L'ACTUALITE

* * * * NOUVEAU. A l’issue de la période de confinement qui a été difficilement supportée par de nombreuses personnes, il semble nécessaire de prendre du repos, de se changer les idées autant que possible. C’est pourquoi le site de “Pro Liturgia” prendra des vacances jusqu’après le 15 août. A nos membres et amis, nous souhaitons de profiter au maximum de cet été pour se refaire une santé autant spirituelle que physique.

Perros soir calme

* * * * Mercredi, 1er juillet 2020. Nous avons appris le décès, ce mercredi matin, de Mgr Georg Ratzinger, frère du pape émérite Benoît XVI. Nous prions pour le repos de l’âme du défunt et assurons Joseph Ratzinger de notre soutien au moment où il lui faut surmonter la douleur de cette séparation. En union de prière... cliquer ici.

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Jeudi, 25 juin 2020. Le Cardinal Walter Brandmüller, théologien reconnu, répond à Mgr Vigano qui avait plus ou moins laissé entendre que le concile Vatican II serait à l’origine de la pagaille qui règne actuellement dans l’Église.
Et il nous vient l’envie de tirer respectueusement notre chapeau au Cardinal Bandmüller ; car ce qu’il nous explique n’est pas différent de ce que « Pro Liturgia » n’a cessé de répéter depuis sa création et aussi de ce qui figure dans la vingtaine d’ouvrages publiés par le fondateur de cette association. A savoir que le dernier Concile est incontestablement “catholique” et se situe dans la grande Tradition de tous les conciles antérieurs dont l’interprétation doit aussi prendre en compte les enseignements du Magistère post-conciliaire.
On retrouvera l’intervention du Cardinal sur le site «
Benoît-et-moi » ; il s’agit d’une traduction de ce qu’a publié Marco Tosatti dans « Stillum Curiae ».

* * * * Jeudi, 25 juin 2020. Un article publié sur le site « Riposte catholique » dit que les changements permanents de curés créent chez les paroissiens des traumatismes et un sentiment d’insécurité.
Mais ce qu’on oublie de dire, c’est que ce sentiment d’insécurité est encore aggravé par le fait qu’il n’y a aujourd’hui pas deux prêtres dans un même diocèse qui célèbrent la liturgie de la même manière, ce qui rend la célébration de la foi - et la foi elle-même - totalement instable : un curé va essayer de redresser les choses dans un certain sens, puis le suivant va tout démolir et faire l’inverse... Il n’y a donc plus aucune unité ni dans le temps, ni dans l’espace. Or les paroissiens ont besoin d’une liturgie stable et conforme à ce que l’Église a établi pour pouvoir progresser dans leur vie spirituelle.
Remarquons aussi que les rares endroits où existe une stabilité, celle-ci se situe dans la médiocrité : cette stabilité-là est assurée par les soviets de “laïcs en responsabilités” indéboulonnables qui s’assurent que la liturgie conserve son indigence et sa fadeur.

* * * * Jeudi, 25 juin 2020. Mme Anne Soupa aimerait devenir « évêquesse » de Lyon et ainsi succéder au cardinal Barbarin. Ce poste, si elle l’obtenait - ce qu’à Dieu ne plaise - ferait d’elle une « primate des Gaules ».
Il faut faire remarquer que Mme Soupa a des lumières si faibles en théologie qu’elle ne sait toujours pas que l’Église à laquelle elle rêve existe déjà : c’est celle qu’a fondé, il y a quelques siècles, un certain Martin Luther qui, lui, a au moins eu l’intelligence et l’honnêteté de reconnaître que son enseignement n’entendait plus se situer dans le sillage de la foi catholique.

* * * * Mercredi, 24 juin 2020. Le célèbre hymne des vêpres de la fête de saint Jean-Baptiste : Ut queant laxis...

