L'ACTUALITE DU JOUR

* * * * NOUVEAU Dimanche 20 mai 2018. Les pièces du propre de la messe de la Pentecôte : cliquer ici.

* * * * Vendredi, 18 mai 2018. DEMISSION DES EVÊQUES CHILIENS A CAUSE DU PAPE FRANÇOIS...
D’après le compte Twitter de journalistes vaticanistes, tous les évêques de la Conférence épiscopale du Chili ont présenté leur démission à la suite de trois jours de débats avec le pape François.

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L’histoire ne dit pas combien de ces démissions seront finalement acceptées par le pape.
Toujours est-il que cette affaire fait suite au scandale d’abus sexuels dans l’Eglise chilienne dans lequel le Pape lui-même n’échappa pas aux critiques lors de son voyage au Chili. Il avait en particulier protégé l’évêque chilien Juan Barros impliqué dans ce scandale, en déclarant : « Il n’y a pas la moindre preuve. Tout cela n’est que calomnie. Est-ce clair ? » Plus tard et probablement sous la pression, il avait toutefois présenté des excuses.

Source : Kathnet (Trad. MH/APL)

* * * * Vendredi, 18 mai 2018. Ces derniers jours, dans une curieuse suite de coïncidences, les mots « testament » et « démission » sont revenus à plusieurs reprises dans la bouche et sous la plume du pape François, notamment appliqués à lui-même dans une certaine mesure.
Pour commencer, pendant l’homélie matinale à Sainte-Marthe de mardi 15 mai, François a recommandé à tous, et en particulier aux évêques, d’être prêts à « faire un testament » semblable à celui qu’avait fait l’apôtre Paul quand il a pris congé de la communauté d’Ephèse, comme le relate le chapitre 20 des Actes des Apôtres qu’on lisait à la messe du jour et du jour suivant.
Il ne s’agit pas d’un testament « mondain » - a expliqué le pape - comme quand on dit : « Cela, je le lègue à un tel, cela à un autre, cela à cet autre… », avec « beaucoup de biens » à distribuer. Mais plutôt d’un testament « qui puisse montrer le parcours de chaque évêque au moment de prendre congé » et qui serait « une sorte d’examen de conscience de l’évêque devant son presbyterium ».
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Dans cette homélie, François a répété quelque chose qui lui tient à cœur et sur lequel il revient souvent : le fait que Paul, en faisant le bilan de sa propre vie, « se vante de ses propres péchés ». Or, cela ne figure nullement dans les écrits de Paul ni même dans ses discours rapportés par les Actes (...).
Mais ce n’est pas le sujet. Il s’agit plutôt cette insistance du pape François sur l’obéissance à ce que dicte l’Esprit Saint, ou plutôt sur ce qu’il nous « contraint » de faire, même si pour le pasteur cela veut dire laisser son troupeau, avec lequel « nous ne nous reverrons plus ».
Le jour suivant, mercredi 16 mai, le sujet du testament et de la démission est à nouveau revenu à l’avant-plan, cette fois, en impliquant au premier chef non pas un mais bien deux papes. « L’Osservatore Romano » a dévoilé le texte d’un manuscrit inédit de Paul VI reproduit dans un livre de Mgr Leonardo Sapienza qui vient tout juste d’être publié sur ce pape: « La barca di Paolo », Edizioni San Paolo, Cinisello Balsamo, 2018. Ce manuscrit daté du 2 mai 1965 est en fait une lettre adressée au doyen des cardinaux dans laquelle Jean-Baptiste Montini - qui à cette époque était pape depuis moins de deux ans - se déclare prêt à renoncer au pontificat « en cas d’infirmité qu’on estimerait incurable ou de longue durée ou qui l’empêcherait d’exercer suffisamment les fonctions de notre ministère apostolique ; ou bien dans le cas où un autre empêchement grave ou prolongé constituerait un obstacle semblable ». Quelques semaines plus tard, le 30 juin 1965, Paul VI a également écrit les célèbres « Notes pour notre testament », complétées par quelques brefs ajouts en 1972 et 1973. Celles-ci sont cependant déjà connues alors que la lettre au sujet de sa démission vient d’être publiée pour la première fois.
Mais il y a autre chose. « L’Osservatore Romano » a également publié les quelques mots que le pape François a écrits, le 8 décembre 2017, en guise de commentaire sur ce texte de Paul VI. Ils nous montrent que Jorge Mario Bergoglio partage entièrement cette démarche entreprise par son prédécesseur. François écrit en effet ceci :
« Ce qui lui importe [à Paul VI – NdR], ce sont les besoins de l’Eglise et du monde. Et un pape empêché par une maladie grave ne pourrait pas exercer avec suffisamment d’efficacité le ministère apostolique. C’est pourquoi, en âme et conscience, et après mûre réflexion, il indique précisément ses volontés, dans l’intérêt supérieur de la Sainte Eglise. »
Cela laisse entendre qu’en cas d’empêchements tels que ceux évoqués par Paul VI, François lui-même serait prêt à renoncer au pontificat, comme il en avait déjà émis l’hypothèse à d’autres occasions.

