L'ACTUALITE

* * * * NOUVEAU Mercredi, 19 février 2020. Pastorale, liturgie et chant grégorien : CLIQUER ICI

* * * * Mardi, 18 février 2020.
Les catholiques ont toujours été, jusqu’ici, des partisans d’une Église qui se comprend sur les bases d’une « herméneutique de continuité ».
Cependant, en leur sein se sont trouvés - et se trouvent encore - des fidèles qui ont rêvé de pouvoir « aussi » comprendre l’Église à partir d’une « herméneutique de discontinuité » permettant d’adapter la doctrine à leurs faiblesses et à leurs incertitudes : ce furent les luthériens au XVIe siècle, les gallicans au XIXe siècle ; ce sont les « progressistes » aujourd’hui…
Leur point commun est le « relativisme ».
Certains d’entre eux sont allés au bout de leurs raisonnements et ont quitté l’Église fondée par le Christ pour construire des communautés mieux en accord avec leurs façons de croire et de vivre.
D’autres ont préféré rester dans l’Église afin de pouvoir la miner de l’intérieur jusqu’à ce qu’ils puissent l’adapter à leurs vues.
Aujourd’hui, à ces deux herméneutiques - celle de la continuité et celle de la discontinuité - s’en ajoute une troisième. C’est l’ « herméneutique de la confusion » permanente. Elle se manifeste à travers l’utilisation d’une sorte de « novlangue » dans les documents magistériels et par le fait que la recherche de la vérité et le désir de clarté cèdent le pas à l’instabilité et aux caprices de ceux pour qui la ruse et la dissimulation sont les meilleurs outils pastoraux.

* * * * Mardi, 18 février 2020. Aux origines de la messe romaine : LIRE ICI.

* * * * Lundi, 17 février 2020. Selon le cardinal Walter Brandmüller le « Chemin synodal » tracé par une majorité d’évêques allemands et dans lequel s’engagent nombre de fidèles catholiques conduit à la création d’une Église dépossédée de sa mission sacramentelle.
Cette nouvelle Église sera proche de celle à laquelle rêvait Martin Luther au 16e siècle mais n’aura plus aucun rapport avec celle qui a été fondée par le Christ.

* * * * Lundi, 17 février 2020.
Le pape François qui, dès l’aube de son pontificat, s’est cru autorisé à changer l’Église pour l’adapter à ses vues et, en même temps, était persuadé qu’il arriverait à ses fins, se retrouve aujourd'hui bien seul.
Il est délaissé par le groupe de cardinaux sur qui il comptait pour révolutionner l’Église ; il n’est plus crédible aux yeux des vieux « progressistes » qui, durant un moment, ont pu espérer que leurs rêves de soixante-huitards laxistes allaient enfin pouvoir prendre forme ; il n’est plus guère écouté par les fidèles qui préfèrent méditer le « Credo » plutôt que se pencher sur les documents venant du Vatican. En Allemagne, le cardinal Marx a annoncé sa démission de la présidence de la Conférence des évêques… Il n’est même pas certain que les prochaines JMJ soient couronnées de succès : les modes passent comme passent les évêques et les cardinaux qui tournoyaient de façon grotesque à Rio au lendemain de l’élection de Jorge Bergoglio.
Le cardinal Roger Etchegaray (1922-2019) devinait ce qui allait arriver lorsqu’il disait que « dans les premiers temps, François profitera d’une sorte de lune de miel, mais ensuite viendra le moment où il se retrouvera dos au mur ».
De fait, le pape est aujourd’hui dos au mur et cette position pour le moins inconfortable semble annoncer une fin de pontificat qui aura été marqué par beaucoup de paroles, de promesses, de propos contradictoires et d’agitation mais bien peu de solidité doctrinale et de sollicitude pastorale.