* * * * Mercredi, 24 juin 2020.
A l’occasion du voyage qu’a fait le pape émérite Benoît XVI dans sa Bavière natale pour se rendre au chevet de son frère Georg, gravement malade, Mgr Vorderholzer, archevêque de Ratisbonne, a fait le discours suivant dont on admirera la profondeur en même temps que la délicatesse :

« Mesdames, Messieurs,
Le dernier jour de la courte visite du pape émérite Benoît XVI a commencé avec une surprise qui, en définitive, n’en était pas une. Benoît avait décidé de passer encore dans la Luzengasse, avant son départ en avion, pour y rencontrer une toute dernière fois son frère. Ainsi, la boucle s’est bouclée. La première rencontre comme la dernière ont eu lieu au chevet de son frère malade et affaibli par l’âge.
A l’aéroport, nous attendaient le Ministre-Président Markus Söder ainsi que le Ministre d’État Florian Hermann déjà présent pour saluer Benoît à son arrivée. Beaucoup de médias étaient là également.
Le Ministre-Président a parlé d’un grand honneur pour la Bavière et d’une grande joie [de recevoir à nouveau le pape Ratzinger].
Benoît XVI a très exprimé sa profonde gratitude pour l’accueil qui lui a été réservé et pour la marque d’estime que constituait la présence du Ministre-Président.
Pour terminer, je lui ai encore une fois souhaité la bénédiction de Dieu pour son voyage et lui ai promis que nous veillerions bien sur son frère.
Avec cet adieu s’achevait une visite chargée d’émotion, imprévue mais organisée très vite, au pied levé - un défi pour tous ceux qui y ont pris part -, et qui s’est en fin de compte magnifiquement déroulée.
Je peux vous dire que je suis soulagé et heureux que cette rencontre qui tenait au cœur des deux frères ait été pour tous les deux réconfortante et, visiblement aussi, revigorante.
Benoît XVI, pape émérite depuis 2013, a passé cinq jours à Ratisbonne : un homme rend visite à son frère, très malade et très âgé, parce qu’il s’inquiète de ne plus le revoir sur cette terre. Il a retrouvé sa patrie, visité la tombe de ses parents, sa maison à laquelle l’attachent les sentiments de toute une vie et où il aurait aimé vivre ses dernières années. Il a visité aussi l’Institut “Papst Benedikt” où l’on étudie, dans toutes ses dimensions, son œuvre théologique et où se prépare l’édition de ses œuvres complètes. Nous avons prié devant le reliquaire de saint Wolfgang dans la cathédrale. Les choses se sont arrangées de telle façon que cette visite imprévue a coïncidé avec le début de la « semaine de Wolfgang », la semaine de fête diocésaine qui prépare aux ordinations.
Il devait s’agir d’une visite totalement privée, sans protocole officiel ou diplomatique. Ce qui, naturellement, s’est révélé quasi impossible pour un personnage public. Ainsi y a-t-il tout de même eu une rencontre avec le nonce apostolique qui représente le pape François en Allemagne. Cette visite qui, pourrait-on dire, procédait d’une motivation tout “intime” plutôt que de considérations “externes”, a été un signe de la bienveillance et du soutien du pape François.
Dans mon homélie de dimanche dernier, j’ai appelé Benoît le “théologien du siècle” et j’ai souligné qu’il était le plus grand prédicateur sur le siège de Pierre depuis Léon et Grégoire qui portent tous les deux le titre de “grand”. Très nombreux sont ceux qui se sont laissé saisir par sa parole et ne cessent de trouver dans ses œuvres encouragement et force.
Sous la plume de Joseph Ratzinger/Benoît XVI sont nés des best-sellers vendus à des millions d’exemplaires. Je citerai seulement son “Introduction au christianisme” parue en 1968, et sa trilogie “Jésus de Nazareth”. Il a touché des millions de jeunes (plusieurs centaines de milliers rien qu’aux JMJ de Cologne, par exemple.) Il s’est adressé avec justesse à ceux qui doutent, aux hommes qui sont à la recherche d’une existence riche de sens, à la recherche d’une existence qui affronte à la fois les défis de la raison et de la foi. Il a marqué de son influence, d’une manière décisive, les textes centraux du concile Vatican II qui indiquent le chemin que doit suivre l’Église d’aujourd’hui et de demain.