Source :
Sandro Magister

* * * * Jeudi, 17 mai 2018.
D’un jeune internaute :
« De beaux échantillons représentatifs de l’épiscopat français nous parlent du pèlerinage des étudiants à Chartres :
cliquer ici.
En écoutant ces propos, une seule question vient à l’esprit : comment font ces évêques pour avoir un discours aussi vide, aussi convenu, aussi horizontal ? Pas une seule fois le mot de « Dieu » ou du « Christ » n’est prononcé ! Il nous parlent de « service des autres », de « trouver sa propre identité », de « faire avancer nos idées », d’un « temps pour réfléchir »... Bref, quel est rapport de ces slogans avec la spiritualité d’un pèlerinage ? Si le pauvre Péguy entendait ça !
En 2017 d’ailleurs, le pèlerinage des étudiants avait dû s’interrompre : manque de « souffle », avait-on dit. Pas étonnant : ce n’est pas en écoutant des mitres molles (cf. André Frossard) déblatérer des propos vides et aligner un verbiage creux que des étudiants - ou d’autres - ont pu avoir envie de ce lancer sur les routes de Chartres.
Franchement, cet épiscopat est petit, indigne, coupé des réalités, faible sur le plan intellectuel comme spirituel. Comment a-t-on pu en arriver là ? »

* * * * Jeudi, 17 mai 2018. L’INTERCOMMUNION, LE PAPE ET SA CHARGE PETRINIENNE
Sur la question de la réception de l’Eucharistie par des personnes non catholiques (couples mixtes catholique-protestant par exemple), le souverain pontife ne peut faire l’impasse sur le fait qu’il détient l’autorité de Pierre. C’est ce que rappelle le théologien Nicola Bux, dans un article paru dans le journal italien « La Nuova Bussola Quotidiana », en réponse à une intervention du cardinal Kasper parue dans « La Stampa ».
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Que dit le cardinal Kasper ? Il a applaudit des deux mains à l’initiative des évêques allemands de revendiquer la réception de la communion pour le membre protestant d’un couple mixte, en prétendant que le décret « Unitatis redintegratio » sur l’œcuménisme du concile Vatican II prévoyait déjà cette possibilité dans certains cas particuliers. Selon le cardinal Kasper, ce décret suggère aux Conférences épiscopales locales de prendre elles-mêmes des décisions « intelligentes ». Pour étayer sa thèse, Mgr Kasper fait encore appel à deux Encycliques du pape S. Jean-Paul II qui, selon lui, seraient, elles aussi, favorables à la communion donnée aux protestants : « Ut unum sint » parue en 1995, et « Ecclesia de Eucharistia » en 2003. Ces deux documents de Jean-Paul II montreraient que les catholiques et les protestants ont une vision commune en ce qui concerne l’Eucharistie. Il dit ainsi dans « La Stampa » : « Pour un luthérien fidèle à la Sainte Ecriture, la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie est une évidence. ». Plus loin il restreint un peu la portée de cette affirmation en disant qu’on ne peut certes pas en demander autant à un protestant qu’à un catholique. L’essentiel est de croire que l’Eucharistie est bien le Corps du Christ, qui a donné sa vie pour les hommes. Ceci a été très important pour Luther, précise Mgr Kasper. D’autre part, il pense qu’un « catholique lambda » ne comprend rien non plus à la transsubstantiation ou à la consubstantiation.
Selon lui, la décision du Pape François de remettre l’affaire entre les mains des évêques allemands a été « très sage » et « en total accord avec l’idée d’une Eglise synodale » : tels sont ses mots dans « La Stampa ». Il interprète la position du Pape comme un signal, laissant entendre que dans ces questions fondamentales, on ne peut pas se contenter de l’avis de la majorité, mais qu’il est nécessaire d’obtenir l’unanimité.
Et Mgr Bux de répondre, et de réfuter l’interprétation que fait le Cardinal Kasper des documents doctrinaux de l’Eglise. Il écrit dans « La Nuova Bussola Quotidiana » que le §8 de « Unitatis redintegratio » ne parle pas de l’intercommunion, mais de la « communicatio in sacris », c’est-à-dire de « la communauté ecclésiale lors de la célébration de la liturgie ». Le contexte du passage cité renvoie à la communauté en prière, non aux sacrements eux-mêmes. C’est seulement dans ce contexte-là que les Conférences épiscopales locales sont habilitées à prendre des décisions, et pas à propos des sacrements pour lesquels seule l’Eglise universelle est compétente. Et Mgr Bux poursuit en disant que dans son encyclique « Ut unum sint », Jean-Paul II n’a fait que confirmer la doctrine existante : celle-ci envisage le sacrement de pénitence, l’Eucharistie et l’onction des malades pour des chrétiens non-catholiques uniquement dans des situations de danger mortel ou de menaces très graves, et si les personnes concernées le demandent, se disent en accord avec la foi catholique au sujet des sacrements, et sont bien disposées à les recevoir. L’encyclique « Ecclesia de Eucharistia » insiste même clairement sur le fait que l’on devrait éviter l’intercommunion : celle-ci ne sera vraiment possible que lorsque l’unité parfaite sera rétablie dans l’Eglise, rappelle Mgr Bux en citant une nouvelle fois Jean-Paul II.

