L'ACTUALITE

* * * * NOUVEAU Lundi, 16 décembre 2019. Dans le diocèse de Grenoble placé sous la houlette de Mgr de Kerimel, les fidèles sont invités à « rêver leurs paroisses de demain » (Source : « La Croix »).

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Visiblement, ne sont intéressé(e)s par ce nouveau machin loufoque que des fidèles d’un certain âge qui, en plus d’être insomniaques et donc incapables de rêver quoi que ce soit, ne connaîtront sûrement pas les paroisses « de demain ».
Ce n’est plus du rêve que nous vendent nos pauvres évêques qui semblent rivaliser en divagations pastorales : ce sont leurs cauchemars.

N.B. Quelqu’un fait remarquer qu’on fait désormais dans les églises les “activités” qu’on fait faire dans les EHPAD. Ce n’est pas totalement faux.

* * * * NOUVEAU Lundi, 16 décembre 2019.
Célébration de la lumière pendant un Service religieux anglican au Trinity Collège pour le premier dimanche de l'Avent.
On remarquera les vêtements portés par les ministres : ils sont directement copiés des vêtements liturgiques romains qui étaient en usage chez les catholiques à l’époque de Trente et de S. Pie V : sobriété, absence de raideur, pas de dentelles... Tout le contraire de ce que font généralement les “catho-tradis”.
Et pour les “catho-conciliaires”, pas de “petit mot d'accueil”, pas de commentaires, pas de direction des chants...
A remarquer aussi : la dignité, la tenue, la qualité de la préparation de l’Office. Qu’on est loin d’un tel souci d’élévation dans le petit monde catholique franco-français où même dans les cathédrales, la liturgie est une proche d’une « prétentieuse indigence » que de la « noble simplicité » voulue par Vatican II !
C’est
à voir ici.

* * * * NOUVEAU Lundi, 16 décembre 2019. LE PRÊTRE :
« (...) Le sacerdoce néotestamentaire étrenné par les Apôtres possède une dimension totalement christologique ; il implique l’insertion de l’homme dans la mission de Jésus-Christ. Il s’ensuit que l’essentiel et le fondamental dans le ministère sacerdotal, c’est le lien profond et personnel au Christ. Tout en dépend, et ce doit être la clef de voûte de la préparation au sacerdoce et de toute formation ultérieure dans l’état sacerdotal.
Le prêtre doit être un homme qui connaisse Jésus de l’intérieur, qui l’ait rencontré et qui ait appris à l’aimer. Voilà pourquoi le prêtre doit être avant tout un homme de prière, un être véritablement “religieux”. Sans une forte consistance spirituelle, il ne peut pas persévérer à la longue dans son ministère.
Il doit aussi apprendre du Christ que dans sa vie l’important n’est ni l’autoréalisation ni le succès ; il n’est pas question de construire une vie intéressante ou agréable, de se créer une communauté d’admirateurs ou de partisans mais d’agir pour le bien d’autrui, qui est le véritable sujet d’intérêt. Au début, cela contrarie la pesanteur naturelle de notre existence, mais avec le temps on s’aperçoit que l’insignifiance progressive du “moi” est l’agent libérateur authentique.
Quiconque œuvre pour le Christ sait que celui qui sème n’est pas celui qui récolte. Il n’a pas besoin de s’interroger continuellement ; il confie les résultats au Seigneur et fait son devoir sereinement, libre et heureux d’être en sécurité dans le tout. Si certains prêtres se sentent aujourd’hui surmenés, fatigués et frustrés, c’est le résultat d’une recherche exaspérée du rendement. La foi devient un bagage encombrant que l’on traîne avec difficulté, au lieu d’être l’aile qui fait voler. (...) Lorsque la foi est perçue comme une complication supplémentaire de la vie, elle ne peut pas rendre heureux, et il n’est pas gratifiant de se mettre à son service. En revanche, celui qui a découvert le Christ dans son être intime, qui en a une connaissance de première main, fait aussi cette découverte, que cette relation donne un sens à tout le reste et embellit ce qui est pénible. Il faut éprouver cette joie du Christ pour se complaire à son service et rendre celui-ci fructueux.
L’amour porte à connaître et, selon ce principe, l’amour véritable du Christ s’extériorise également dans la volonté de chaque fois mieux Le connaître et de connaître tout ce qui est en rapport avec Lui. S’il est vrai que l’amour du Christ devient nécessairement un amour humain, cela signifie que l’enseignement de la doctrine du Christ doit aussi inclure l’éducation aux vertus naturelles de l’être humain. S’il est vrai que L’aimer c’est Le connaître, la disposition à une étude sérieuse et diligente est le signe du sérieux de la vocation et de la recherche intérieure de sa proximité. La pratique de la foi permet l’exercice de la véritable humanité en faisant l’apprentissage de ce qu’il y a de raison dans la foi.
Du fait que le Christ n’est jamais seul, étant venu unifier le monde dans son Corps, il faut ajouter une autre composante : l’amour de l’Eglise. Nous ne cherchons pas un Christ inventé par nous ; ce n’est que dans la communauté réelle de l’Eglise que nous rencontrons le Christ réel. Et notre disposition à aimer l’Eglise, à vivre avec elle, à servir le Christ en elle, apporte la preuve de la profondeur et du sérieux de la relation au Seigneur lui-même. (...) »