Son œuvre théologique est, à bien des égards, prophétique et, par sa profondeur qui en fait une référence incontournable, un témoignage de grandeur et de dignité humaines en même temps que de vigueur de la foi.
Il a été le berger de 1,3 milliards de catholiques, de tous peuples et nations. Mais toujours un bâtisseur de ponts, un “pontifex” qui, à sa manière, humble et discrète, a su gagner les hommes pour leur faire rechercher la rencontre avec le Christ.
Au cours des cinq jours derniers, nous avons vu cet homme dans sa fragilité, dans la faiblesse de son grand âge, et dans ses limites. Il parle d’une voix faible, presque en chuchotant. Et l’articulation lui coûte visiblement beaucoup d’efforts. Mais sa pensée demeure très claire ; quant à sa mémoire et à sa faculté de raisonnement, elles demeurent extraordinaires. Pour pratiquement toutes les nécessités de la vie quotidienne, il doit s’en remettre à l’aide d’autrui. Cela demande beaucoup de courage, mais aussi beaucoup d’humilité de se remettre ainsi aux mains d’autres hommes. Et aussi de se montrer en public. Il savait qu’on ne pourrait pas totalement le cacher totalement. Voilà pourquoi nous avons voulu vous demander à tous de respecter ce qui relevait de sa vie privée.
Il a dû mobiliser toute la force qui lui reste pour prendre congé.
Benoit XVI nous a touchés tous par sa faiblesse due à l’âge et nous avons pu mesurer et comprendre concrètement ce qui, par-delà la grandeur humaine et la puissance de création, demeure vraiment important à la fin d’une vie. Il y a d’abord l’amour, dont l’être humain fait l’expérience avec ses parents. Cet amour le construit, l’encourage sur son chemin, fait grandir la force de donner une direction à sa vie. Cet amour le porte encore, lorsque la fin est proche. Hier, j’ai dit, dans l’homélie pour la fête des anniversaires de mariage, et en pensant déjà aux ordinations qui auront lieu samedi prochain, que l’amour des parents est le premier sacrement dans la vie d’un homme. C’est vrai aussi s’il s’agit d’un prêtre, et même d’un pape. Cet amour est une image de l’amour de Dieu de qui on le reçoit pour le transmettre aux enfants. C’est le souvenir plein de gratitude de cette expérience fondatrice qui a conduit Benoît XVI à la tombe de sa mère et de son père à Ziegetzdorf. Rappelons que les enfants Ratzinger avaient décidé, en 1974, de transférer leurs parents du cimetière de Traunstein, où ils avaient d’abord été inhumés - le père était mort en 1959 et la mère en 1963 - à Ziegetzdorf, pour que la famille soit “réunie”. En 1991, la sœur aînée fut mise elle aussi dans cette même tombe. A sa grande douleur, celui qui était alors le cardinal Ratzinger n’avait pu arriver à temps pour être présent lors de sa mort. Tout cela montre à quel point Ratisbonne représente pour lui une patrie terrestre. C’est en premier lieu ce qui relève des relations qui constitue une “patrie”. Voilà pourquoi l’amour pour la patrie n’est pas en contradiction avec l’espérance de retrouver son père et sa mère dans l’éternité de Dieu.
C’est aussi cette affection qui a poussé Benoît XVI à faire ce voyage et qui l’a conduit au chevet de son frère malade. On ne peut que souhaiter à toutes les personnes de faire l’expérience de cette affection, de ce lien fraternel dont témoigne la relation entre les frères Ratzinger. Une telle affection vit de fidélité, de confiance, d’oubli de soi et procède d’un solide fondement : dans le cas des frères Ratzinger, c’est la foi vivante au Christ, fils de Dieu.