Source : Kathnet (Trad. MH/APL)

* * * * Jeudi, 17 mai 2018. Excellente analyse lue sur le site du « Forum catholique » :
« C'est une erreur de considérer que ces scènes consternantes de sous-liturgies désarticulées que l’on voit dans 90% des paroisses ordinaires viennent du rite de Paul VI en lui-même.
Mettez un missel de St-Pie V dans les mains du curé de cette paroisse italienne, et vous verrez comme il prendra un soin tout particulier à le massacrer.
Le problème, ce n’est pas le rite (même si, effectivement, le nouvel Ordo Missae a un certain nombre de défauts qui, mal compris et interprétés dans un sens progressiste, peuvent encourager les abus) ; le problème, c’est l’homme qui célèbre le rite. Le vrai problème, c’est que cet homme ne comprend pas l’esprit liturgique, n’a pas cet ars celebrandi qui nous vient de la Tradition et que l’on ne peut acquérir que par une solide formation accompagnée d’une profonde vie spirituelle, d’une véritable spiritualité liturgique.
Pour bien célébrer, il faut comprendre et intérioriser l’arrière-fond théologique, symbolique et mystique du rite, et s’imprégner soi-même de cet ethos liturgique, devenir soi-même un homo liturgicus, un homme qui entretient un rapport vital, existentiel avec la liturgie.
Les rubriques du rite de St-Pie V ne sont rien d’autre qu’un corset. Certes, elles permettent - c’est leur avantage - de mettre les fidèles à l’abri des plus graves abus, au moins en apparence. Mais en même temps, elle dissimulent les problèmes de spiritualité qui continuent de couver jusqu’à ce qu'ils éclatent au grand jour... dès que le corset tombe. Le nouvel Ordo Missae, lui, agit comme un révélateur : le prêtre qui comprend, aime, et vit la liturgie célébrera bien n’importe quel rite ; a contrario, celui qui célèbre correctement l’ancien Ordo Missae mais massacre le nouvel Ordo Missae révèle que sa spiritualité, sa foi ne tiennent qu’à l'application servile des rubriques et que sans elles, il est incapable d’avoir un rapport sain et authentique avec le rite liturgique.
On a le droit de considérer les rubriques comme nécessaires, mais il faut garder à l’esprit qu’elle constituent elles-mêmes une dérive moderne : elles sont apparues justement au début de l’ère dite moderne, c’est-à-dire à partir du moment où, parce que l’on commençait tout doucement à perdre le sens profond de la liturgie, on a estimé nécessaire de mettre par écrit - pour ne pas qu’elles disparaissent - les attitudes rituelles qui auraient dû rester des réflexes spontanés mais qui commençaient à s’effacer des coeurs et des esprits. »

Un seul mot : bravo !