Cardinal Joseph Ratzinger

* * * * Dimanche, 15 décembre 2019. Dans nombre de messes paroissiales, les fidèles sont “invités” ou souvent même “forcés” à accepter des célébrations originales , c’est-à-dire qui ne sont jamais véritablement conformes au modèle liturgique transmis par l’Eglise.
Le message que renvoient ces célébrations au cours desquelles sont introduit des éléments plus ou moins fantaisistes (gestes du célébrant, chants, vêtements liturgiques, disposition de l’autel...) peut se résumer à « il faut adapter la liturgie à la communauté locale ». Car c’est ainsi que la communauté locale - la paroisse ou le groupement paroissial - va pouvoir s’affirmer : sa façon de participer à des célébrations soumises à la façon “originale” qu’a le prêtre et son équipe liturgique d’organiser la messe dominicale deviendra sa marque. Et à travers cette marque, c’est le célébrant et les membres de l’équipe d’animation liturgique locale qui pourront s’affirmer, sortir du lot et passer pour des fidèles exemplaires, “engagés”. En un mot : il pourront « vivre ».
Toutefois, l’expérience de ces cinquante dernières années montre que celles et ceux qui s’engagent dans cette voie de la recherche de l’originalité liturgique par le biais de chants nouveaux, de gestes affectés, d’attitudes étudiées, d’oraisons bricolées... finissent toujours par se faire rapidement piéger. Car lorsque le but essentiel d’une liturgie eucharistique est d’être « originale », le fait de vouloir s’y montrer en fidèle « original » conduit à devoir adopter les comportements tristement conformistes qui sont ceux de la communauté locale réunie pour célébrer.
L’originalité qui veut se démarquer de la « Tradition » reçue de l’Eglise devient alors rapidement le moyen d’imposer des comportements... « traditionnels » : dans telle paroisse, par exemple, il est devenu « traditionnel » de réciter un « Je crois en Dieu » “original” à la place du vrai Credo ; dans telle église, il est devenu « traditionnel » que le célébrant ne porte plus de chasuble... Ainsi, ceux qui cherchent à être originaux en liturgie participent consciemment ou non à un phénomène de conformisme de masse dépourvu de toute signification véritablement liturgique.
Paradoxalement, face à ce phénomène de conformisme de masse largement développé dans les paroisses, la véritable « originalité » se trouvera chez celui qui participe à une liturgie célébrée par un prêtre soucieux de mettre le Missel romain en œuvre sans y ajouter, retrancher ou modifier quoi que ce soit. Car trouver aujourd’hui une messe qui soit vraiment une messe au sens où l’entend l’Eglise semble quelque chose de proprement atypique.
La particularité de celui - qu’il soit prêtre ou laïc - qui veut faire la promotion de célébrations “originales” par l’introduction d’éléments étrangers à la liturgie, c’est la fuite en avant obsessionnelle et parfois désespérée qu’il entraîne. Car son souci de se montrer “original” en donnant une touche personnelle à la liturgie devient vite une nouvelle façon de traiter la liturgie qui ne sera vraiment originale que quelques semaines. Il faut donc sans cesse démolir ce qui a été fait et trouver, pour progresser, quelque chose de nouveau, d’inédit. Façon de faire qui est propre à l’idéologie socialo-communiste mais qui n’appartient sûrement pas aux fondements du catholicisme.
Pourquoi voit-on des fidèles s’engager dans l’élaboration de liturgies dominicales “originales” ? Parce que cet engagement touche à leur individualité, à leur image, à leur construction personnelle : être intégré dans une équipe d’animation liturgique au sein de laquelle ils seront invités à imaginer des pratiques liturgiques “originales” (que ce soit par le biais des chants, de la disposition de l’autel, des slogans affichés dans les chœurs des églises) deviendra un moyen de dépasser les autres fidèles, de se situer au-dessus d’eux, simples consommateurs de célébrations. En réalité, ces fidèles engagés, actifs, préoccupés de la survie de la paroisse, entreront dans un cercle vicieux dont ils ne sortiront plus jamais : la recherche de l’originalité en liturgie deviendra une idée fixe et une messe célébrée comme l’Eglise demande qu’elle soit célébrée ne les intéressera plus. Pire : si dans leur paroisse arrive un prêtre qui respecte la liturgie, ces fidèles adeptes d’ “originalité” se montreront très critiques à l’encontre de leur nouveau pasteur ; et si ce dernier ne cède pas, il verra les fidèles “originaux” cesser toute pratique dominicale.
Le psychothérapeute Paul Watzlawick a expliqué que rester enfermé dans la « double contrainte » - celle qui consiste à vouloir une originalité qui ne puisse pas devenir une nouvelle occasion de conformisme - et peut être la cause d’une névrose - dont le signe est soit la fuite en avant compulsive (du neuf, du neuf, toujours du neuf !), soit au contraire le désenchantement conduisant au renoncement puis au mutisme. Le seul moyen de dépasser une « double contrainte », poursuit Watzlawick, c’est de prendre du recul et de constater le caractère absurde de l’invitation à être “original ”. En liturgie, cela consiste à avoir une réflexion critique sur le message véhiculé par les revues d’animation liturgique et les sessions pour animateurs liturgiques et à se demander : que cherche-t-on vraiment à nous faire faire derrière tout cela ?
Il y a fort à parier que celui qui prendra le temps d’analyser les messages implicites envoyés à longueurs de messes par les célébrants et les fidèles laïcs qui veulent des liturgies “originales”, constatera vite qu’il est le jouet de pratiques d’autant plus stériles et risquées pour la foi qu’elles se contredisent toutes les unes les autres.
C’est d’ailleurs ce qui avait conduit Mgr Bux à se demander dans l’un de ses ouvrages comment il est possible de garder la foi en allant à ces messes paroissiales que l’on veut “originales”.