* * * * Dimanche, 16 février 2020. Ce dimanche matin, la messe télévisée était retransmise depuis l’église paroissiale de Neuf-Brisach (Haut-Rhin, dioc. de Strasbourg).
Comme tous les dimanches, les téléspectateurs ont pu voir une célébration proprement artificielle.
Artificielle parce que ne correspondant en aucune façon à ce qui se vit ordinairement dans une paroisse. Ici comme ailleurs, les messes dominicales sont très peu fréquentées. Alors, pour que la grande église de Neuf-Brisach soit un tant soit peu remplie, on a supprimé plusieurs messes habituellement célébrées dans les villages à la ronde, et rassemblé tout le monde ici.
La présence des caméras produit aussi son effet : elle attire des gens qui, habituellement ne pratiquent pas et qu’on a invité à participer à des répétitions préalables afin que, le dimanche venu, ils sachent faire bonne figure. Ceux qui pratiquent encore sont placés dans les premiers bancs pour qu’on puisse montrer qu’ils « suivent » ce qui se fait. D’autres, venus par curiosité et sur invitation sont placés plus au fond de la nef où ils font offices de figurants ou de « pots de fleurs » (on désignait ainsi, autrefois, les servants de messe qui n’avaient aucun rôle particulier à jouer mais dont la présence ajoutait au décorum des grandes fêtes).
Et que dire de ces nombreux gros-plans effectués sur les personnes présentes ? C’est tout aussi gênant que déplacé ! Grâce à des écrans installés dans la nef, certaines de ces personnes s’aperçoivent qu’elles sont cadrées par une caméra et en profitent pour faire un « coucou à tata Gilberte qui nous voit depuis sa cuisine. » N’y-a-t-il rien d’autre à faire à la messe que de dévisager les personnes, de scruter leurs attitudes et leurs mimiques, y compris celles des concélébrants ? Il y a, lors de ces messes télévisées, une accumulation d’artifices en complet décalage avec l’atmosphère qui devrait régner au cours d’une célébration liturgique.
Assez souvent, lors de ces messes télévisées, c’est la musique qui n’est pas à la hauteur de l’action sacrée, comme nous le signale une personne - elle-même organiste - à propos de la messe de dimanche dernier : « J'ai été horrifié par la prestation musicale de dimanche dernier, par une chorale et un soliste qui dès les premières notes du chant d’entrée ont été nettement en dessous du ton durant toute la messe... Avec, en plus, un accompagnement musical ressemblant à une sorte de magma sonore indéfinissable et “un homme à tout faire” (y compris chanter faux) ne délaissant jamais sa batterie ! Le résultat est que la musique elle-même semblait plutôt émaner d’une boîte de nuit locale, ce qui n'avait absolument aucun rapport avec de la musique destinée à accompagner une célébration eucharistique en Eglise. (…) Ainsi, au lieu d’être dans cette paix qui nous a été souhaitée à la fin de la messe de dimanche dernier, je me suis trouvé dans un état épouvantable mêlé à de la colère ! Que peuvent donc bien penser les autres téléspectateurs et les participants “in situ” d’une telle “célébration” ? Et à quoi pensent les organisateurs en présentant de liturgies en totale opposition à ce que demandent le concile Vatican II et le Missel romain actuel ? Et quelle idée des catholiques se font les téléspectateurs d’autres confessions qui voient de telles célébrations ? J’éprouve un sentiment de honte... »
Nous aussi...


* * * * Dimanche, 16 février 2020.
Textes (latin/français) de la messe du 6e dimanche du temps “per annum” : cliquer ici.

* * * * Dimanche, 16 février 2020. Pour écouter le chant d’entrée de la messe de ce dimanche, cliquer ici.

* * * * Dimanche, 16 février 2020. 6ème dimanche du Temps de l’Année liturgique (A)