* * * * Jeudi, 17 mai 2018. Le 2 juillet 1988, le pape S. Jean-Paul II, dans son Motu proprio « Ecclesia Dei adflicta », invitait l'ensemble des fidèles catholiques à refuser « toutes les interprétations erronées et les applications arbitraires et abusives en matière doctrinale, liturgique et disciplinaire. » Cette injonction sonnait comme un écho de sa Lettre « Dominicae Cenae » du 24 février 1980 dans laquelle il avait déjà écrit qu’un prêtre qui ne respecte pas les normes liturgiques données par l’Eglise est un ministre auquel il manque « l’esprit de foi ».
Il est certain que la plupart des messes actuellement célébrées dans les paroisses sont des images déformées de la liturgie de l’Eglise : célébrées par des prêtres dépourvus d’ « esprit de foi », elles n’ont plus qu’un très lointain rapport avec ce qu’est et ce que croit l’Eglise catholique.
Dans le contexte actuel, il est donc de notre devoir, par obéissance à S. Jean-Paul II et au nom de la vérité qui rend libre, de refuser de fréquenter les messes paroissiales ou les célébrations épiscopales qui ne sont pas strictement conformes à ce que l’Eglise a établi et qui doit être mis en œuvre avec sérieux, gravité, respect et dignité.
Il faut refuser d’avoir des contacts avec un clergé aussi idéologue qu’ignare et indigne qui, à force de massacrer la liturgie pour, dit-il, la rendre plus populaire et plus vivante, finit par inculquer une mentalité protestante dans l’esprit des fidèles, surtout des fidèles qui pratiquent encore. Car cette mentalité protestante qui touche aujourd'hui des diocèses entiers, des secteurs paroissiaux entiers, conduit inévitablement à l’éveil d’un christianisme foncièrement anti-ecclésial et anti-eucharistique. Une telle dérive porte un nom qu'il faut oser dire : apostasie.
Quant aux évêques qui refusent de voir cette réalité pour éviter à prendre des décisions fortes et à publier des enseignements clairs, il convient de les considérer comme infidèles à la mission qu’ils ont accepté de remplir. C’est gravissime de devoir écrire de telles choses; mais il faut bien reconnaître que certains de leurs comportements en matière de liturgie frisent la profanation érigée en modèle.
C’est difficile et douloureux à dire mais il faut le dire quand même : sachant comment la liturgie eucharistique est célébrée dans telle paroisse sans tenir compte du missel romain, il vaut parfois mieux rester chez soi le dimanche plutôt que d’aller à l’église participer à une « messe-ketchup » qui, en plus de poser la question de la validité de la célébration, donne la nausée à toute personne normalement constituée.
Certes, l’assistance à la messe dominicale est obligatoire, et il faut des raisons graves pour s’en dispenser. Mais assister à un simulacre de messe qui ne ressemble plus à ce qui est voulu par l'Eglise simplement pour « cocher la case » et satisfaire à l’obligation dominicale, est-ce ça a encore du sens ? Est-ce que ça rime encore à quelque chose ? La réponse est : NON. Ça ne rime à rien ; ça n’a pas de sens ; ça n’a PLUS de sens car le chaos n'a pas de sens, même quand il est érigé en norme. Pire, l'assistance à la messe dans de telles conditions est contre-productive au moins pour deux raisons : d’abord, parce que de telles mascarades non seulement ne nourrissent plus la foi mais contribuent à la détruire (surtout la foi en l’Eucharistie) ; ensuite, parce que cette notion d’obligation dominicale, mal comprise et appliquée sans en comprendre la finalité, contribue à prolonger une situation délétère, puisque nos clérocrates s’imaginent que leur manière de célébrer n’est pas si mauvaise... tant que des gens continuent de venir.
Nous sommes dans une situation dramatique. Seule solution : rompre définitivement les amarres avec ces pseudos-messes et ces pseudo-paroisses qui n’ont plus de catholique que le nom.