* * * * Dimanche, 15 décembre 2019.
Pour écouter le chant d'entrée “Gaudete” du IIIe Dimanche de l’Avent, cliquer ici. Pour écouter le chant de communion, cliquer ici.

* * * * Samedi, 14 décembre 2019.
On nous répète que les grèves pourraient peut-être gâcher Noël.
C’est totalement faux : tout au plus mettront-elles un frein au consumérisme qui fait de Noël un moment particulièrement adapté à l’ « homo festivus » lequel, s’étant coupé de la transcendance et du sacré, ne poursuit plus qu’un objectif : s’égarer dans des divertissements aussi conventionnels que vides de sens. L’expression “magie de Noel” exprime bien cet égarement.


* * * * Samedi, 14 décembre 2019.
Selon une enquête réalisée par l’Institut de recherche sociale « INSA » d’Erfurt (D), plus de la moitié de la population (56%) d’Allemagne a l’intention de n’assister à aucun office religieux pour Noël.
Seules 23% des personnes interrogées prévoient d’assister à un office. 15% n’ont encore rien décidé et 6% préfèrent ignorer la question.

* * * * Samedi, 14 décembre 2019. Les évêques - successeurs des apôtres - sont appelés à enseigner et à défendre la foi. Croire qu’en l’édulcorant et en simplifiant la liturgie qui en est l’expression la rendra plus accessible, plus attirante, est une grave erreur.
Une “démocratisation” de la foi marquerait le commencement de la fin de l’Eglise, car elle transformerait la Révélation divine en une lutte de pouvoir. C’est pourtant cette fin de l’Eglise par voie de démocratisation qui s’annonce en Allemagne avec le « chemin synodal » voulu par le cardinal Marx, archevêque de Munich, président de la Conférence des évêques d’Allemagne et conseiller très écouté du pape François.
Selon le cardinal Woelki, archevêque de Cologne, le « chemin synodal » allemand est bien plus pernicieux qu’on ne le croit : il « conduit à la création d’une Eglise nationale qui mettrait en danger l’Eglise universelle. » Et d’ajouter que « les catholiques d’Allemagne ne doivent pas se croire supérieurs au membres de l’Eglise universelle. »

* * * * Vendredi, 13 décembre 2019. Dans l’attente de la venue du Sauveur, le chant “Veni, veni Emmanuel” : cliquer ici.

* * * * Vendredi, 13 décembre 2019.
Après avoir servi de mantra dans les milieux socialo-communistes où le « droit » était un vain mot, le terme « révolution » fait son grand retour en sociologie, en politique et même... dans l’Eglise. N’entend-on pas certains clercs nous dire que Vatican II fut une « révolution » ?