Nous avons été créés libres... (Cf. Si 15, 14... - Ière lecture)
C’est Lui qui, au commencement, a créé l’homme et l’a laissé à son libre arbitre (Si 14, 14). C’est le verset qui précède l’extrait de la messe de ce dimanche et qui poursuit : Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle (v. 15). Nous ne sommes pas déterminés au bien ou au mal, au ciel ou à l'enfer, au malheur ou au bonheur, bien que des conditions humaines influent beaucoup sur notre vie. Dieu nous a dotés de la liberté qui fait notre dignité d’êtres humains et notre responsabilité. La liberté étant une faculté qui a pour objet les moyens et non la fin de notre existence, rappelons-le. On n’est pas “libre” de faire le mal ou de se nuire, mais on doit faire le bien et éviter le mal, moral ou physique. Et prendre les meilleurs moyens pour se faire.
Saint Paul le dira clairement : vous avez été appelés à la liberté ; mais que cette liberté ne se tourne pas en prétexte pour la chair (toute convoitise égoïste), mais par la charité mettez-vous au service les uns des autres (Gal 5, 13. Tout le chapitre est à lire).
Dieu n’a commandé à personne d’être impie, il n’a donné à personne la permission de pécher (Si 15, 20). Quand l’homme doué d’intelligence (pour connaître ce qui est bien ou mal pour son corps et pour son âme) et de volonté (pour faire ce qui est bien et se détourner du mal) utilise sa liberté contre son bien (au moins naturel), il perd sa liberté, il devient esclave du mal (comme les addictions qui rendent esclaves de la cigarette, de la boisson, d’internet, etc.).
La liberté dans l’ordre naturel et dans l’ordre surnaturel est opposée à “la liberté” telle que la conçoit notre société corrompue ! La “sagesse” de ceux qui dirigent ce monde les mènent à leur destruction (1 Co 2, 6 - IIème lecture).
Au contraire de (...) la sagesse du mystère de Dieu, établie depuis toujours pour notre gloire. Et c’est pour ne pas l’avoir connue, acceptée, que le Seigneur de gloire a été crucifié (v. 8). Cette sagesse, cette lumière de connaissance est une révélation de l’Esprit (v. 10) pour peu que nous la demandions et acceptions d’en suivre les enseignements...
Et d’abord, les commandements de Dieu que Jésus n’a pas aboli ; Il les a même durcis car Il donne la grâce d’en suivre les exigences... Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir (Mt 5, 17 - Evangile). Celui qui rejettera un seul du plus petit de ces commandements et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux... (v. 19).
Ce n’est pas seulement “Tu ne tueras pas” (5ème commandement) qu’il faut suivre, mais plus : celui qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Et même, l’insulter, le traiter de fou sera passible de la géhenne de feu (l’enfer) (Vv. 21-22). D’abord, la charité, le pardon : va d'abord te réconcilier avec ton frère avant de présenter ton offrande à l’autel (Vv. 23-24).
Ce n’est pas seulement “Tu ne commettras pas d’adultère” (6ème commandement) : Moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son coeur (v. 28). C’est le péché mortel en pensée, selon les conditions pour le commettre (matière, connaissance, volonté)*.
Le salut éternel est au prix de mesures radicales (à l’opposé du relativisme ambiant dans les milieux catholiques) : Si ton oeil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne (l'enfer) (v. 29). De même si notre main droite..., mieux vaut arriver manchot au Ciel qu’avec les deux mains en enfer ! (v. 30).
La vie et la mort sont proposées aux hommes ; l’une ou l'autre leur est donnée selon leur choix (Si 15, 17)

(*) “C'est mal - Je sais que c'est mal - et je le fais quand même.”

Abbé Christian LAFFARGUE


* * * * Samedi, 15 février 2020.
Dans un message publié vendredi au Congrès national des laïcs qui s’est tenu à Madrid (SP), le pape François appelé les laïcs espagnols à éviter « à tout prix » les tentations telles que le cléricalisme et le carriérisme qui « enferment dans les sacristies ». Il a rappelé que la mission spécifique des laïcs se jouait dans les rues, dans tous les coins de la société.
Puissent nos « animateurs/trices » liturgiques entendre ce message et se rendre invisibles durant les célébrations liturgiques en commençant par quitter les ambons et les autels où ils/elles n’ont pas leur place.