* * * * Mardi, 15 mai 2018. Tout prêtre qui se prépare à célébrer une messe devrait se poser une seule question : « Est-ce que, à travers ce que je vais faire, Dieu apparaîtra à la première place ? »
Malheureusement, cette question essentielle, la plupart des prêtres - et des évêques - ne se la posent pas.
A la place, ils demandent : « Que dois-je faire pour suivre le programme préparé par l’équipe liturgique ? Qu’est-ce que la chorale a prévu de chanter à la place du “Credo” ? Est-ce que Madame Michu a mis son arrangement floral au bon endroit ? Est-ce qu’on a donné au petit Dylan les intentions de la prière universelle qu’il doit lire au micro ? Qu’est-ce que je vais bien pouvoir dire comme “mot d’accueil” ? »
Autant de questions qui prouvent que pour beaucoup de ministres de l’autel, une célébration liturgique doit d’abord être un divertissement frivole avec beaucoup de paroles, de chants, de gesticulations, de mimiques, de tralala factice et de déplacements étrangers au Mystère qui est célébré.
Dans de telles conditions, Dieu n’apparaît plus comme le premier protagoniste de la liturgie : il devient le Grand Absent d’assemblées paroissiales qui ne parviennent plus à susciter un désir de sanctification, d’une rencontre silencieuse et fructueuse avec Dieu seul.

* * * * Mardi, 15 mai 2018. Un jeune membre de de Pro Liturgia nous envoie l’excellente analyse suivante :
« Si la liturgie est la source et le sommet de la vie de l’Eglise, comme l’enseigne le concile Vatican II, il n’est pas étonnant, lorsque l’on voit le triste marasme dans lequel est plongé le Culte divin, que la barque de Pierre craque de toutes part et que l’Eglise du Christ semble promise à une décomposition et un effondrement imminents.
Ne nous y trompons pas : les propos du pape François semant la confusion doctrinale et laissant entendre que le Successeur du Prince des Apôtres renonce à assumer sa fonction d’enseignement en matière de foi et de morale, les hauts prélats qui se permettent de faire des propositions totalement contraires à la doctrine professée par l’Eglise depuis ses origines, cet effondrement du niveau intellectuel et spirituel du clergé, ces hautes sphères de l’Eglise organisées en groupes de pression dont l’influence est croissante et qui semblent gagnées de plus en plus largement par une mentalité rationaliste et ultra-progressiste, ces attaques permanentes contre les fondements mêmes de la foi et de la morale de la part de ceux qui, justement, ont pour mission de les défendre, ce désintérêt massif pour la foi de populations en phase de déchristianisation avancée, parallèle au suicide spirituel que constitue le ralliement de pans entiers de l’Eglise à la mentalité moderne, tous ces signaux et symptômes inquiétants ont une seule source, une même origine. Cette source, cette origine doit être vue dans la très profonde crise de la spiritualité qui ronge de l’intérieur l’Eglise d’Occident depuis la Renaissance et les débuts de l’ère dite “moderne”.
Parce que le christianisme est la religion du Verbe fait chair, la spiritualité chrétienne traditionnelle a toujours été essentiellement vécue dans le cadre de la liturgie, c’est-à-dire de cet ensemble de signes matériels, de gestes et de symboles, dont la cohérence globale exprimait le mystère de la foi et soulignait l’union de la matière et de l'esprit, du Verbe et de la chair.
Face à cette crise qui n’est que le signe d’une très profonde dégénérescence de la spiritualité, les catholiques, désorientés, sans repères, agissent comme des animaux affolés à qui l’on viendrait de crever les yeux et qui s’engagent dans des voies toutes plus stériles les unes que les autres. Certains voient leur salut dans l’organisation de grands événements diocésains vides de signification et uniquement destinés à s’auto-persuader qu’ils sont encore capables de rassembler du monde ; d’autres considèrent la liturgie comme adaptable en permanence à tous les types de publics, réduisant ainsi la signification des rites sacrés à un simple outil pastoral mis entre les mains d’ouvriers sans aucune formation ; d’autres encore s’imaginent qu’il suffit de sauter à pieds joints par-dessus Vatican II et de reconstituer la liturgie telle qu’elle était avant le Concile pour régler tous les problèmes actuels de l’Eglise ; d’autres s’imaginent que le salut viendra de célébrations dégoulinantes de sentimentalisme de type “glorious”, comme si la vie chrétienne pouvait se réduire à un débordement d’affects et d’émotions collectives peut-être provisoirement intenses mais assurément passagères, etc.
Qu’on se le dise une fois pour toutes : il ne nous est pas difficile de prophétiser que toutes ces pseudos-solutions que les marchands de rêves diocésains et les nostalgiques des temps anciens nous présentent comme des voies de salut ne tarderont pas, dans un avenir proche ou lointain, à démontrer toute leur vacuité et leur stérilité.
Seule une redécouverte en profondeur de la signification théologique, symbolique et mystique des rites sacrés, réalisée dans un esprit d’obéissance aux normes liturgiques objectives et de fidélité à l’esprit de la Tradition vivante de l’Eglise, est capable d’ouvrir les chemins d’un authentique renouveau du christianisme en Europe et dans le monde. »