« En réalité, une seule révolution aura métamorphosé du tout au tout le destin des hommes “jusqu’aux extrémités de la terre” : la venue de Jésus, sa prédication, sa Passion, sa mort, sa Résurrection. L’événement que nous commémorons le jour de Noël fut la mutation de l’Histoire la plus féconde. Elle a enfanté une ère inédite en abolissant le fatum décrété invincible par toutes les société antérieures, comme l’atteste la littérature de l’hellénisme et de la romanité. L’Enfant Jésus emmailloté dans une crèche sous le regard attendri d’une mère et d’un père, puis émerveillé de mages venus de pays lointains, c’est l’espérance d’un monde à venir où l’homme, selon la prophétie de Marx, “ne sera plus un loup pour l’homme”. Son message met au rebut les systèmes de valeurs qui sous des latitudes variables ont tous cautionné le règne de la force et de l’argent. Il ouvre des cœurs jusque là en pénitence dans les clôtures de la raison. Il prône l’esprit d’enfance, capable d’arraisonner, avec sa charge de pureté et d’innocence, l’iniquité brutale de César et de clouer le bec à la cohorte de moralistes à sa solde. Les Evangiles inaugurent l’avènement de la liberté la plus printanière, la plus ensoleillée, celle qui procède de l’amour.
« Pour avoir trahi ce message en oubliant que le Mal est “originel” et non social, la Révolution dont la France s’enorgueillit a engendré des Robespierre, des Lénine, des Mao, des Pol Pot. Pour l’avoir dédaigné, les “nouveaux mondes” proposés par des marchands d’illusion à grands renforts de communication sont de pâles contrefaçons de l’espérance inouïe qui, la nuit de la Nativité, allume des étoiles au plus intime de notre sensibilité. En somme, la seule révolution susceptible d’éclairer les lanternes du troupeau humain dans les ténèbres de ses expectatives a eu lieu il y a vingt et un siècles, quelque part en terre d’Israël. Et le “nouveau monde” a débuté avec la propagation des paroles de Jésus par le truchement de saint Paul et des Apôtres.
« Encore faut-il y croire, dira-t-on ! Ce n’est pas nécessaire. L’émotion ressentie par tout un chacun aux approches de Noël, en dépit d’un barnum commercial de plus en plus vulgaire, est une grâce. Elle incité à la trêve des agressivités militantes, elle ouvre chez le butor claquemuré dans ses certitudes les portes d’un sourire qui rajeunit son âme. Elle incite l’agnostique, voire l’athée, à accompagner ses loupiots à la messe de minuit - et quand ils chantent à l’unisson “Il est né le Divin Enfant”, une sorte de tendresse le surprend. Il n’est peut-être pas mûr pour la foi qui soulève les montagnes, mais il aurait envie d’y croire.
« (...) Il l’oubliera vite, et la vie reprendra son cours avec ses sempiternelles scories de l’ancien monde (...). Bref, la chute dans la folie du quantitatif.
« (...) Tout de même, la magie de Noël aura déposé en son for la promesse imprécise d’un bonheur sans commune mesure avec l’obtention d’un avantage, salaire augmenté, pension de retraite revalorisée. Ce qui ne signifie pas que ses revendications sont illégitimes ; mais que la félicité suggérée par “Les Anges dans nos campagnes” n’a cure du PIB, de points de croissance et de balance des paiements. Elle est à notre portée. Ne la laissons pas se perdre dans le temps profane où nous titubons comme des aveugles. (...) »

Source : Denis Tillinac, dans
Valeurs actuelles, 12 décembre 2019.

* * * * Jeudi, 12 décembre 2019. Selon le « Wall Street Journal » seuls 10% des revenus du “Denier de Saint Pierre” (collecte annuelle mondiale pour le Vatican) ont été utilisés pour des projets sociaux au cours des 5 dernières années, c’est-à-dire sous le pontificat du pape François. La plus grande partie de la collecte (environ 50 millions d’euros) est utilisée pour combler le déficit budgétaire du Vatican qui, en 2018, atteignait déjà 70 millions d’euros.
Toujours selon le « Wall Street Journal », les responsables du Vatican préfèrent passer ces informations sous silence « afin de ne pas nuire à la crédibilité du pape François. »
Toutefois, le Vatican est sous le feu de la critique depuis des semaines ; en réalité depuis qu’on a appris qu’en 2014, sous la responsabilité du cardinal Becciu, le Vatican avait acquis une propriété dans un quartier huppé de Londres et y avait investi 200 millions de dollars que la Secrétairerie d’Etat détenait dans des comptes suisses et auxquels « on » a ajouté de l’argent puisé dans la caisse du “Denier de Saint Pierre”.
Petite précision : l’investissement du Vatican dans des immeubles londoniens avait été fermement critiqué par le cardinal George Pell, alors responsable financier du Vatican. Le pape François n’a toutefois pas tenu compte de ce que lui disait le cardinal Pell et, finalement, le projet a été réalisé.
Enfin, le « Wall Street Journal » souligne que le Vatican est actuellement aux prises avec un déficit budgétaire croissant en raison de l’importante diminution des dons faits par les fidèles sous l’actuel pontificat. Et d’ajouter qu’une nouvelle diminution est à prévoir pour l’année 2019.

D'après Kathnet.