* * * * Samedi, 15 février 2020. Au cours du récent synode sur l’Amazonie qui s’est déroulé au Vatican, la possibilité de créer ou d’imaginer un rite liturgique « amazonien » a plusieurs fois été évoquée.
C’est l’occasion de rappeler que l’Église, au cours de son histoire, n’a jamais « créé » de rite. Pour la simple raison qu’un rite liturgie ne s’invente pas, ne se crée pas : il se constitue à partir d’éléments déjà existants que l’Église accepte comme étant la juste expression de sa foi ou refuse comme étant une expression contraire à sa doctrine ou imprudente pour l’équilibre spirituel des fidèles. Puis, in fine, l’Église organise ces éléments d’une façon cohérente et stable afin qu’à leur contact auditif et visuel, les fidèles puissent confesser et nourrir leur foi telle que proclamée dans le « Credo ». C’est ce processus qu’exprime parfaitement le concile Vatican II lorsqu’il enseigne qu’en liturgie, « les formes nouvelles ne peuvent naître que de formes déjà existantes selon un développement en quelque sorte organique » (Sacrosanctum Concilium, n. 23).
Vouloir « créer » un rite, qu’il soit « amazonien », « mohican » ou même « syldave » (pour éventuellement faire plaisir aux « tintinophiles » pratiquants) relève donc d’un non-sens en même temps que d’une ignorance des principes élémentaires qui gouvernent la liturgie en général et les rites en particulier. L’Histoire nous apprend qu’aucun des fondateurs des grands Ordres religieux - bénédictins, cisterciens, dominicains, prémontrés… - n’a élaboré de rite liturgique à l’usage de sa communauté (Cf.
Histoire du Missel romain, éd. Téqui, Paris, 1988).
D’autre part, l’Église enseigne que « dans la liturgie terrestre, nous participons par un avant-goût à cette liturgie céleste qui se célèbre dans la sainte cité de Jérusalem à laquelle nous tendons comme des voyageurs, où le Christ siège à la droite de Dieu, comme ministre du sanctuaire et du vrai tabernacle (…) » (Sacrosanctum Concilium, n. 8). Il est donc clair qu’une « liturgie amazonienne » - dans l’éventualité où elle serait créée - ne pourrait pas avoir un but différent de celui que poursuit déjà la liturgie romaine, à savoir nous « faire participer par un avant-goût à la liturgie céleste » qui se célèbre de toute éternité. Ce qui implique que tout ce qui, au cours d’une célébration, pourrait faire porter l’attention des fidèles davantage sur des éléments du folklore amazonien que sur l’ « avant-goût de la liturgie céleste » n’a, par essence, pas sa place dans une liturgie qu’on voudrait ou qu’on décrèterait « amazonienne ».
Ces quelques explications brèves mais pleinement conformes à ce que l’Église a toujours pratiqué en matière de culte attirent l’attention sur le non-sens des demandes concernant la liturgie en Amazonie, telles qu’elles ont été formulées par les participants au récent synode.

* * * * Vendredi, 14 février 2020. Réaction de Matteo Bruni, porte-parole du Vatican, lors d’une conférence de presse faite mercredi dernier :
« L’Exhortation apostolique post-synodale “Querida Amazonia” est une partie intégrante de la doctrine de l’Eglise, contrairement au document final du synode lui-même. »
Même écho du côté du cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire du synode des évêques : « Le document conclusif du synode n’est pas un enseignement de l’Eglise, et par conséquent les conférences d’évêques des divers pays ne pourront pas s’appuyer sur ce texte pour reprendre à leur compte la question des prêtres mariés par exemple ».
Ces déclarations sont à considérer comme une réponse au cardinal Michael Czerny, qui avait semé le trouble au cours de cette même conférence de presse en prétendant que le document conclusif du synode avait « une certaine autorité morale » et que le fait d’ignorer ce document relèverait d’un « manque d’obéissance » à l’égard de l’autorité du Saint-Père.

Source : Kathnet

* * * * Vendredi, 14 février 2020. Une réaction - qui en dit long - de Stefan von Kempis, rédacteur à “Vaticannews/Radio Vatikan” au micro de “Domradio” (diocèse de Cologne - D -) : « Le Vatican demande qu’en réaction à la publication de “Querida Amazonia”, personne ne fasse comme s’il restait encore une possibilité d’ouverture. Non. Au moins pour le pontificat en cours, aucune autorisation d’ordonner des hommes mariés ne sera donnée. Ce qui ne signifie pas que les discussions s’arrêtent là et que, plus tard, un successeur de François ne puisse pas voir les choses autrement... » François n'aurait-il que balisé le chemin de son successeur ?