* * * * Lundi, 14 mai 2018. Extrait de « La grande rupture ou les épreuves de l’après-concile : un organiste témoigne » (Editions Librim Concept, Lille) :
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« Durant près d’un demi-siècle, allant d’église en église et de tribune d’orgue en tribune d’orgue, j’ai eu dans un premier temps l’occasion de rencontrer des clercs majoritairement gagnés aux idéologies progressistes. Tous se prévalaient du concile Vatican II pour déconstruire la liturgie morceau après morceau et la remplacer par des célébrations sans arrêt remaniées, repensées, changées, modernisées, adaptées, falsifiées qui n’avaient plus aucun rapport avec la célébration de la foi. J’ai alors compris que certains de ces clercs, mal à l’aise dans les exigences d’une vie sacerdotale qu’ils avaient embrassée sans véritablement avoir la vocation, entendaient profiter du bouillonnement postconciliaire pour faire leur “coming out” se traduisant par des gémissements d’amour et d’adoration devant un monde dont, au fond d’eux-mêmes, ils conservaient une certaine nostalgie.
Ces clercs-là, qui étaient tous formés “à l’ancienne” avant le Concile, se sont mis du jour au lendemain à semer le doute et la confusion dans l’esprit des fidèles afin de pouvoir ensuite les obliger à outrager et à abandonner tout ce que l’Eglise avait construit et respecté depuis ses origines pour transmettre la foi et la célébrer.
J’ai vu arriver ensuite une nouvelle génération de prêtres. Ceux-ci, souvent moins virulents et moins démolisseurs que leurs aînés, n’avaient malheureusement, en guise de bagage théologique, que leurs tons de voix sirupeux, leurs sourires qui me semblaient aussi vides que celui du chat de Lewis Caroll et un vague saupoudrage d’idées à la mode qu’ils avaient appris à répéter à la façon de mantras. Ayant été préparés à la prêtrise dans des séminaires diocésains où, comme l’a affirmé Mgr Gaidon, ancien évêque de Cahors, ne pouvaient demeurer que des “esprits faibles”, ils ont littéralement saoulé les fidèles de slogans creux, de célébrations décousues, de catéchèses vides à l’aide desquels ils imaginaient “engager le peuple de Dieu dans une Eglise autre”.
J’ai vu la dévastation des paroisses se faire en toute liberté grâce au silence assourdissant que gardaient les évêques devant la multiplication des désordres infligés à tout ce qui touchait aux fondements de la foi ; j’ai même entendu certains de ces évêques encourager et louer toutes les extravagances et les énormités qui se faisaient au nom de la “pastorale”. Aujourd’hui encore, certains évêques désacralisent la liturgie eucharistique en la célébrant sur des pistes d’autos tamponneuses, sous des chapiteaux de cirques, dans des salles de spectacles...
J’ai vu la partie la plus influente du clergé railler ou ignorer les enseignements des papes qui, du Bx Paul VI à Benoît XVI, en passant par S. Jean-Paul II, tentaient de redresser ce qui devait être redressé, de sauver ce qui pouvait être sauvé, de soutenir les fidèles blessés qui, malgré les obstacles rencontrés dans leurs paroisses, souhaitaient demeurer catholiques.
J’ai vu des fidèles devenir sans s’en rendre compte de moins en moins catholiques au fur et à mesure qu’on parvenait à les rendre malléables au point de tout accepter, amnésiques au point de tout oublier, infantilisés au point de foncer tête baissée dans les célébrations les plus niaiseuses et les catéchèses les plus inconsistantes.
J’ai vu des communautés religieuses suivre servilement le mouvement destructeur qui ravageait les paroisses. Confiées aux mains de responsables appartenant à cette génération immergée dans les idéologies et les aspirations des années 1970, elles ont accepté de se plier à l’arbitraire des goûts, des idées, des caprices, des lubies qui, tout doucement, dans une indifférence générale, leur ont fait perdre tout ce qui leur aurait permis de tenir et demeurer un refuge au milieu de la tempête. Ces communautés, aujourd’hui, s’éteignent les unes après les autres, faute de savoir susciter des vocations.
Mais, au milieu de ce champ de ruines, j’ai aussi rencontré d’excellents prêtres, silencieux, humbles, courageux : de véritables serviteurs de l’Eglise, fidèles aux exigences et aux richesses de leur sacerdoce.
Je les ai vus souffrir de se savoir abandonnés et blâmés par leurs évêques respectifs qui leur reprochaient d’enseigner le catéchisme de l’Eglise, de célébrer la liturgie de l’Eglise, de diffuser les enseignements magistériels alors que partout ailleurs on s’employait à établir une Eglise flasque constituée d’un “conglomérat de communautés” dans laquelle on pourrait désormais se dire catholique tout en rejetant un à un les articles du Credo.
J’ai compris la grande souffrance de ces vrais pasteurs abandonnés à la vindicte de laïcs ne s’engageant souvent dans des “équipes d’animation” que pour se faire voir et mettre partout le désordre.
J’ai vu ces prêtres reprendre courage lorsque fut choisi Joseph Ratzinger pour succéder à Pierre à la tête de l’Eglise. Ils avaient compris que ce cardinal bavarois était un des leurs : pasteur et humble serviteur de l’Eglise comme eux souhaitaient l’être, ministre de l’authentique prière liturgique comme eux désiraient l’être dans la fidélité des enseignements conciliaires.
J’ai compris que le “principe de Peters” s’appliquait dans l’Eglise postconciliaire comme partout ailleurs dans le monde moderne, dans la mesure où il permet d’avoir, à la tête des diocèses et des paroisses, des responsables dont le mot d’ordre est celui des maisons de retraite : pas de vagues, pas de bruit, pas de disputes. Grosso modo, ne jamais déplaire à ceux qui ne font rien d’autre que brasser de l’air ; éviter de poser les questions qui risqueraient de mettre les structures inutiles en péril ; ne jamais rappeler clairement les enseignements de l’Evangile et de l’Eglise qui puissent désespérer ceux qui se sont alignés sur la molle doxa ambiante ; ne pas perdre son temps à prier devant le tabernacle mais s’occuper en participant à un maximum de réunions qui sont l’occasion de s’ “autocongratuler” pour le vide qu’elles produisent.
J’ai compris que désormais ne règnent plus, dans les paroisses et les diocèses, que des esprits suffisamment contaminés et égarés pour demeurer en admiration devant les pires transgressions doctrinales, liturgiques, catéchétiques : des esprits avec lesquels il est devenu presque impossible de discuter tellement ils paraissent éloignés des réalités de la foi catholique comme des aspirations des simples fidèles. (...) »