* * * * Jeudi, 12 décembre 2019. L’assistance à la messe dominicale est obligatoire et la manquer « par sa faute » est un péché grave.
N’est pas une « faute personnelle » - et donc un péché - le fait d’être malade, trop âgé ou impotent pour se rendre jusqu’à l’église, ou encore, par exemple, d’exercer une profession qui nécessite d’assurer une permanence dominicale : secouriste, urgentiste, pompier...
Mais depuis plusieurs années, il existe des raisons nouvelles de manquer la messe du dimanche qui ne dépendent pas de soi. Deux exemples :
1. Si, pour des raisons prétendument pastorale, la messe est traitée d’une façon tellement confuse qu’en vous forçant à y assister et à y écouter les chants niaiseux qu’on vous impose, vous avez une tension artérielle qui monte à 20 ou que, de retour à la maison, vous êtes obligé de prendre un double whisky - dominical lui aussi - pour vous remonter le moral. Bref, si l’assistance à la messe devient une torture qui a des répercussions sur votre santé.
2. Si le célébrant s’applique à ignorer la Tradition liturgique et met en œuvre le Missel romain en l’interprétant volontairement de façon erronée et arbitraire. Dans ce cas, il est du devoir du fidèle - du devoir ! - de refuser la messe qui est célébrée. Ce point est très clairement énoncé dans la Lettre apostolique “
Ecclesia Dei adflicta” du pape saint Jean-Paul II (cf. n°5a).
La question est de savoir comment refuser une telle messe qui, étant approximative sur le plan liturgique finit toujours par induire une doctrine fluctuante et imprécise chez les fidèles. Trouver le célébrant et lui parler ? L’expérience des 50 dernières années montre que c’est totalement inutile dans 99% des cas : un prêtre ne peut pas comprendre le fidèle qui conteste le mal qu’il se donne pour, selon lui, rendre la mettre « attrayante ». Ecrire à l’évêque ? Que ceux qui ont déjà écrit à leur Ordinaire et ont reçu de lui une réponse claire accompagnée de son désir d’ « extirper les abus liturgiques » dans ses paroisses lèvent la main. Personne ? Bon, passons.
Se lever ostensiblement quand la célébration devient inacceptable (ce qui advient souvent dès le début avec le chant et le « mot d’accueil ») et quitter les lieux en claquant la porte ? C’est prendre le risque d’être vu comme l’ « intolérant » de service et, en plus, ça ne décidera pas les membres de l’équipe liturgique locale à s’interroger sur ce que doit être la liturgie.
Conclusion : si assister à une messe devient une torture qui finit par nuire à votre santé et si votre évêque ne demande pas à ses prêtres de garantir aux fidèles des célébrations eucharistiques dont le déroulement soit conforme à ce qu’a décidé l’Eglise catholique, vous avez peut être des raisons de manquer la messe dominicale sans que ce soit une faute de votre part.
Ces raisons de manquer la messe dominicale constituent une réalité que les fidèles devraient pouvoir exposer à leurs pasteurs. Malheureusement, dans la situation actuelle, demander du pain c’est s’exposer à ne recevoir qu’une pierre (cf. Lc 11, 5-13). Nous en savons quelque chose à « Pro Liturgia »...

* * * * Jeudi, 12 décembre 2019. Les chorals de l’Avent de l’ « Orgelbüchlein » de J.S. Bach. Deux de ces pièces sont composées à partir des mélodies grégoriennes facilement reconnaissables. Cliquer ici.
1er choral : thème du “Veni Redemptor Gentium” (joué à la main droite)
2e choral : thème d’un chant luthérien (joué à la pédale)
3e choral : thème d'un chant luthérien (joué à la main droite)
4e choral : thème du “Conditor alme siderum” (joué à la main droite)

* * * * Jeudi, 12 décembre 2019. Merci au prêtre qui nous a envoyé le remarquable travail critique qu’il a réalisé à l’occasion de la parution des nouvelles traductions du Missel romain en français. C’est A CONSULTER ICI.

* * * * Mercredi, 11 décembre 2019. A découvrir dans le dernier numéro de « L’Homme Nouveau » : l’interview du président de Pro Liturgia à propos des nouvelles traductions du Missel romain français.

* * * * Mercredi, 11 décembre 2019. François, dépassé par l’Eglise de ses rêves dont il a perdu le contrôle, préparerait-il sa démission ?
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Beaucoup s’accordent à reconnaître qu’une ambiance de pré-conclave semble souffler sur le Vatican : après avoir mis à l’abri son secrétaire personnel, ainsi que l’ont fait ses prédécesseurs, le pape vient de rappeler à ses côtés son dauphin préféré : l’ultra progressiste et gauchiste cardinal Tagle, archevêque de Manille. Selon le vaticaniste Sandro Magister, parmi les six cardinaux « papabile » actuels, un seul aurait de réelles chances d’être élu pour succéder à François : Luis Antonio Tagle.
Le jeune « Chito » - ainsi qu’on le surnommait - aurait voulu être médecin. Un jour, un prêtre lui fit passer - à son insu - l’examen d’entrée au séminaire : il échoua. Aujourd’hui, le cardinal Tagle, surnommé « le pape François de l’Asie » à cause de son humilité savamment mise en scène et de son peu d’empressement à défendre la doctrine de l’Eglise, est surtout un spécialiste des concerts pop géants au cours desquels il chante en solo et se donne en spectacle.

N.B. Selon le cardinal Tagle, « avec le concile Vatican II, l’Eglise a rompu avec son passé pour engager un nouveau départ. »
Voici la preuve évidente que ce cardinal n’a ni lu ni correctement compris le Concile. Ou s’il l’a lu, c’est à la lumière d’une théologie plus luthérienne que catholique. On peut donc s’attendre à une implosion de l’Eglise si Tagle est choisi pour succéder à Bergoglio.