* * * * Vendredi, 14 février 2020. Le diocèse de Linz (AU), connu pour les scandales qui y ont éclaté ces dernières années, n’a pas failli à sa réputation lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi.
Sous les yeux de son évêque, la directrice du service de pastorale du diocèse, Mme Gabriele Eder-Cakl, a laissé éclater sa colère devant le document post-synodal “Querida Amazonia”. Elle a déclaré devant les micros de la radio autrichienne ORF que ce texte lui avait littéralement coupé le souffle et que, comme à de nombreuses autres femmes dans l’Eglise catholique, lui faisait perdre sa patience. Elle exige (sic) que le sacerdoce féminin devienne enfin une réalité et entend se placer clairement en dehors de la doctrine de l’Eglise. On a même versé des larmes...
Quant à l’évêque du diocèse, Mgr Manfred Scheuer, homme peu courageux qui se range gentiment derrière les puissantes organisations présentes dans son diocèse, il a pourtant également vivement critiqué le pape. Il estime que le document post-synodal représente « une grande déception » et que sur ce sujet, l’histoire ne s’arrêtera pas là. Il Avouant avoir passé quelques nuits blanches cette semaine, Mgr Scheuer aurait souhaité que l’argumentation du pape sur le thème du refus du sacerdoce féminin soit « moins définitive ».
On devine quel pourrait être le thème d’un prochain synode : « Où caser tous ces pasteurs et ces laïcs en responsabilité qui n’ont plus la foi catholique ? »

* * * * Vendredi, 14 février 2020. Le document post-synodal « Querida Amazonia » a jeté un froid glacial sur le monde théologique libéral en Allemagne.
Ainsi le théologien de gauche Paul Zulhener exprime-t-il sur son blog son mépris à l’égard du pape François : « Les papes n’ont jamais excellé dans l’art de proposer une théologie de la femme adaptée au temps présent, François ne fait pas exception. » Plus loin, le théologien estime qu’il trouve honteux que le pape, lorsqu’il cherche laborieusement quelques arguments valables à opposer à l’ordination des femmes, ne trouve qu’à affirmer que cela reviendrait à « cléricaliser » les femmes.
Paul Suess, théologien allemand prônant la théologie de la libération, s’est montré très déçu du document post-synodal : à l’agence de presse catholique KNA, il explique que la vision de l’Eglise en Amazonie développée dans ce texte tourne par endroits au cauchemar. Paul Suess avait, immédiatement après le synode, clamé sur tous les toits que le pape allait ouvrir la possibilité d’ordonner des « viri probati ».
La réaction de Thomas Schüller, spécialiste de droit canonique dans le diocèse de Münster, a été vive elle aussi : il estime que le document est « extraordinairement décevant, car il ne reflète en rien les votes des Pères synodaux ». Pour lui, ce document sonne aussi la fin des débats autour du diaconat féminin car, dit-il : « François déclare que la notion même d’ordination est fondamentalement étrangère au genre féminin. » Pour ce spécialiste du droit canonique, le « Chemin synodal » entrepris en Allemagne se trouve aujourd’hui rejeté loin en arrière. Et de conclure : « Cela va déclencher de lourdes déceptions. »
Autre théologien, à se dire déçu : le viennois Jan-Heiner Tück, spécialiste en théologie dogmatique. Il regrette que, même pour ces lieux périphériques éloignés d’Amazonie, il ne sera pas accordé d’exception à l’obligation du célibat. Il affirme ensuite qu’avec ce texte, le pape ne rend pas service au programme de réformes prévues par le « Chemin synodal » en Allemagne et à d’autres initiatives du même type.
Citons encore M. Sternberger, président du « comité central des catholiques allemands » (ZdK), de tendance libérale, qui se dit frustré et regrette que le pape François n’ait pas le courage, dans cette discussion autour de l’ordination d’hommes mariés et des compétences liturgiques des femmes, d’entreprendre de véritables réformes : « Nous regrettons beaucoup que le pape François n’ait pas osé faire un pas en avant. Il a plutôt réaffirmé les positions constantes de l’Eglise romaine aussi bien en ce qui concerne les conditions d’accès au sacerdoce, que pour ce qui est de la participation des femmes au service de l’Eglise. »

Tous ces théologiens qui se disent « spécialistes » ignorent une chose : c’est que tout ce qu’ils demandent correspond à ce qu’a fait Martin Luther il y a cinq siècles.
Pourquoi ces grands penseurs allemands n’ont-ils pas le courage de quitter l’Eglise catholique pour rejoindre une communauté protestante de leur choix ? Peut-être simplement parce qu’ils ne trouvent aucune communauté qui veuille accueillir en son sein ces remuants champions de toutes les hétérodoxies.