Les deux frères se sont rencontrés à neuf reprises. Chacune de ces rencontres a été visiblement source de force, de courage renouvelé et de joie. Neuf fois, ils se sont retrouvés, avec peu de mots, avec les gestes familiers, et surtout dans la prière. Jusqu’à aujourd’hui, chaque jour, l’Eucharistie a été célébrée au chevet du malade en présence de très peu de personnes. Vendredi, en la fête du Sacré-Cœur, j’ai pu célébrer la messe. On sent que c’est là la source dont ils vivent tous les deux.
Le voyage de Benoît a aussi été un adieu à sa patrie bavaroise. La patrie est l’horizon des premiers souvenirs et le lieu où se nouent les relations fondatrices pour la vie d’un homme. On a pu voir à quel point Benoît s’est épanoui quand il a revu le paysage, les rues et les chemins familiers et surtout les gens qu’il apercevait au-delà des vitres de sa voiture. Je crois qu’il aurait préféré venir à vélo, comme jadis, de Pentling à la vieille ville de Ratisbonne et qu’il aurait aimé s’asseoir auprès des jeunes, sur la place Bismarck, pour les écouter, pour rire avec eux et bavarder un peu.
Le voyage de Benoît aura été aussi un chemin spirituel. Il m’a semblé qu’une boucle se bouclait lorsque, dimanche, nous avons prié ensemble devant le reliquaire de saint Wolfgang qui se trouve dans la cathédrale. Nous avons prié une litanie d’intercession à saint Wolfgang, puis le “Pater noster” et un “Ave Maria”. Nous chanté le “Te Deum“ ainsi que le “Salve Regina”. J’ai ensuite demandé à Benoît de bénir les croyants et l’Église de Ratisbonne, ce qu’il a fait volontiers. Notre prière commune était portée par l’espérance et la certitude d’être cachés en Dieu, dans le Dieu unique qui nous ouvre les portes du Ciel, qui nous prépare une place dans la Patrie éternelle, en qui notre vie acquiert son sens et sa plénitude et qui nous traite avec grâce et miséricorde.
Beaucoup ont vu dans la visite de Benoît XVI un événement historique. D’autres, peut-être, ont haussé les épaules parce qu’ils n’ont que peu d’intérêt pour le Christ et son Église. A mes yeux, la visite fut surtout un voyage [symbolique] de l’humanité : un homme, à qui la grandeur n’est pas étrangère, est venu vers nous comme un homme faible, désarmé pourrait-on dire, dont la force de vie qui lui reste suffit tout juste à ne pas perdre de vue ce qui est essentiel en ce monde. Cet événement m’a profondément ému au point d’avoir moi-même besoin de prendre d’abord un peu de distance. Cela m’a touché directement et à l’improviste. Ma première réaction à l’annonce du voyage que m’a faite Mgr Gänswein a été de vouloir tout mettre en œuvre pour réaliser ce souhait du pape émérite. Et cela fut, pour moi ainsi que pour l’ensemble de mes collaborateurs, un honneur que de nous mettre au service du pape émérite. Je remercie tous les collaborateurs du Conseil épiscopal, du Chapitre de la cathédrale et du séminaire qui, sous la direction de Mgr Martin Priller, ont en très peu de temps, organisé l’hébergement de Benoît lui-même mais aussi des gens qui devaient l’accompagner et des policiers responsables de sa sécurité directe. Je remercie le directeur de Caritas - le diacre Weissman - qui n’est pas seulement théologien mais aussi excellent infirmier, pour le remarquable travail qu’il a réalisé dans l’ombre.
J’ai admiré le grand et important travail accompli par les membres de l’Ordre de Malte qui ont assuré le transport, et aussi le travail amical, souple et très professionnel, de la police. Qu’ils veuillent trouver ici l’expression de ma gratitude à laquelle s’ajoute celle du pape Benoît XVI et de Mgr Gänswein. Et enfin,
last but not least, je voudrais aussi exprimer ma gratitude aux journalistes. Ils ont rapporté l’événement avec discrétion et réserve, contribuant ainsi à ce que ce voyage essentiellement privé puisse rester privé et soit cependant aussi un événement qui a touché les habitants de Ratisbonne, toute la région et, comme je l’entends dire de divers côtés, les chrétiens du monde entier. »