* * * * Mercredi, 11 décembre 2019. Environ un tiers des prêtres choisis par le pape Bergoglio pour être évêques opposent un refus de recevoir la mitre. C’est ce qu’a révélé, dans le magazine espagnol « Vida Nueva », le cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques.
Le nombre de refus a considérablement augmenté au cours de la dernière décennie, a tenu à préciser le cardinal : « Quand je suis arrivé au Vatican il y a près d’une décennie, un prêtre sur dix refusait d’être nommé évêque pour diverses raisons personnelles. A présent, c’est trois sur dix. » Et le cardinal Ouellet d’ajouter que de nombreux candidats justifient leur refus parce qu’ils ne se sentent pas aptes à l’épiscopat ou encore parce qu’ « ils ne veulent pas prendre le risque de nuire à l’Eglise. »

Source : Kathnet

* * * * Mercredi, 11 décembre 2019. La béatification de Mgr Fulton John Sheen a soudain été reportée sine die. Et ce report fait des vagues dans les diocèses de Peoria et de Rochester : Mgr James Kruse, Official du diocèse de Peoria qui pendant des années a œuvré pour la béatification de Mgr Sheen, accuse l’évêché de Rochester d’avoir travaillé pendant des mois pour faire annuler la béatification.
Selon les médias américains, le report de la béatification de Mgr Fulton Sheen est également l’œuvre des cardinaux Dolan et Cupich... qui ont encore une influence non négligeable au Vatican.

Source : Kathnet

* * * * Mardi, 10 décembre 2019. De plus en plus d’églises sont désertées.
Les messes s’y font rares : bricolées par un clergé peu formé, elles n’attirent plus grand monde, ne laissent guère de traces dans les consciences, ne transmettent plus rien.
Et puisque les églises sont vides, il faut s’employer, pense-t-on, à leur trouver une utilité autre que liturgique - ce pour quoi elles existent - en dehors des célébrations de mariages ou de funérailles devenues un « rituel de rencontres » qui n’a plus qu’un très vague rapport avec la foi catholique. Alors, nos églises sont utilisées pour des expositions temporaires, des spectacles et surtout pour des concerts.
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L’homme moderne qui entre dans une église à l’occasion d’une de ces expositions, d’un de ces spectacles ou d’un de ces concerts se pose rarement la question de la foi : qu’il soit dans une église ou dans la salle d’un music-hall ne fait pour lui aucune différence.
L’homme moderne se pose rarement la question de la foi... Que l’église dans laquelle il est entré soit le lieu de la présence de Dieu, qu’elle soit une maison de prière avant d’être une salle de concert ou un lieu de « célébrations conviviales » où l’on se rend pour témoigner de sa sympathie pour la famille d’un défunt - auquel on adresse désormais des applaudissements posthumes - ou pour faire plaisir à la maman de la mariée qui voulait une « belle cérémonie » n’a plus aucune espèce d’importance.
Et d’ailleurs, pourquoi ces questions auraient-elles de l’importance ? Pourquoi devrait-on être prioritairement attentif à la question de Dieu lorsqu’on est dans une église ou encore lorsqu’on entreprend la restauration d’un sanctuaire ? Au fond, qu’est-ce que ça change de savoir qu’une église est la maison de Dieu, le lieu de sa présence ?
Eh bien ça change tout. Car là où Dieu est relégué au second rang dans sa propre demeure, là n’apparaît plus la clarté de sa présence. Et quand la présence de Dieu n’est plus ressentie dans une église, alors se construit peu à peu un monde sans Dieu dans lequel l’homme finit par ne plus connaître les limites de son pouvoir.
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Des églises qui ne sont fréquentées qu’à l’occasion de mariages, de funérailles ou de concerts - comme c’est aujourd’hui le cas dans de très nombreuses paroisses - deviennent peu à peu des musées. Pire : elles sont les antichambres d’un monde où l’indifférence vis-à-vis du religieux conduire inévitablement dans une situation ressemblant à l’enfer décrit par Dante. Des mots comme Auschwitz, comme Treblinka ou comme l’Archipel du Goulag, des noms comme Hitler, Staline ou Pol Pot... nous rappellent ce qu’est un monde sans Dieu. Ces « enfers » ont tous été imaginés par ceux qui prétendaient préparer l’avènement d’un monde futur où les hommes pourraient se suffire à eux-mêmes, sans le moindre secours divin.
Aujourd’hui, c’est dans des églises désacralisées par des marchands du temple d’un genre nouveau, c’est dans des sanctuaires où l’Opus Dei n’est plus la priorité des priorités que s’élaborent sous des formes diverses les théories socio-politiques qui, sous prétexte de vouloir le bien des hommes, finissent par les rendre esclaves d’eux-mêmes. Nietzche a eu raison de souligner que le moment où l’annonce de la « mort de Dieu » sera partout connue, où sa lumière serait définitivement éteinte, ce moment-là ne pourra être qu’effroyable.
Aucune de nos églises n’a été bâtie pour qu’on y fasse tout et n’importe quoi ; chaque église a été faite pour que Dieu soit annoncé et qu’ainsi soit conjurer la progression de l’enfer sur terre. Nos églises - avec un petit e - n’ont été édifiées que pour que subsiste l’Eglise - avec un grand E - sans laquelle l’humanité serait entraînée dans un tourbillon conduisant à la destruction de ce qui fait l’homme.
Nous ne devons donc pas nous battre pour conserver nos églises, mais pour conserver ce que nos églises, nos chapelles, nos cathédrales sont chargées de signifier : la présence de Dieu et l’acceptation de sa volonté.
Des églises paroissiales qui ne seraient plus que des monuments historiques ou des lieux de rencontres sympathiques finiraient par n’être plus que des caricatures de l’Eglise.
Bien entendu, toutes les personnes qui pénètrent dans une église sans se poser la question de la présence de Dieu - soit parce qu’elles y sont indifférentes soit parce qu’on ne les invite pas à s’interroger - ne sont pas foncièrement mauvaises. Elles aussi sont pour un monde meilleur. Elles aussi souhaitent œuvrer pour qu’advienne la paix sur terre, pour qu’arrive la justice, pour que disparaissent les inégalités entre les classes et les races, pour que notre planète soit protégée des destructions modernes. A première vue, on peut donc penser qu’en entrant dans une église, la question de Dieu est superflue ou simplement optionnelle.
Pourtant, de qui savons-nous ce qui sert la paix ? De qui apprenons-nous la justice qui sait faire une claire distinction entre bien et le mal ? Qui nous apprend à reconnaître le moment où la technique correspond aux exigences de la création et celui où elle assure sa destruction ? Celui qui s’en tient à ces valeurs sans se référer à Dieu ne peut ignorer très longtemps qu’elles peuvent très vite devenir le théâtre d’idéologies : elles ne peuvent remplacer Dieu sans la lumière duquel elles demeureront toujours mal définies et très souvent mal employées. On en revient donc toujours à la même point : des églises où Dieu n’apparaît plus comme le seul maître des lieux finissent par ne servir plus qu’un monde progressivement livré à un athéisme morbide parce que n’y domine plus que le profit, l’esprit de jouissance, le pouvoir et, inévitablement, pour finir, le marchandage de l’homme par l’homme.
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Une des missions principales que doit aujourd’hui remplir l’Eglise - avec un grand E - est de redonner aux églises - avec un petit e - leur caractère de « maison de Dieu », de « lieu de prière ».
Un résultat dans cette direction ne peut être obtenu que si les évêques veillent à ce que des églises paroissiales ne soient pas utilisées par n’importe qui pour n’importe quoi, mais qu’elles demeurent des lieux de la manifestation du sacré. Autrement dit, que ce qui est ouvertement profane (expositions, spectacles et concerts nécessitant le déplacement du mobilier dévolu au culte, applaudissements, « messes clafoutis »...) soit exclu des sanctuaires en faisant preuve de sagesse et de sens pédagogique à l’adresse des incroyants ou des mal-croyants.