* * * * Vendredi, 14 février 2020.
Henri Tincq n’est pas content. Mais alors, pas content du tout !
Et pour cause : le pape réformateur, jésuite et latino-américain, n’a pas mis en œuvre les changements que souhaitaient, depuis des décennies, les catholiques dits « progressistes » - lesquels ne savent pas encore qu’ils sont en voie de disparition -.
Dans un contexte de crise des vocations religieuses, François aurait pu mettre fin au tabou des prêtres exclusivement masculins et célibataires et ouvrir la voie à l’ordination d’hommes mariés et aussi de femmes. C’est tout le visage de l’Église catholique qui en aurait été changé. Et le pape jésuite et latino-américain n’a rien fait, déplore Henri Tincq.
Allons, Monsieur Tincq, un spécialiste des questions religieuses comme vous devrait savoir que :
1. S’il y a crise des vocations religieuses, c’est parce que dans les diocèses et les paroisses on a mis en place le programme auquel vous et vos amis « progressistes » avez rêvé et qui correspondait à une falsification en règle des enseignements conciliaires ;
2. Si François avait ouvert la voie à l’ordination d’hommes mariés (et pourquoi pas pacsés, tant que vous y êtes) et de femmes, l’Église catholique aurait effectivement été changée, comme vous l’écrivez fort justement. Mais ayez - vous, le spécialiste - l’honnêteté de reconnaître qu’elle aurait été changée en une mosaïque de communautés « luthéro-libérales » n’ayant plus rien en commun avec l’Église fondée par le Christ. Il est vrai que dissoudre l’Église catholique dans un grand machin sans doctrine claire n’a jamais posé de problèmes de conscience aux « catho-progressistes » dont vous êtes et qui ont toujours été attirés par les croyances « light » et fluctuantes.

* * * * Jeudi, 13 février 2020. Finalement, pour vivre en paix dans l’Eglise, il faut accueillir l’Exhortation « Querida Amazonia » de François de la même façon que les prêtres de l’après-concile ont accueilli Vatican II : dans la plus grande indifférence et, éventuellement, en lui faisant dire tout le contraire de ce qu’elle dit.
C’est en fin de compte le meilleur moyen de pouvoir rester dans la foi catholique sans avoir à louvoyer entre les obscures circonvolutions de la pensée bergoglienne.

* * * * Jeudi, 13 février 2020.
Et si nous nous étions réjouis trop vite ?
A première vue, l’Exhortation post-synodale « Querida Amazonia » se situe dans la ligne de ce que l’Église a toujours enseigné au sujet du sacerdoce. Mais à première vue seulement ! Il faut, en effet, relire le document en ayant en mémoire qu’avec un pape qui s’est lui-même présenté comme « fourbe », il faut fouiller sous les mots qu’il emploie pour découvrir les habituelles ambiguïtés typiquement jésuitiques.

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En voici quelques unes en caractères gras et précédées du numéro renvoyant à l’Exhortation elle-même :

« 2. Dans cette Exhortation (…) je ne développerai pas toutes les questions abondamment exposées dans le Document de conclusion. Je ne prétends pas le remplacer ni le répéter. »

Clairement, « Querida Amazonia » ne remplace pas le Document de conclusion du synode. On relira donc avec intérêt
les nn. 104-111 du document en question pour comprendre que si François n’a pas abordé la question de l’ordination sacerdotale d’hommes mariés, c’est simplement parce que le sujet a été débattu… et que les conclusions étaient en faveur des « viri probati ».

« 11. Il n’est pas nécessaire de répéter ici les analyses, amples et complètes, qui ont été présentées avant et pendant le Synode. »

Les « analyses complètes » ont été présentées « pendant le Synode » écrit François. Est-ce à dire que « Querida Amazonia » présente des analyses incomplètes ? Et si oui, en quoi sont-elles incomplètes ?