Aujourd’hui, je ne peux m’empêcher de penser que c’est cette Eglise molle, vagabonde, instable et sans doctrine qui, au fond, correspond le mieux au tempérament du pape Bergoglio. Ses déclarations vides et sa façon de ne jamais répondre aux questions qui lui sont posées en matière de doctrine et de morale m’en fournissent une preuve.

* * * * Lundi, 14 mai 2018. Avec le concours du cardinal Ravasi, du cardinal Dolan et du père Martin, on a ouvert les musées du Vatican et la sacristie de la chapelle Sixtine pour en sortir des reliques et des ornements sacrés et les prêter pour un gala organisé à New York : une dalmatique de Pie IX, une chasuble de Pie XI, une chape de Benoît XV, les chaussures rouges de saint Jean-Paul II ainsi que la tiare papale de Pie IX... Autant de « vieilleries » qui prenaient la poussière au fond des armoires.
Le tout a été superbement mis en valeur sur des top-models comme Rihanna et Katy Perry :

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Ce qui est peut-être encore plus grave, c’est d’entendre le silence assourdissant de nos évêques face à un tel sacrilège dont le pape François porte une grande part de responsabilité. Un tel silence est une preuve manifeste que dans l’Eglise catholique, le sacré est bafoué comme est bafoué le respect dû à Dieu.
N’ayons plus peur de dire que nous assistons à l’instauration d’une chienlit généralisée !

