jamais célébrée comme elle doit l’être célébrée. Il est donc impératif d’avoir des messes qui ne se ressemblent jamais entre elles. Comment obtenir ce résultat ? En soumettant chaque célébration eucharistique à des improvisations, à de l’agitation, à du laisser-aller, à de l'indigence musicale... Bref, il faut montrer que les célébrations sont élaborées par « équipes paroissiales » qui paraîtront d’autant plus efficaces qu’elles n’y connaissent rien en liturgie et n’ont nullement l’intention de veiller à une mise en œuvre correcte du missel romain.
Le prêtre lui-même, lorsqu’il est à l'autel, devra faire ce que l’équipe liturgique locale lui demande de faire et non ce que l’Eglise attend qu’il fasse : le célébrant n’est plus qu'un « délégué » de l'assemblée, à la manière d'un pasteur protestant. Dans le pire des cas, son rôle se limite à celui de « Monsieur Loyal ».
Si, dans ces conditions actuelles, un fidèle se plaint de devoir assister de dimanche en dimanche à des célébrations déficientes et parfois même délirantes, son évêque lui fera comprendre qu’un laïc n’a pas de leçons à donner à des prêtres ouvertement « conciliaires ». Le problème vient donc de ce que, dans les diocèses de France, être « conciliaire » signifie clairement se prévaloir de Vatican II pour ne surtout pas en appliquer les enseignements. Bien des évêques sont d’ailleurs eux-mêmes persuadés que moins on respecte la liturgie, plus on est dans la droite ligne de Vatican II.
« Etre dans la droite ligne de Vatican II » signifie, quand on est à la tête d’un diocèse ou d’une paroisse, avoir créé une commission liturgique dirigée par une personne dont l’autoritarisme est inversement proportionnel aux compétences en liturgie. La commission en question est alors chargée non de faire respecter la liturgie de l'Eglise, mais de « fliquer » le curé, l’organiste, le maître de choeur qui respecte trop le missel et qui - comble de l’outrecuidance - refuse de suivre les programmes liturgiques élaborés par les « équipes » nommées dans les divers secteurs interparoissiaux. Ou encore qui envoie promener les « dadames » lesquelles, aux messes dominicales, investissent les ambons comme pour s’impliquer dans un rôle qu’elles ne maîtrisent plus dans leur milieu familial.
Il règne donc, dans le domaine de la liturgie et malgré les très nombreux documents pontificaux, une totale confusion qu’une majorité d’évêques se plaisent à entretenir par leurs silences et par les projets pastoraux qu’ils mettent en place. Partout la liturgie continue d’être régulièrement « blessée » car personne, dans les rangs de l’épiscopat, n’a le courage de prendre la parole pour exiger des prêtres et des fidèles laïcs un abandon définitif des façons erronées de célébrer l’Eucharistie.
Partout - ou presque - on constate les mêmes raidissements épiscopaux ou cléricaux contre les fidèles ou les simples curés attachés à la correcte application du Missel romain. Contrairement à ce qu’ils si souvent prétendu, les évêques ne font rien pour renverser la tendance et faire qu’enfin la liturgie de l’Eglise soit respectée : pas une seule fois on ne les a entendus dire qu’il fallait s’en tenir aux indications contenues dans le Missel ; pas une seule fois on ne les a vus reprendre le célébrant qui multipliait systématiquement les « abus liturgiques » ; pas une seule fois on ne les a vus nommer à la tête des commissions de liturgie diocésaines des prêtres compétents, connaissant et appliquant les textes magistériels, et sachant parfaitement célébrer la liturgie (messe, Offices...) aussi bien en français qu’en latin.
Nos pasteurs diocésains ont-ils encore l’intention de redresser la situation ? On peut sérieusement en douter. Pour eux il s'agit avant tout de continuer à ignorer les textes magistériels et de faire comprendre aux fidèles - de moins en moins nombreux dans les églises - qu’il n’est pas question d'engager un nouveau mouvement liturgique qui puisse enfin donner le jour au véritable héritage de Vatican II. Dans les paroisses, l’important est donc de ne rien changer, de ne surtout pas bousculer les mauvaises habitudes qui sont généralisées. Car c’est en ne faisant rien d’autre que de brasser du vent qu’on passe pour « conciliaire » dans l’Eglise-qui-est-en-France.
Mais se pose alors une question : que doivent faire les fidèles qui veulent participer à rien d’autre qu’à la liturgie de l’Eglise ? Face à l’inertie des évêques, beaucoup pensent qu’il serait nécessaire de créer une sorte de « front de libération de la Liturgie » qui permettrait, en se basant sur les enseignements des Souverains Pontifes, de refuser ouvertement et officiellement de prendre part aux célébrations qui ne respectent pas le missel romain. Une sorte de fronde ? C’est le Cardinal Ratzinger qui avait invité à « arracher la liturgie à l’arbitraire des curés et de leurs équipes liturgiques » (Cf. Un chant nouveau pour le Seigneur, p. 103). C’est Saint Jean-Paul II qui a expressément demandé aux fidèles de « refuser toutes les interprétations erronées et les applications arbitraires et abusives en matière doctrinale, liturgique et disciplinaire » (Motu proprio Ecclesia Dei, n.5a).
Pourquoi les fidèles qui, d’après le Droit canonique, ont droit à l’authentique liturgie de l’Eglise devraient-ils attendre plus longtemps pour agir efficacement ?

Sur la page "études"