« 6. L’Église (…) doit se développer en Amazonie. Pour cela elle reconfigure toujours sa propre identité par l’écoute et le dialogue avec les personnes, les réalités et les histoires de leur terre. (…) »

L’Église doit-elle « reconfigurer son identité » en écoutant ceux qui ne connaissent pas la Révélation ou doit-elle « proclamer la Parole à temps et à contretemps » (Cf. 2 Tim. 4, 2) ?

« 68. Il convient de reprendre ici ce que j’ai déjà dit dans l’Exhortation Evangelii gaudium sur l’inculturation, qui a comme base la conviction que la grâce suppose la culture, et le don de Dieu s’incarne dans la culture de la personne qui le reçoit. (…) De cette manière, l’Esprit Saint embellit l’Église, en lui indiquant de nouveaux aspects de la Révélation et en lui donnant un nouveau visage. Il s’agit, en définitive, d’encourager et de permettre que l’annonce inlassable de l’Évangile, transmis avec des catégories propres à la culture où il est annoncé, provoque une nouvelle synthèse avec cette culture. »

Si l’on comprend bien, l’Église grandit et s’embellit en s’appropriant des cultures qui lui sont étrangères. Notons que le cardinal Robert Sarah disait exactement le contraire : l’inculturation ne consiste pas à « mettre de la poudre sur le christianisme, une poudre africaine, une poudre asiatique… mais à laisser Dieu pénétrer ma culture. »

« 88. Le prêtre est signe de cette Tête qui répand la grâce, en particulier lorsqu’il célèbre l’Eucharistie, source et sommet de toute la vie chrétienne. C’est son grand pouvoir qui peut être reçu seulement dans le sacrement de l’Ordre. C’est pourquoi lui seul peut dire : “Ceci est mon corps”. Il y a d’autres paroles que lui seul peut prononcer : “Je te pardonne tes péchés”, parce que le pardon sacramentel est au service d’une célébration eucharistique digne. Le cœur de son identité exclusive se trouve dans ces deux sacrements. »

Le cœur de l’identité exclusive du prêtre se trouve dans deux sacrements : l’Eucharistie et le Pardon. Est-ce à dire que d’autres qu’un ministre ordonné peuvent ou pourront tôt ou tard conférer les cinq autres sacrements de l’Église ? Un élément de réponse se trouve quelques lignes plus loin :

« 89. Dans les circonstances spécifiques de l’Amazonie, en particulier dans ses forêts et ses zones très reculées (…) les laïcs pourront annoncer la Parole, enseigner, organiser leurs communautés, célébrer certains sacrements (sic)… »
« 91. Par ailleurs, l’Eucharistie est le grand sacrement qui signifie et réalise l’unité de l’Église, et qui est célébré afin que d’étrangers, de dispersés, et d’indifférents les uns les autres, nous devenions unis, égaux et amis. Celui qui préside l’Eucharistie doit prendre soin de la communion qui n’est pas une unité appauvrie, mais qui accueille la multiple richesse des dons et des charismes que l’Esprit répand dans la communauté.
92. C’est pourquoi l’Eucharistie, source et sommet, exige que cette richesse multiforme se développe. Il faut des prêtres, mais cela n’empêche pas que, d’une façon ordinaire, les diacres permanents (…), les religieuses et même les laïcs assument des responsabilités importantes pour la croissance des communautés, et arrivent à maturité dans l’exercice de ces fonctions grâce à un accompagnement adéquat. »


Quelle ambiguïté dans ces propos ! François commence par parler de l’Eucharistie dont la célébration fait partie du rôle spécifique du prêtre, a-t-il précisé quelques lignes auparavant, puis passe au rôle des diacres permanents pour en arriver à parler de la responsabilité des religieuses et même des laïcs… Du jésuitisme « à fond la caisse », serait-on tentés de dire !

Avec « Querida Amazonia », nous revenons à la case départ, mais par un chemin détourné - une « piste amazonienne » - dans lequel, privés de carte et de boussole, beaucoup ne manqueront pas de s’égarer.