* * * * Lundi, 14 mai 2018. A l’occasion des journées de communication sociale, le pape François a signé une prière qu’il faut lire en faisant un gros effort pour ne pas rire.
On appréciera tout particulièrement le troisième verset et, bien sûr, le dernier...

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* * * * Lundi, 14 mai 2018. Au sujet de l’intercommunion et du silence de François...
Rappel : une délégation d’évêques allemands s’est rendue récemment à Rome pour défendre une proposition pastorale selon laquelle le conjoint protestant d’un mariage mixte devait pouvoir accéder à la communion sacramentelle lors d’une messe catholique. Parallèlement, une minorité d’évêques, autour du cardinal Woelki, archevêque de Cologne, a fait connaître son désaccord avec une telle démarche.
On accuse à présent le cardinal Woelki d’avoir agi dans le dos de la Conférence des évêques d’Allemagne, ce dont il se défend dans une interview qu’on trouve sur le site internet du diocèse de Cologne, « Domradio ». Le cardinal déclare en effet avoir précisé sa position sur cette question dès le mois de mars 2017. A savoir que pour lui, il s’agit là d’une question fondamentale et tout à fait centrale : il y va de l’Eucharistie elle-même. Pour nous chrétiens catholiques, et aussi pour nos frères orthodoxes, c’est une question essentielle, car la compréhension de l’Eucharistie est toujours très étroitement liée à celles de l’unité de l’Eglise et de la confession de la foi. Et là, on ne peut pas détourner son regard des différences qui persistent entre les chrétiens catholiques et protestants : une autre conception de l’Eglise, une autre compréhension de la notion de sacrement.

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Le cardinal Woelki rejette le reproche que lui fait le cardinal Marx (bras droit du pape François) de ne pas avoir été informé de sa position : dès le 16 mars 2017, quelques jours avant la session de printemps de la Conférence des évêques, Mgr Woelki déclarait avoir envoyé une lettre au président de la Conférence. Lettre dans laquelle il exprimait ses doutes et exposait sa position personnelle sur le sujet. En particulier, il précisait que la discussion à venir au sein de la Conférence des évêques d’Allemagne devait rechercher une position, d’une part, commune à tous les évêques allemands et qui soit surtout, d’autre part, en accord avec les dicastères romains concernés. Il insistait sur le fait que cette question essentielle doit s’inscrire dans le contexte de l’Eglise universelle. A ce moment-là déjà, il avait clairement informé qu’il ne pourrait souscrire à une décision qui n’aurait pas été reconnue aussi par les autres conférences épiscopales et les responsables du Vatican.
Après la récente visite à Rome de la délégation des évêques allemands et la réponse obtenue du pape qui parlait de trouver « dans un esprit de communion ecclésiale, une solution si possible à l’unanimité », le cardinal Woelki insiste encore sur le fait que cette unanimité ne peut se comprendre que comme unanimité de l’Eglise toute entière ; qu’il faut penser aussi à nos relations avec nos frères orthodoxes ; que les solutions préconisées s’adressent certes aux chrétiens protestants vis-à-vis de l’Eucharistie catholique, mais n’envisage pas de réciprocité. Et de conclure qu’il faut absolument chercher des réponses recevables par l’Eglise universelle dans sa plénitude.

Source : Kathnet (Trad. MH/APL)

* * * * Lundi, 14 mai 2018. Lorsqu’un prêtre est choisi pour devenir évêque et qu’il accepte la charge, il est de coutume qu’il adresse un message à ses futurs diocésains.
En reprenant les messages de ces trente dernières années, on remarque que pas un seul candidat à l’épiscopat ne fait la moindre allusion à la liturgie, à son importance, à l’obligation de la célébrer dignement et fidèlement. Pas une ligne, pas un mot ! C’est bien la preuve que pour nos évêques, la liturgie, que Vatican II considère comme étant la source et le sommet de la vie de l’Eglise, la liturgie, donc, n’a aucune espèce d’importance. Du moins, pas plus d’importance qu’une réunion occasionnelle entre « potes ». Il est vrai qu’on voit mal nos évêques demander que la liturgie soit partout célébrée selon les normes données par le missel romain alors qu’on constate qu’eux-mêmes ne les respectent pas.

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