Source :
Kathnet

* * * * Mercredi, 24 juin 2020. Le journal viennois “Die Presse” a analysé la venue du pape émérite à Ratisbonne et, dans le même temps, a critiqué le cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich : « L’ “ouverture” au monde à laquelle tient tant Mgr Marx ne retient pas les fidèles dans les églises mais les en chasse. »
« Joseph Ratzinger est resté fidèle à lui-même. On ne peut pas en dire autant pour l’Église » écrit Karl-Peter Schwarz dans une chronique relatant la brève visite de Benoît XVI. Au passage, Schwarz rappelle le titre « Nous sommes l’Église » (nom d’un mouvement ultra-progressiste allemand qui sape le catholicisme - ndlr -) que le magazine « Bild » avait autrefois choisi pour souligner que, selon certains fidèles catholiques, le pape Benoît XVI était tout sauf populaire.
Dans son billet, Karl-Peter Schwarz note au passage que le catholicisme allemand subit un mouvement qui ressemble à une seconde Réforme luthérienne et ajoute que lorsque Joseph Ratzinger était archevêque de Munich, le diocèse était catholique à 60% tandis qu’actuellement, avec le cardinal Marx, le nombre tombe à 30%. « Qui a besoin des lumières d’une Église catholique éviscérée et qui ne propose qu’une vision humaniste du monde ? » demande le journaliste qui rappelle que, selon Benoît XVI lui-même, Vatican II entendait préserver et enseigner le « saint dépôt de la doctrine chrétienne » au monde d’aujourd’hui mais que ce programme a été laissé de côté par de nombreux hommes d’Église, dont le pape François lui-même.


* * * * Mercredi, 24 juin 2020.
Mgr Ackermann, archevêque de Trèves (D) est contraint par le Vatican d’abandonner son idée de créer des « paroisses XXL » regroupant plusieurs dizaines de clochers.
Mgr Ackermann s’est dit très déçu de l’attitude de Rome qui a rayé d’un coup de plume un projet de réorganisation diocésaine qui avait longuement mûri dans les comités Théodule diocésains et lui a demandé de réfléchir davantage sur le rôle essentiel du prêtre.

* * * * Mardi, 23 juin 2020. Selon les chiffres communiqués par la Conférence des évêques de France, 82 diacres seront ordonnés prêtres diocésains cette année.
Diocèse de Saint-Dié : 2
Diocèse de Saint-Claude : 1
Diocèse de Bordeaux : 2
Diocèse de Bayonne : 4
Diocèse de Clermont : 1
Diocèse d’Autun : 2
Diocèse de Dijon : 2
Diocèse d’Arras : 1
Diocèse de Cambrai : 1
Diocèse de Lille : 2
Diocèse de Lyon : 3
Diocèse d’Avignon : 5
Diocèse de Digne : 1
Diocèse de Fréjus : 8
Diocèse de Nice : 3
Diocèse de Créteil : 1
Diocèse de Paris : 6
Diocèse de Versailles : 5
Diocèse de Saint-Denis : 1
Diocèse de Pontoise : 2
Diocèse de La Rochelle et Saintes : 4
Diocèse de Limoges : 1
Diocèse de Beauvais : 1
Diocèse de Langres : 1
Diocèse d’Angers : 2
Diocèse de Luçon : 1
Diocèse de Rennes : 2
Diocèse de Saint-Brieuc : 1
Société des Prêtres de Saint-Jacques (Diocèse de Saint-Brieuc) : 5
Diocèse de Vannes : 1
Diocèse de Séez : 2
Diocèse de Rouen : 1
Diocèse de Toulouse : 1
Diocèse de Blois : 1
Diocèse de Metz : 2
On devine que le printemps de l’Église-qui-est-en-France se fait toujours attendre...


* * * * Mardi, 23 juin 2020. L’interprétation de l’épisème et du point-mora dans les pièces grégoriennes : CLIQUER

* * * * Lundi, 22 juin 2020. Dès le début de la messe, au moment où toute l’assemblée - prêtre et fidèles ensemble - dit le « Confiteor », il est question des anges. Ces créatures célestes sont à nouveau évoquées à la fin des préfaces et là, nous avons l’honneur d’être invités à chanter avec eux la gloire de Dieu. C’est dire combien nous devrions veiller à ne pas faire couvrir de nos chants si souvent médiocres la voix des chœurs célestes ! Dans la Prière eucharistique I (Canon romain), le célébrant demande à l’ange du Seigneur de présenter nos offrandes devant le trône de Dieu...