* * * * Mercredi, 12 février 2020. Il suffit de lire certains articles de la grande presse dite « populaire » pour se rendre compte que quand les journalistes abordent une question touchant à la vie de l’Église, ils ne comprennent rien et n’ont généralement pas la moindre compétence pour écrire quoi que ce soit sur le sujet. Par exemple, pour eux, le pape François est un « homme d’ouverture » tandis que le cardinal Sarah est un « traditionaliste ».
Or, ceux qui entendent parler de l’Église et analyser ce qui s’y passe - les journalistes, donc - devraient commencer par avoir un minimum de culture religieuse à défaut d’avoir de suffisantes connaissances théologiques. Ils sauraient ainsi que l’important pour l’Église ne se décline pas en « hommes d’ouverture » versus « traditionalistes » : la seule chose qui compte, depuis les temps apostoliques, est que l’Église puisse compter sur des pasteurs fidèles à la doctrine catholique. Tout le reste relève des vieilles discussions sur le sexe des anges.

* * * * Mercredi, 12 février 2020.
« A la liturgie appartiennent aussi bien le silence que le caractère festif. Quand je retourne en pensée à mes propres années de séminaire, les moments de la messe matinale avec leur inépuisable fraîcheur et pureté, demeurent, avec les grandes liturgies pleines de l’éclat des fêtes, mes plus beaux souvenirs. La liturgie est beauté en ce que nous n’en sommes pas les acteurs mais que nous entrons dans ce qui est plus grand, qui nous enveloppe et nous prend en soi. J’aimerais encore une fois rappeler le canon romain de la messe : dans le “Communicantes”, la prière eucharistique évoque les noms de vingt-quatre saints en discrète correspondance avec les vingt-quatre anciens qui, dans la vision de l’Apocalypse, entourent le trône de Dieu dans la liturgie céleste. Toute liturgie est cosmique, nous sortant de nos pauvres groupements pour nous faire entrer dans la grande communauté qui embrasse le ciel et la terre. C’est ce qui lui donne son ampleur, son souffle puissant. C’est ce qui fait de chaque liturgie une fête. C’est ce qui rend riche notre silence et en même temps exige de nous de chercher une obéissance créatrice qui nous donne l’aptitude de chanter à l’unisson avec le chœur de l’éternité.
Le culte a affaire avec la culture : le rapport est obvie. La culture sans le culte perd son âme ; le culte sans la culture méconnaît sa dignité propre. (…) Dans la liturgie, nous touchons la Beauté même, la vie éternelle. A partir de la liturgie, la joie doit rayonner : en elle, la fatigue du jour peut toujours être transformée et surmontée. Quand la liturgie se fait centre vital, les paroles de l’Apôtre s’appliquent à nous : « Réjouissez-vous, je le répète, réjouissez-vous… le Seigneur est proche » (Phil. 4, 4). A partir du cœur de la liturgie et rien que de là, devient compréhensible ce que l’Apôtre Paul veut dire quand il définit le prêtre de la nouvelle Alliance comme « le serviteur de votre joie » (2 Co. 1, 24).
Au temps de ma jeunesse, on pouvait encore parfois trouver des gens pour penser que la préparation au sacerdoce consistait pour l’essentiel à apprendre à « dire la messe ». On ne s’étonnait pas que cela prît tant de temps puisqu’on savait aussi qu’on devait pour cela apprendre le latin et que cela n’était pas chose aisée. A condition de bien le comprendre, on pourrait dire en effet qu’en dernière analyse la préparation au sacerdoce a pour objet d’apprendre à célébrer l’eucharistie. Mais on peut aussi dire inversement : l’eucharistie existe en vue de nous apprendre la vie. L’école de l’eucharistie est l’école de vie droite ; elle nous conduit par son enseignement vers Celui qui seul a le droit de dire : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6). La charge effrayante de l’Eucharistie réside en ce que le prêtre a le droit de dire le « Je » du Christ. Devenir prêtre et être prêtre implique un constant mouvement vers une telle identification. Nous n’en avons jamais fini, mais si nous la cherchons, nous sommes sur la bonne voie : la voie de Dieu et de l’homme, la voie de l’amour. Tel est l’étalon sur lequel toute formation au sacerdoce [et toute vie sacerdotale] doivent être mesurées. »

Card. Joseph Ratzinger,
Mission et formation du prêtre, coll. Culture et vérité, Andenne (B), 1990.

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