* * * * Lundi, 9 décembre 2019. Concert de l'Avent dans l'église Notre-Dame de l'Assomption de Rouffach (dioc. de Strasbourg). Exit l’autel... Une église pleine :

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Messe interparoissiale (5 clochers) du Christ-Roi dans la même église :

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Tout naturellement, aucun des jeunes que l’on a fait participer à une célébration granguignolesque à l’occasion des professions de foi n’est présent. C'est le “flop” complet de la pastorale liturgique.
Ces deux vues ont au moins un avantage : elles montrent à quoi peuvent servir les églises dans les paroisses qu'on s’applique à déchristianiser.


* * * * Lundi, 9 décembre 2019.
Il semblerait qu’en France tout au moins, les choses soient en train de changer. Tout doucement.
Depuis plusieurs semaines, en effet, notre association reçoit des courriers de jeunes prêtres, souvent récemment nommés curés, qui demandent des renseignements concernant la liturgie : comment rétablir la célébration « versus orientem » ? Comment remettre le chant grégorien à la première place au cours des célébrations ? Comment corriger les erreurs d’un passé plus ou moins récent en faisant preuve de patience et de diplomatie ?
Il s’agit, en effet, de ne pas braquer les fidèles qui s’imaginent tous - si l’on en croit ces messages reçus - que ces jeunes prêtres qui s’appliquent à célébrer la messe selon les normes issues de Vatican II, veulent « revenir en arrière ». Les plus grandes difficultés viennent des « laïcs engagés » en liturgie (souvent septuagénaires) qui, soudain, ont l’impression qu’on veut leur retirer des privilèges qu’ils se sont octroyés comme, par exemple, faire des commentaires au micro avant, pendant et après la messe, choisir le répertoire des chants, distribuer la communion.
Ces jeunes prêtres qui nous écrivent et témoignent très souvent du peu de formation liturgique qu’ils ont eue durant leurs études au séminaire, doivent, en effet, faire preuve de prudence, de patience et de pédagogie. Ils doivent aussi trouver les moyens de mener à bien leur pastorale : trouver un organiste qui sache accompagner une assistance ou une schola sans s’imposer et faire autre chose que de la musique de remplissage, trouver quelques personnes capables de constituer une petite schola, reconstituer une équipe de servants d’autel...