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Les anges sont donc omniprésents dans la liturgie ; on peut dire qu’ils concélèbrent avec nous, avec toute l’Église. Entre eux et nous, il y a cependant une différence de taille : eux célèbrent une liturgie éternelle et parfaite devant la face de Dieu ; nous, nous devons nous contenter de liturgies épisodiques... et, ces dernières années, tendant rarement à la perfection dont nous sommes capables.
Nous avons parfois l’impression que dans l’affirmation de notre foi, les anges ne sont pas mentionnés. C’est inexact. En chantant ou en disant le « Credo », nous affirmons : « Credo in unum Deum (...) factorem cæli et terræ, visibilium omnium et invisibilium. » Le monde « invisible » dont il est ici question n’est pas constitué des êtres infiniment petits que nous ne voyons pas ou des corps célestes qui nous sont (encore) inconnus : il s’agit du monde spirituel, du monde des créatures célestes, du monde des anges. Le début du « Credo » est très important : il confirme d’une part la réalité du monde spirituel, et d’autre part son caractère créé. C’est un texte qui nous préserve d’une part du doute sur l’existence du monde spirituel, d’autre part de l’idolâtrie possible de ce monde.
Il existait en effet, à l’époque du Concile de Nicée, des tendances - certaines existent encore de nos jours - à croire que le monde spirituel, angélique, était incréé, c’est-à-dire coéternel à Dieu, ayant toujours existé comme Dieu lui-même. Or l’Église affirme que le monde angélique existe bien, mais qu’il fait partie des réalités créées, tout comme le monde visible dont nous faisons partie.
La fin de la liturgie ne fait plus guère allusion aux anges. Il y a une raison très simple à cela : leur rôle d’intercesseurs a été rempli puisque, par la communion eucharistique (même la communion de désir), nous sommes déjà dans le Royaume commun où les limites entre les mondes visibles et invisibles sont effacées.
Tous les textes évoqués ici font partie de la liturgie eucharistique. Cependant, l’habitude de les dire d’une façon souvent mécanique, quelle que soit la langue employée, fait que nous oublions que, parallèlement à notre liturgie terrestre se célèbre une liturgie céleste dont les anges sont les principaux « acteurs ». Ce point a été parfaitement souligné par le concile Vatican II : « Dans la liturgie terrestre, nous participons par un avant-goût à cette liturgie céleste qui se célèbre dans la sainte cité de Jérusalem à laquelle nous tendons comme des voyageurs, où le Christ siège à la droite de Dieu, comme ministre du sanctuaire et du vrai tabernacle ; avec toute l’armée de la milice céleste, nous chantons au Seigneur l’hymne de gloire (...) » (Sacrosanctum Concilium, n. 8).
Notre liturgie humaine doit donc apparaître comme un pont reliant les rives de deux mondes : le visible et l’invisible. Son image est d’ailleurs déjà donnée dans l’Ancien Testament par l’échelle de Jacob où les anges montent et descendent comme pour collaborer à une action mystérieuse.
Le prêtre qui accède à l’autel pour célébrer l’Eucharistie, le fidèle qui se rend à la messe, l’ « équipe liturgique » qui aide le célébrant à préparer le sanctuaire - sans pour autant lui imposer quoi que ce soit puisque son ministère l’oblige à se conformer à la tradition liturgique reçue de l’Église - devraient toujours avoir présent à l’esprit le rôle que jouent les anges dans le déroulement de la célébration des Mystères. Tout ce que nous faisons, disons, chantons à la messe devrait être « calé » sur l’idée selon laquelle nos liturgies d’ici-bas doivent impérativement nous donner l’envie de participer à la « liturgie ineffable » que les créatures célestes célèbrent de toute éternité dans la Jérusalem céleste. (
Cliquer ici)

* * * * Lundi, 22 juin 2020. Les jeunes fuient les messes « sympa » imaginées pour les attirer. Seules les liturgies dignes les poussent à se poser la question : « Pourquoi ne deviendrais-je pas prêtre pour être au service de l’Église ? »
Mais là surgit une autre interrogation : « Être prêtre et être nommé dans une paroisse où je devrais me plier aux caprices de laïcs constitués en “équipes” qui imposent leurs fantaisies liturgico-pastorales sans queue ni tête et qui vont contre mes convictions profondes ? C’est risquer de tomber dans la schizophrénie et finir dans un hôpital spécialisé. On ne devient pas prêtre pour ça ! »
Ainsi perd-on des vocations.
Dans le diocèse de Strasbourg, le plus grand de France, il n’y aura qu’une seule ordination sacerdotale cette année... On peut se consoler en se disant que c’est toujours mieux que dans les autres diocèses qui n’auront aucun nouveau prêtre.

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