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Une solution que nous leur proposons est de montrer aux fidèles les plus « récalcitrants » les textes conciliaires et le missel romain et de leur dire qu’en tant que prêtres, ils sont tenus de suivre la liturgie de l’Eglise et non des idées qui, un temps à la mode, ont conduit à la désertification des messes paroissiales.
Il est désormais tout à fait clair que la pastorale progressiste menée tambour battant dans la plupart des diocèses et des paroisses depuis plus de cinquante ans s’avère être un cuisant échec. Non seulement elle n’a pas réussi à enrayer la chute de la pratique et des vocations - contrairement aux promesses des idéologues des années 1970 qui annonçaient que les messes soi-disant “conviviales”, en réalité informes et désacralisées, allaient à nouveau remplir les églises - mais encore cette pastorale a conduit à un affaiblissement sans précédent de la foi et de la piété (cf. P. Louis Bouyer). C’est ainsi que la pratique religieuse s'est effondrée de plus de 90% dans la plupart des régions en quelques décennies à peine, tandis que certaines études révèlent qu’au moins deux tiers des pratiquants - et parmi eux ceux qui communient - ne croient plus en la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie.
Il faudrait donc être littéralement fou à lier pour continuer tête baissée dans les voies qui nous ont mené à un pareil désastre, surtout quand on sait que ce sont justement les paroisses et les communautés sacerdotales ou religieuses qui sont restés fidèles à une pratique véritablement respectueuse de la liturgie qui parviennent aujourd’hui encore et malgré un contexte plus que délétère à attirer les jeunes et à susciter des vocations. Malheureusement, il semble qu’une certaine génération de clercs et de fidèles reste imperméable à cette réflexion et à ce constat qui ne repose pourtant que sur le bon sens le plus élémentaire. A ces personnes, il convient donc de rappeler :
1 - que le concile Vatican II, contrairement à ce que l'on a répété dans les structures diocésaines pendant des décennies, demande explicitement de mettre le chant grégorien à la première place dans la liturgie et de maintenir l’usage de la langue latine dans les célébrations ;
-que jamais le Concile n’a demandé l’horizontalisation, l’appauvrissement et la désacralisation qui se sont opérés un peu partout dans le culte depuis les années 1960 ; le Concile a même explicitement demandé l’inverse, restant ainsi fidèle à l’adage traditionnel : « lex orandi, lex credendi », la loi de la prière détermine notre foi. Il convient donc une fois de plus de relire la constitution “Sacrosanctum Concilium” telle qu’elle est et non telle qu’un certain clergé l’a présenté durant les dernières décennies, au nom d'un soi-disant “esprit du Concile” qui n'a jamais existé ailleurs que dans l’imagination de certains ;
2 - que ni le Concile, ni les normes qui l'ont suivi n’ont demandé l’abandon du port de la soutane pour les clercs : celle-ci reste donc aujourd'hui l’habit ordinaire et officiel du prêtre. Il faut également rappeler que le port d’un habit distinctif et visible par les prêtres n’a jamais été aussi nécessaire qu’aujourd’hui, à une époque où l’Eglise a à peu près complètement disparu du paysage social et alors que la société actuelle accorde une grande importance à l’apparence vestimentaire. Un prêtre qui porte la soutane aujourd’hui - de nombreux témoignages le rapportent - est régulièrement accosté et interpellé dans la rue par des personnes parfois éloignées de la foi, des personnes vivant souvent dans ces “périphéries existentielles” si chères au pape François et qui voient dans la rencontre avec un prêtre clairement identifiable par son habit une occasion de renouer avec l’Eglise et ainsi se rapprocher du Christ. Un prêtre en civil, au contraire, ne peut être reconnu dans la rue que par les fidèles proches qui le connaissent déjà, ce qui favorise un “entre-soi laïco-clérical” tout à fait sclérosant. Il est donc très clair aujourd’hui que la soutane est le signe d’une Eglise ouverte, présente au monde, proche des gens et accessible, tandis que le clerc habillé en civil (en costume de cadre légèrement supérieur, écrivait à ce sujet l’académicien André Frossard) représente davantage une Eglise d’une autre époque, aujourd'hui dépassée car refermée sur elle même et sur ses petits milieux paroissiens ou diocésains.
Il est plus qu’étonnant que les personnes d’une certaine génération qui ont répété pendant des années la nécessité pour l’Eglise d'être « attentive aux signes des temps » ne se rendent pas compte de ces réalités liturgiques et vestimentaires qui sont pourtant aujourd’hui d’une évidence criante pour quiconque vit au contact des diverses composantes de la société actuelle... et surtout pour les plus jeunes.
Oui, les choses semblent sur la voie d’un certain changement. Mais il faudra encore beaucoup de temps ainsi que le soutien des évêques - qui fait encore cruellement défaut à l’heure actuelle - pour commencer à voir des résultats concrets et durables : on ne corrige pas en deux messes cinquante années d’erreurs et de dérives.

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